HOMÉLIE : Dimanche de la Création 2026

23° ordinaire A. Theux 2026
Dimanche de la Création

Nous voilà en septembre. Comme chaque année depuis 2019, l’Église nous propose de célébrer la création au début de la nouvelle année liturgique. Cette Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création se prolonge tout le mois jusqu’à la saint François d’Assise, le 4 octobre, dont nous fêtons cette année le 800e anniversaire de la mort.

Avec la tragique expérience vécue ce printemps et cet été : série de canicules, incendie des Fagnes toutes proches, nous avons compris que notre « vocation de gardiens de la Création de Dieu » est en échec. Nous n’avons pas réussi à sauvegarder notre maison commune. Nous entendons clairement cette année « notre terre opprimée et dévastée qui gémit ». Nous en mesurons les conséquences : le monde brûle comme la fagne toute proche, des gens perdent leur maison, d’autres souffrent de la chaleur, des fumées toxiques du feu.

Mais que faire ? Changer nos comportements et notre idéal de vie.

Tous, nous aimons contempler un paysage, admirer montagnes, océans, forêts ou campagnes. La nature n’est pas un simple cadre, une sorte de décor de notre vie ; elle est en nous ; nous sommes immergés en elle.
Source d’émerveillement et de louange pour la beauté qui nous entoure, elle est aussi facteur de guérison et d’apaisement pour beaucoup qui vont puiser en elle régénération et énergie.

Mais qu’en avons-nous fait ?

« Notre sœur la terre crie en raison des dégâts que nous lui causons » écrivait François (Laudato si’, 2).

Écouter le cri de la création, c’est bien sûr prendre en compte les mutations climatiques : les canicules, les incendies gigantesques, les inondations, la fonte des glaciers (comme au Népal). Mais aussi et surtout l’épuisement des ressources naturelles. Les prix astronomiques de l’énergie vont bientôt nous le rappeler. Avec la facture, notre colère monte mais aussi la pauvreté d’un nombre toujours plus grand de nos concitoyens. La dégradation de l’environnement a des conséquences sociales dramatiques.

Est-ce cela le progrès ? l’avenir ?

La plupart des politiques et des économistes identifient progrès et croissance. A chaque problème,  la solution miracle est la croissance de la production. Pour y contribuer, on nous incite à consommer plus, toujours plus. « Profitez, profitez de tel prix ou de tel rabais ». C’est le verbe par excellence qui semble résumer l’idéal de vie qui nous est proposé : « profitez ».

La cause principale de la crise de civilisation que révèle la mutation du climat, c’est l’homme, à savoir la démesure de l’être humain qui se place au centre du monde et qui use de tout à son seul profit. C’est la logique du “utilise et jette”, qui engendre tant de déchets dont nous sommes inondés : 705 kg en moyenne par an (2024) en Belgique.

À l’origine du mécanisme, Léon XIV dénonce la perte du sens des limites, le désir de domination, la recherche du profit immédiat.

Il faut remettre l’homme à sa juste place dans l’univers, celle voulue par Dieu : « cultiver et protéger le jardin du monde » (Gn 2,15).

Le patriarche de Constantinople, Bartholomée, lance ainsi un appel vibrant pour que le « riche insensé » que nous sommes cesse de démolir sa maison. Malade de consumérisme, aveuglé par des besoins insatiables, nous devons mettre fin au «géocide », au meurtre de la terre.

L’homme n’est pas le « patron » de l’univers. Nous sommes immergés au sein d’une communion universelle, créés par le même Père, nous formons une sorte de famille universelle. », une fraternité cosmique dirait saint François d’Assise.

Abbé Marcel Villers


En savoir plus sur Saint-Jean-Baptiste en la Fenêtre de Theux

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire