SOURCES : 148. AIMER OU PÉRIR

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité. Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.

Aimer ou périr

« Aimez-vous les uns les autres.
Il y a deux mille ans que ces paroles ont été prononcées.
Mais aujourd’hui, c’est avec un ton différent
qu’elles viennent de nouveau sonner à nos oreilles.

Pendant des siècles, charité, fraternité,
ne pouvaient nous être présentées
que comme un code de perfection morale,
ou encore comme une méthode pratique
pour diminuer les frottements et les peines de la vie terrestre.

Or, depuis que se sont révélées à notre esprit,
d’une part l’existence de la Noosphère,
et d’autre part la nécessité vitale où nous nous trouvons
de sauver celle-ci,
la voix qui parle se fait plus impérieuse.

Elle ne dit plus seulement :
« Aimez-vous, pour être parfaits »,
mais elle ajoute
« aimez-vous, ou vous périrez ».

Pierre Teilhard de Chardin, L’énergie humaine, 1937.

Pierre TEILHARD DE CHARDIN, (1881-1955), prêtre jésuite français, paléontologue, théologien et philosophe. Autant scientifique que mystique, il voit la résurrection comme un événement cosmique qui fait du Christ le centre universel.

CLÉS POUR LIRE LUC : 38. LES DEUX PORTES

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, Lc 13, 22-30 du 21e dimanche ordinaire.

La porte étroite ou fermée
 N’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? (Lc 13, 23)

Jésus ne répond pas à la question du nombre des sauvés. Pour lui, ce qui importe n’est pas demain, ou de savoir ceci ou cela sur l’au-delà. Ce qui importe, c’est ici et maintenant se décider devant l’appel de Dieu. « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite » (13, 24). Il n’y a plus d’élus ou de sauvés, il n’y a que des appelés.

Mais le temps presse. C’est ici et maintenant que se joue demain. La porte fermée, il sera trop tard. « Vous vous mettrez à frapper à la porte… il vous répondra : Je ne sais pas d’où vous êtes » (13, 25). Il n’y a pas de place réservée. L’appel du Seigneur est adressé à tous les peuples de la terre. Et il y sera entendu. « On viendra de l’Orient et de l’Occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le Royaume de Dieu » (13, 29).

Il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers.
En conclusion de la parabole de la porte fermée (Lc 12, 24-30), on trouve cette sentence généralisante sur les premiers et les derniers. Elle appartient à la catégorie des proverbes utilisés dans la culture juive de l’époque et qui visent à enseigner une certaine sagesse de vie : « beaucoup d’appelés, peu d’élus » ; « qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé » ; « quiconque demande reçoit » ; « à qui on donne beaucoup, beaucoup sera demandé » ; etc. Ces sentences ne découlent pas de la parabole. Elles y sont accolées à une époque où on n’en comprenait plus le sens originel, car on avait perdu le contexte primitif, celui dans lequel Jésus l’avait prononcée. On transforma alors les paraboles en leçons de morale générale.

Abbé Marcel Villers

CLÉS POUR LIRE LUC : 37. LE FEU OU LA PAIX

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, Lc 12, 49-53 du 20e dimanche ordinaire.

La division_
Pensez-vous que je sois venu mettre la paix ?
Non, mais la division. (Lc 12, 51)

Jésus ne peut laisser indifférent. Chacun est sommé de choisir face à cet incendiaire « venu apporter un feu sur la terre. » (12, 49) Ce feu s’attaque à nos maisons et aux liens familiaux. Il suffit que l’un prenne parti pour Jésus et voilà la division installée : « le père contre le fils et le fils contre le père ; la mère contre la fille et la fille contre la mère. » (12, 53)

Ce facteur de division qu’est Jésus et son annonce de la venue du Règne de Dieu engendre complots et volonté de s’en débarrasser. Il sait qu’il va être rejeté et tué. « Je dois recevoir un baptême et quelle angoisse est la mienne ! » (12, 50) C’est aussi celle de ces innombrables chrétiens poursuivis, chassés, assassinés pour leur foi.

Le feu
« Dans la Bible, Dieu se révèle dans le feu : au buisson ardent (Ex 3, 2), au mont Sinaï (Ex 19, 18), aux yeux des prophètes (Ez 1, 4). Le feu fait aussi partie du rituel des sacrifices au temple où à l’occasion il tombait du ciel pour dévorer l’holocauste (1 R 18, 39). Le feu a toujours été considéré comme une des forces de la nature. Il rappelle l’œuvre de la création divine. C’est pourquoi il est interdit de faire du feu le jour du sabbat (Ex 35, 3). Purificateur par excellence, le feu est l’instrument du châtiment divin (Ps 50, 3 ; Mc 9, 49 ; Ap 8, 9) ; mais il est aussi symbole de forces purificatrices positives comme le baptême (Mt 3, 11) ou l’amour (Ct 8, 6). » (André CHOURAQUI, Dictionnaire de la Bible et des religions du livre, 1985) En Lc 12, 49, le feu évoque l’Esprit-Saint car Jésus avait pour mission de « baptiser dans l’Esprit-Saint et le feu » (Lc 3, 16). Les apôtres seront « baptisés dans l’Esprit-Saint » à la Pentecôte (Ac 1,5).

Abbé Marcel Villers

ART ET FOI : 15. SAINTE BARBE

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

SAINT BARBE ou BARBARA

Vierge et martyre orientale (IIIe s.).

Fêtée le 4 décembre.

Patronne des mineurs, des pompiers, forgerons, artilleurs, etc.

Invoquée contre la mort subite, et les dangers de la foudre et du feu.

Attributs
Elle porte la palme du martyre et, selon la légende, la tour à trois fenêtres (référence à la Trinité) où elle fut enfermée avant d’être décapitée par son père qui fut aussitôt frappé par la foudre.

Nous lisons dans le Martyrologe romain, à la date du 4 décembre : « A Nicomédie, la passion de sainte Barbe, vierge et martyre. Durant la persécution de Maximin, elle subit d’abord les rigueurs de la prison, puis fut brûlée avec des torches et eut les seins coupés ; enfin, après d’autres tourments, elle consomma son martyre par le glaive. »
« Sa vie est surtout faite de traditions pour ne pas dire de légendes. Son bourreau aurait été frappé par la foudre d’où l’origine de la dévotion populaire qui l’invoque contre les dangers d’une mort subite provoquée par le feu ou l’électricité. Il semble que cette barbare (Barbara) fut introduite dans le cirque de Nicomédie sans que les spectateurs, parmi lesquels se trouvaient des chrétiens, ne connaissent son nom. Sommée une dernière fois de sacrifier l’encens à l’empereur, elle refusa. Quand les chrétiens vinrent demander son corps, ils ne purent la nommer que « une jeune femme barbare », Barbara. » (https://nominis.cef.fr/contenus/saint/213/Sainte-Barbe.html)

Selon une autre légende, comme elle était d’une grande beauté, son père l’enferma dans une tour pour l’empêcher de devenir chrétienne. Elle l’y devînt grâce à l’instruction d’un prêtre et, en signe de sa foi en la Trinité, elle fît ouvrir une troisième fenêtre dans sa tour. Pour cela, son père la décapita lui-même, mais il mourut aussitôt foudroyé.

Apparu en Orient au VIIe s., son culte s’est diffusé en Occident au XVe s. seulement. Sainte Barbe est invoquée contre la foudre et la mort subite que connût son père, selon la légende, et que craignaient les chrétiens puisque mort sans confession, ni communion. Elle est patronne des forts et des artilleurs dont les canons lancent la foudre. Elle est connue aussi comme protectrice des mineurs et des carriers car exposés à la mort subite suite à une explosion (grisou, éboulement subit).

Sainte Barbe est souvent associée à trois autres saintes ayant fait vœu de chasteté : Catherine, Marguerite (figurant toutes deux au plafond de l’église de Theux) et Geneviève. L’église de Theux possède une antique statue de sainte Barbe, en bois polychromé du XVe siècle.

Abbé Marcel Villers