SOURCES : 139. LES ÂGES DE LA VIE

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Notre nouveau pape Léon nous encourage à vivre en disciple de Jésus et à témoigner de notre joie de croire. Fils de saint Augustin, il nous offre l’occasion de redécouvrir la forte spiritualité de ce Père de l’Église.

Les âges de la vie

En 426, Augustin, évêque d’Hippone, rassemble le peuple pour présenter son successeur. Il se livre alors à une réflexion sur le temps, un des thèmes favoris de sa pensée.

« En cette vie, nous sommes tous des mortels,
mais le dernier jour de cette vie est toujours incertain pour chaque personne.
Et pourtant, pendant l’enfance, on espère atteindre l’adolescence ;
dans l’adolescence, à la jeunesse ;
dans la jeunesse, à l’âge adulte ;
dans l’âge adulte, à la maturité ;
dans la maturité, à la vieillesse.
On n’est pas certain d’y arriver, mais on l’espère.

La vieillesse, au contraire, n’a devant soi
aucun espace de temps à pouvoir espérer ;
sa durée elle-même est incertaine.
Pour moi, par la volonté de Dieu,
je suis arrivé dans cette ville [Hippone]
à la force de mon âge ;
mais maintenant, ma jeunesse est écoulée
et désormais je suis vieux. » (Ép. 213)

Augustin donna alors le nom de son successeur, Éraclius.
Les fidèles approuvèrent.
Augustin leur dit ce qu’il se proposait pour son avenir :
consacrer les années qu’il lui restaient
à une étude plus intensive de saintes Écritures.

AUGUSTIN D’HIPPONE (354-430), converti au christianisme par saint Ambroise de Milan, retourne en Afrique du Nord et y devient prêtre, puis évêque. Il a composé une œuvre immense de théologien comme de prédicateur. Il eut une influence prépondérante dans la pensée chrétienne occidentale.

CLÉS POUR LIRE LUC : 30. DONNEZ-LEUR A MANGER

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, Lc 9, 11-17 de la fête du Saint-Sacrement.

Tous mangèrent et furent rassasiés
Renvoie cette foule… Donnez-leur vous-mêmes à manger. (Lc 9, 12.13)

Face à une foule de cinq mille personnes, qui a faim de la parole de Jésus et le poursuit jusque dans le désert, que faire ? « Renvoie cette foule. » (9,12) Telle est la solution que les disciples proposent à Jésus. Peut-être ont-ils peur, ne sachant que faire pour rassasier tant de monde ?

Donnez-leur vous-mêmes à manger, répond Jésus. Telle est la mission essentielle des pasteurs de l’Église. Et nous connaissons la fin du récit : Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ; puis on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers. Cette abondance de restes est présente aujourd’hui encore dans la vie de l’Église

Jésus se révèle ainsi comme celui qui sert la foule des hommes et surtout comme le sauveur toujours prêt à secourir les siens. L’eucharistie est la mémoire de cette révélation et de ce geste salvifique.

Un récit multiplié
« Le miracle des pains est le seul situé dans le ministère galiléen qui, présent dans les trois synoptiques, se trouve également chez Jean. Plus : Marc suivi de Matthieu, connaît une autre version avec sept pains, sept corbeilles et quatre mille hommes. Rapporté donc six fois dans les évangiles, ce ‘miracle de cadeau’ suit un schéma que le livre des Rois met trois fois en œuvre à propos d’Élie et Élisée : sans qu’on lui réclame de miracle, le prophète offre, de son propre mouvement, des biens matériels (farine, huile, pain) de façon étonnante. La grandeur du don ressort de la différence des chiffres. Jésus avec cinq pains dépasse largement Élisée qui en avait vingt ; Jésus nourrit cinq mille hommes quand Élisée le fait pour cent personnes (2 R 4). La conclusion est claire : Jésus est le grand prophète attendu. » (Hugues COUSIN, L’évangile de Luc, 1993)

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 138. LA JOIE D’ÉVANGÉLISER

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Au long de ce temps pascal, nous sommes unis dans l’accueil d’un nouveau pape encourageant l’esprit missionnaire, la joie d’être chrétien et de la communiquer. Occasion de relire et méditer ce passage de la première exhortation du pape François (1936-2025) : La joie de l’Évangile (24/11/2013)

                                                        La joie d’évangéliser

« La plus grand menace, c’est le triste pragmatisme
de la vie quotidienne de l’Église,
dans lequel apparemment tout arrive normalement
alors qu’en réalité, la foi s’affaiblit et dégénère dans la mesquinerie.

La psychologie de la tombe, qui transforme peu à peu
les chrétiens en momies de musée, se développe.
Déçus par la réalité, par l’Église ou par eux-mêmes,
ils vivent la tentation constante
de s’attacher à une tristesse douceâtre, sans espérance,
qui envahit leur cœur comme le plus précieux des élixirs du démon.

Appelés à éclairer et à communiquer la vie,
ils se laissent finalement séduire par des choses
qui engendrent seulement obscurité et lassitude intérieure,
et qui affaiblissent le dynamisme apostolique.
Pour tout cela, je me permets d’insister :
ne nous laissons pas voler la joie de l’évangélisation.

La joie de l’Évangile est celle que rien ni personne
ne pourra jamais enlever.
Les maux de notre monde et ceux de l’Église
ne devraient pas être des excuses
pour réduire notre engagement et notre ferveur.
Prenons-les comme des défis pour croître.

En outre, le regard de foi est capable de reconnaître la lumière
que l’Esprit Saint répand toujours dans l’obscurité.
Notre foi est appelée à voir
que l’eau peut être transformée en vin,
et à découvrir le grain qui grandit au milieu de l’ivraie.

Pape François, Evangelii gaudium, n° 83-84.

FÊTE DE LA SAINTE TRINITÉ

Solennité de la Très Sainte Trinité

Chaque célébration liturgique, chaque prière sont faites au nom et à la gloire de Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. Aussi, jusqu’au Xe siècle, on n’éprouva pas le besoin de fêter spécialement la Trinité qui est le cœur même de la foi chrétienne. Pourtant, face à l’arianisme, doctrine née au IVe s. qui nie la divinité du Christ et qui avait conquis la plupart des peuples germaniques, le moine Alcuin rédige, au VIIIe s., une messe votive en l’honneur de la sainte Trinité. Les milieux monastiques vont développer une spiritualité orientée vers le mystère trinitaire, alimentée par la célébration chaque dimanche ordinaire d’une messe votive de la Trinité. Le temps ordinaire débutait le dimanche qui suit la Pentecôte depuis que, au début du VIIe s., le Pape Grégoire le Grand avait déplacé au premier novembre la fête de tous les saints qui, depuis le Ve s., clôturait le temps pascal.

Au Xe s., beaucoup d’Églises récitent, le dimanche après la Pentecôte, l’Office de la Sainte Trinité, composé par Etienne, évêque de Liège (903-920), qui a institué la fête de la Trinité dans son diocèse.  La fête s’étend petit à petit et le monde monastique y est rapidement favorable. Après Cluny, les Cisterciens l’adoptent en 1271. L’office primitif est revu par l’archevêque Peckham de Cantorbéry (1273-1292).

Enfin, en 1334, Jean XXII, deuxième pape d’Avignon (1316-1334) établit la solennité de la Trinité dans toute l’Église romaine avec le formulaire de la messe votive du dimanche après la Pentecôte ; en même temps, la préface de la Trinité est attribuée à chaque dimanche ordinaire de l’année. Cela jusqu’à la réforme liturgique opérée par le Concile Vatican II qui a revu le texte des oraisons et le choix des lectures, réparties dorénavant sur trois ans. Il a également multiplié les préfaces propres et celles des dimanches ordinaires.

Saint Paul résume bien le mystère de la Trinité dans ce souhait : « que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint soient toujours avec vous tous » (2 Co 13,13). Jésus est la « grâce », le don de Dieu, et, de ce fait, nous révèle qui est Dieu : un Père qui, par amour, nous livre son Fils. Pour rejoindre le Père, il est donc nécessaire d’être en communion avec Jésus. C’est l’œuvre de l’Esprit. Alors, nous comprenons que ce mystère de la Trinité nous indique un chemin, celui qu’il convient de suivre pour entrer dans l’intelligence du Dieu chrétien.

Abbé Marcel Villers

Illustration : Détail du retable de la chapelle Wolff dans l’église de Theux, œuvre de Nicolas Hanson; 1655