ART ET FOI. ÉGLISE DE THEUX. 8. SAINT JEAN-BAPTISTE

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

SAINT JEAN-BAPTISTE

Prophète, précurseur et martyr. Sa naissance (seule avec celle de Jésus et Marie) est fêtée le 24 juin, solstice d’été (Noël d’été), six mois avant celle de Jésus, solstice d’hiver.
Son martyre ou sa décollation est fêté le 29 août, date de la dédicace, au VIe s., de la basilique qui lui est consacrée à Sébaste, près de Naplouse, en Palestine.

Description du panneau
Vêtu de poils de chameau, signe d’ascèse, il désigne, en Jésus, l’Agneau de Dieu qui tient la croix ornée de l’étendard de la victoire pascale. C’est lui, par sa mort et sa résurrection, qui est la clé du livre des Écritures ou Ancien Testament dont Jean est le dernier prophète. Il tient un bâton ou un roseau (allusion à Mt 11,7) terminé par la croix à laquelle il participe par son martyre.

Jean est le fils de Zacharie et d’Élisabeth, cousine de Marie selon saint Luc. Sa naissance miraculeuse est annoncée par l’ange Gabriel qui le désigne comme le précurseur « devant préparer au Seigneur un peuple capable de l’accueillir » (Lc 1, 17). Jean est le témoin par excellence qui annonce la venue du Messie et désigne, à ses disciples, Jésus comme l’Agneau de Dieu (Jn 1,19-37). C’était au désert où Jean vit comme un ascète, peut-être initié à cette discipline dans les communautés juives du désert, comme celle de Qumrân.

Au bord du Jourdain, Jean pratique un rite nouveau d’ablution (Mt 3,13-17) : le baptisé ne se plonge pas seulement lui-même dans l’eau, mais reçoit l’eau, et le pardon, des mains d’un maître, dont il se reconnaît ainsi le disciple, et qui agit au nom de Dieu (Missel de l’Assemblée chrétienne, Bruges, 1964).

Pour la tradition chrétienne, Jean est le dernier prophète (Mt 11, 9-10), celui qui annonce la réalisation des temps messianiques tant prédits par l’Ancien Testament dont il achève le cycle. Cela explique l’effacement de Jean au profit de Jésus à qui il cède ses disciples. Précurseur, prophète, ascète, baptiste, Jean est aussi martyr. Pour avoir reproché à Hérode son immoralité, il est exécuté par décapitation et sa tête offerte à la fille d’Hérodiade (Mc 6, 14-29).

Au IVe s., on mentionne un tombeau de saint Jean-Baptiste à Sébaste, en Cisjordanie actuelle, et un autre, notamment, avec la relique de sa tête dans la Grande mosquée des Omeyyades de Damas construite, à partir de 705, sur une basilique byzantine dédiée à Jean-Baptiste.
Les feux de la saint Jean peuvent être une survivance des fêtes païennes du solstice d’été, mais s’accordent bien avec cette sentence de Jésus : « Jean était une lampe qui brûle et qui luit » (Jn 5,35).
Jean-Baptiste appartient à deux cycles, celui de l’Incarnation et celui de la Passion. Au plafond de la nef de l’église, il occupe la première place de l’ensemble du programme iconographique de la Rédemption : son martyre annonce, en effet, celui de Jésus.

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 131. LA VEILLE DE SA PASSION

SOURCES

Au long de cette Année sainte, nous sommes invités à approfondir notre foi, fondement de notre espérance en la Vie promise par le Christ. La fête de Pâques est l’occasion pour puiser aux sources et renouveler notre vie chrétienne.
Bonnes fêtes pascales !

                                                           A la veille de la Passion

« Il a aimé comme un homme, humainement,
l’humble hoirie de l’homme,
son pauvre foyer, sa table, son pain et son vin,
les routes, les villages, la paix du soir qui tombe
et les enfants jouant sur les seuils.

Il a aimé tout cela humainement, à la manière d’un homme,
mais comme aucun homme ne l’avait jamais aimé.
Si purement, si étroitement,
avec ce cœur qu’il avait fait pour cela, de ses propres mains.

Et la veille, tandis que les derniers disciples discutaient entre eux
l’étape du lendemain, le gîte et les vivres,
lui, cependant, bénissant les prémices de sa prochaine agonie,
ainsi qu’il avait béni ce jour même la vigne et le froment,
consacrant pour les siens, pour la douloureuse espèce,
son œuvre, le corps sacré,
il l’offrit à tous les hommes,
il l’éleva vers eux de ses mains saintes  et vénérables,
par-dessus la large terre endormie,
dont il avait tant aimé les saisons.

Il l’offrit une fois, une fois pour toutes
dans l’éclat et la force de sa jeunesse,
avant de le livrer à la peur,
de le laisser face à face avec la hideuse peur,
cette interminable nuit,
jusqu’à la rémission du matin. »

Georges Bernanos, La joie, 1929.

Georges BERNANOS (1888-1948) passe sa jeunesse en Artois, région qui constitue le décor de la plupart de ses romans. Il suit des études de droit à l’Institut catholique de Paris. Il participe à la première guerre dans les tranchées (brigadier à la fin de la guerre) et y est plusieurs fois blessé. Il obtient le succès avec ses romans. Son deuxième roman, La Joie, est un récit qui explore les thèmes de la foi, de la souffrance et de la quête de sens dans un monde en proie à la désillusion. L’histoire se déroule dans un petit village français, où le personnage principal, un prêtre tourmenté nommé Donissan, lutte avec ses propres démons intérieurs tout en essayant d’aider les autres à trouver la paix et la rédemption.

CLÉS POUR LIRE LUC : 22. IL N’EST PAS ICI

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, Lc 24, 1-12 de la nuit de Pâques.

Il n’est pas ici
Elles se rappelèrent les paroles qu’il avait dites.
Revenues du tombeau, elles rapportèrent tout aux Onze. (Lc 24, 8-9)

De la résurrection de Jésus ne sont perceptibles que quelques signes ténus : « la pierre roulée sur le côté du tombeau » (24,2), le corps absent, « les linges et eux seuls » (24,12) au fond du sépulcre. Voilà ce qui apparaît de l’extérieur, quelques traces qu’il faut encore interpréter. Tout ce que « Marie-Madeleine, Jeanne, et Marie, mère de Jacques, les autres femmes qui les accompagnaient » (24,10) et puis Pierre constatent, c’est que Jésus est mort sur une croix et que son corps a été mis dans un tombeau où il n’est plus.

Comment interpréter ces signes, ces traces ? C’est là toute l’importance des paroles de Jésus et des Écritures. « Rappelez-vous ce qu’il vous a dit quand il était encore en Galilée : Il faut que le Fils de l’homme soit livré, crucifié et que le troisième jour, il ressuscite. » (24,6-7) A la lumière des paroles de Jésus, les signes s’éclairent. Le vide du tombeau, l’absence du corps prennent sens : « Il n’est pas ici, il est ressuscité. » (24,6)

Les femmes disciples de Jésus
« Les femmes occupent une place importante dans Luc. L’auteur ne souligne pas l’incongruité de la présence de ces femmes qui accompagnent Jésus et son groupe d’hommes, combien est stupéfiante la liberté que manifeste Jésus en prenant des femmes dans le groupe itinérant des disciples : Marie, appelée Madeleine, Jeanne, femme de Kouza, l’intendant d’Hérode, Suzanne et beaucoup d’autres qui les aidaient de leurs ressources (Lc 8, 2-3). Ces femmes seront au premier rang dans des moments clefs : lors de la mort en croix de Jésus et son ensevelissement (23, 49.55), puis au tombeau vide ; on retrouvera ces femmes avec les Douze dans la chambre haute avant la Pentecôte (Ac 1, 14). » (Hugues COUSIN, L’évangile de Luc, 1993)

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 130. LA PASSION

SOURCES

Au long de cette Année sainte, nous sommes invités à approfondir notre foi, fondement de notre espérance en la Vie promise par le Christ. Le carême est un temps favorable pour puiser aux sources et renouveler notre vie chrétienne;

                          Méditation sur la Passion

« Nous t’adorons, toi le Très-Haut.
Tu t’es abaissé, et tu nous as élevés
Tu t’es humilié, et tu nous as honorés
Tu t’es fait pauvre, et tu nous as enrichis.

Tu montas sur un âne,
Et tu nous as pris dans ton cortège
Tu t’es présenté au tribunal, et tu nous as offerts
Tu fus conduit prisonnier chez le grand prêtre, et tu nous as libérés
Tu fus soumis à l’interrogatoire, et tu nous as fait siéger en juges.

Tu fus dépouillé de tes vêtements, et tu nous as revêtus
Tu fus attaché à une colonne, et tu as détaché nos liens
Tu fus couronné d’épines, et tu nous as fait rois
Tu fus crucifié et tu nous as sauvés
Tu mourus et tu nous as fait vivre
Tu fus mis au tombeau et tu nous as réveillés.

Tu ressuscitas dans la gloire et tu nous as donné la joie
Tu t’es revêtu de gloire et tu nous as remplis d’admiration
Tu t’es élevé au ciel et tu nous y a emportés
Tu y sièges dans la gloire et tu nous as élevés.

Sois béni, toi qui viens tout rayonnant de bonté ! »

Liturgie Maronite

L’Église antiochienne syriaque maronite est une des Églises catholiques du Moyen-Orient. Le nom « maronite » vient de celui de saint Maron ou Maroun, qui a vécu en Syrie, où les premières communautés maronites se sont formées au début du Ve siècle. Les maronites se sont réfugiés dans les montagnes libanaises après la chute de Byzance et les conquêtes musulmanes, surtout aux XIe et XIIe siècles. Le rite maronite est pratiqué en langue syriaque et en arabe, ce dernier nettement plus utilisé. En général, seule la consécration est encore en syriaque.