CLÉS POUR LIRE LUC : QUEL AVENIR ?

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, Lc 21, 5-19 du 33e dimanche ordinaire.

Quel avenir pour les disciples ?
On vous persécutera, on vous livrera, on vous fera comparaître à cause de mon nom. (Lc 21, 12)

Jésus ne promet ni la réussite, ni le succès à ceux qui le suivent et se mettent à son école. Ce sont souffrances, persécution, mépris, torture, mort. Cela ne nous étonne pas car « le disciple n’est pas au-dessus du Maître ». Si lui a été méprisé, arrêté, condamné et exécuté, ceux qui portent son Nom le seront aussi. D’ailleurs, le signe de reconnaissance du chrétien, c’est la croix.

Mais tout de même, pourquoi ces persécutions ? Jésus est clair : « Cela vous amènera à rendre témoignage » (21, 13). Refusant toute haine, résistant à la logique du rejet et de la mort, le chrétien montre que l’amour est plus fort que la mort, que l’attachement à Jésus l’emporte sur toute peur et menace. Innombrables les chrétiens morts en offrant leur vie par amour pour leurs frères, comme Jésus l’a fait.

La destruction du temple de Jérusalem
« Le Temple de Jérusalem avait été restauré avec magnificence par Hérode le Grand à partir de 20 avant notre ère. Il est d’une richesse inouïe aux dires de l’historien latin Tacite. Jésus est interrogé sur la date de la destruction du Temple qu’il annonce et sur le signe qui en présagera l’imminence. A nos yeux, une telle question paraît porter uniquement sur un événement historique : le Temple a effectivement brûlé le 30 août 70, presque un mois avant la chute totale de la ville. Pour les chrétiens du début de l’Église, la ruine de Jérusalem était associée à la Parousie, le retour glorieux du Christ venant juger l’univers et instaurer le Règne de Dieu. Pour Luc, l’incendie du Temple et la chute de Jérusalem, à la fin de l’été 70, ne coïncident pas avec la fin du monde et la venue du Christ. Deux écueils guettent alors l’Église : l’espoir fébrile de la venue imminente du Christ et le désenchantement, la tentation de laisser tomber toute espérance en l’avenir. » (Hugues COUSIN, L’évangile de Luc, 1993) Ce désenchantement est souvent le nôtre aujourd’hui en Europe.

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 159. PRIÈRE D’ABANDON

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité. Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement. Nous vous proposons la lecture de quelques textes de Charles de Foucauld.

Prière d’abandon

Mon Père,
Je m’abandonne à toi,
fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoi que tu fasses de moi,
je te remercie.

Je suis prêt à tout,
j’accepte tout.
Pourvu que ta volonté
se fasse en moi,
en toutes tes créatures,
je ne désire rien d’autre, mon Dieu.

Je remets mon âme entre tes mains.
Je te la donne, mon Dieu,
avec tout l’amour de mon cœur,
parce que je t’aime,
et que ce m’est un besoin d’amour
de me donner,
de me remettre entre tes mains,
sans mesure,
avec une infinie confiance,
car tu es mon Père.

Charles de Foucauld, Méditations sur la Passion, Akbès, 1896.

CHARLES DE FOUCAULD (1858-1916), militaire français converti tardivement au catholicisme de son enfance, devient prêtre puis ermite au Sahara.

Où en est le dialogue islamo-chrétien 60 ans après Nostra Aetate, déclaration du concile Vatican II ?

Nostra Aetate*

déclaration (1965) du concile Vatican II, est un texte majeur qui redéfinit le rapport du christianisme et de l’Église catholique aux religions non-chrétiennes, et qui a, notamment, mis fin à des siècles d’incompréhension entre Juifs et chrétiens.

Conférence du
frère Jean-Jacques Pérennès, op

Jeudi 13 novembre à 20h

Le frère Pérennès, op, a été secrétaire général puis directeur de l’Institut dominicain d’études orientales (Idéo) au Caire ; et ancien directeur de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem. Ses travaux portent principalement sur le dialogue interreligieux, l’évolution politique et culturelle du monde arabe, ainsi que la situation des chrétiens d’Orient.

Pour en savoir un peu plus… cliquez sur le logo ci-dessous et écoutez l’interview du frère Pérennès par Christian Cannuyer, directeur de Solidarité-Orient et professeur émérite à l’Université de Lille, sur RCF

Informations pratiques : 

*Nostra Aetate = « À notre époque » : pour en savoir plus sur cette déclaration, je vous recommande la lecture de l’article paru sur Vatican News au sujet de son 60ème anniversaire.

SOURCES : 158. PAUVRETÉ

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité. Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement. Nous vous proposons la lecture de quelques textes de sainte Thérèse de Lisieux dont nous célébrons le centenaire de la canonisation.

Pauvreté

L’épreuve de Thérèse diffère de l’athéisme.
Elle se saisit activement de l’absence de Dieu dans le monde
et de son expérience qu’elle comprend comme un chemin vers Dieu
ou plutôt comme le chemin de Dieu vers elle.

Pour Thérèse, l’expérience de l’absence de Dieu
incarne ce que Jésus entendait par « pauvres en esprit ».

Elle écrit : « C’est aux pauvres, aux affamés
et à ceux qui sont dans le deuil
que Jésus a promis le royaume. »

L’âme privée de Dieu est paradoxalement remplie de Dieu,
parce que dans son désir de Dieu qui lui échappe,
elle est transformée en l’amour même.

Dans une lettre adressée à l’une de ses sœurs, elle écrit :
«  Ah ! Restons très loin de tout ce qui scintille,
aimons notre petitesse,
aimons ne rien ressentir,
alors nous serons pauvres en esprit,
et Jésus viendra nous chercher,
et quel que soit notre éloignement,
il nous transformera en flamme d’amour. »

Thérèse de Lisieux, Histoire d’une âme, 1897

SAINTE THÉRÈSE DE L’ENFANT JÉSUS (1873-1897) entre au Carmel de Lisieux à quinze ans, le 9 avril 1888. Elle découvre peu à peu sa « petite voie » d’abandon et de confiance audacieuse. La petite Thérèse est Docteur de l’Eglise, patronne des missions et co-patronne de la France. Elle a été canonisée par Pie XI en 1925.