CLÉS POUR LIRE LUC : 34. PRIER

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, Lc 11, 1-13 du 17e dimanche ordinaire.

Seigneur, apprends-nous à prier
Quand vous priez, dites : Père. (Lc 11, 2)

Prier, c’est entrer dans une expérience de Dieu, celle que fait Jésus. Prier, c’est vivre notre rapport à Dieu comme à un père. Prier, c’est avoir vis-à-vis de Dieu la même confiance que celle du petit enfant à l’égard de son papa. C’est ainsi précisément que Jésus appelait Dieu : Abba, en araméen. Prier, c’est tout simplement s’abandonner – s’abandonner dans les bras de Dieu avec la même confiance, la même foi que le petit enfant dans les bras de ses parents.

Prier, c’est aussi demander. Pour demander, il faut avoir confiance, confiance en Dieu comme un ami qui sait pouvoir compter sur son ami. Car, « même s’il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut. » (11,8)

La prière du Seigneur
Nous avons deux versions de cette prière. La version dont Luc a hérité est plus brève que celle de Mt 6, 9-13. Elle comprend une invocation, deux vœux adressés à Dieu et trois requêtes pour nous.
Les disciples sont d’abord autorisés à s’adresser à Dieu en reprenant le même terme que Jésus dans sa propre prière : Père (11,2), sans qualificatif. Viennent ensuite deux vœux : la sanctification du Nom (Que Dieu se fasse reconnaître pour ce qu’il est !) et la venue du Règne (Que Dieu manifeste sa présence !).
Dans un second temps, trois requêtes : le pain pour chaque jour (11, 3), le pardon des péchés (11, 4) et ne pas entrer en tentation (11, 5). (Hugues COUSIN, L’évangile de Luc, 1993)

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 143. IL EST NÉ POUR TOI

SOURCES

Le pape Léon, fils de saint Augustin, se situe dans une tradition théologique et spirituelle dont la source est saint Paul. Elle met la grâce et la foi au centre de l’identité chrétienne. Cette lignée compte un illustre représentant en Martin Luther (1483-1546) pour qui le salut est pure grâce;

Il est né pour toi 

« C’est la foi que l’on doit en premier lieu reconnaître dans toutes les paroles de Dieu.
Cette foi ne consiste pas seulement à croire
que cette histoire est vraie, telle qu’elle est rapportée.
L’Écriture et la Parole de Dieu ne nous enseignent pas
que la foi est une œuvre naturelle sans la grâce ;
mais la foi véritable et riche de grâce
qu’exigent les paroles et les œuvres de Dieu,
c’est que tu croies fermement que Christ est né pour toi,
que sa naissance est tienne,
qu’elle s’est produite pour toi…

C’est pourquoi veille à ne pas prendre seulement dans l’Évangile
du plaisir à l’histoire elle-même.
Car ce plaisir ne subsiste pas longtemps.
Ne considère pas non plus seulement l’exemple,
car celui-ci ne demeure pas sans la foi ;
mais veille à faire tienne sa naissance
et à l’échanger avec lui,
à te défaire de ta naissance
et à prendre la sienne,
ce qui se produit du moment que tu le crois.
Ainsi, tu es à coup sûr dans le sein de la Vierge Marie
et tu es son cher enfant.

Cette foi, tu dois l’exercer
et tu dois la demander
aussi longtemps que tu vis ;
tu ne peux jamais la fortifier suffisamment.
Tel est notre fondement et notre bien héréditaire,
sur lequel les bonnes œuvres doivent alors être édifiées. »

Martin Luther, Évangile pour la messe de la nuit de Noël, 1522.

MARTIN LUTHER est né le 10 novembre 1483 à Eisleben (Saxe) et meurt le 18 février 1546 dans la même ville. Il a été moine augustin à Erfurt, professeur de théologie à Wittenberg. Il a initié la Réforme protestante, un mouvement qui a profondément transformé l’Église catholique et la chrétienté.

CLÉS POUR LIRE LUC : 33. LES DEUX SOEURS

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, Lc 10, 38-42 du 16e dimanche ordinaire.

Les deux sœurs
Marthe, tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. (Lc 10, 41-42)

« Ma sœur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m’aider. » (10, 40) Marthe installe ainsi une concurrence entre deux manières d’être disciple. Elle cherche à ramener l’écouter au servir, l’écoute de la Parole au service fraternel.

Jésus refuse qu’on enlève sa part à Marie. L’écoute du Maître, la méditation de sa Parole est inaliénable. L’écoute, l’intériorité, la prière, l’étude sont indispensables à la vie de l’Église et des communautés. On ne peut les sacrifier au servir.

Mais Jésus ne condamne pas pour autant l’action, le rendre service, l’engagement de Marthe. Dans l’Église, le service des frères, le soutien des pauvres, l’exercice concret de la charité sont des impératifs.

Pas question que Marthe disparaisse au profit de Marie. Mais pas question non plus de mettre Marie au service de Marthe. Ainsi l’écoute et le service sont comme deux sœurs, distincts mais unis.

Marthe et Marie
Selon les évangiles, Marthe est la sœur de Marie et de Lazare. « Lors de la visite du Christ chez les deux sœurs, Marthe s’active, tandis que Marie écoute le visiteur (Lc 10, 38-42). Marthe et Marie, assistent à la résurrection de leur frère Lazare (Jn 11, 1-44). Lors d’un repas en l’honneur de Jésus organisé chez Lazare à Béthanie, Marthe sert pendant que Marie oint de parfum les pieds de Jésus (Jn 12, 1-8). Une légende provençale la fait arriver à Marseille avec son frère et sa sœur Marie (identifiée à Marie-Madeleine) après l’Ascension. Marthe vainc la Tarasque, dragon fluvial, à l’aide de la croix et d’eau bénite. Elle est enterrée à Tarascon et vénérée en Provence ainsi qu’en Toscane. Elle est la patronne des ménagères et des cuisinières. Elle incarne la vie active, et Marie la vie contemplative. Marie se serait retirée du monde dans une grotte de la Sainte-Baume et mourut à Aix-en-Provence. » (Michel PASTOUREAU et Gaston DUCHET-SUCHAUX, La Bible et les saints, 2017)

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 142. LA JOIE DE LA FOI

SOURCES

Le pape Léon, fils de saint Augustin, se situe dans une tradition théologique et spirituelle dont la source est saint Paul. Elle met la grâce et la foi au centre de l’identité chrétienne. Cette lignée compte un illustre représentant en Martin Luther (1483-1546) pour qui le salut est pure grâce.

La foi rend joyeux

« C’est une chose vivante, agissante, active et puissante que la foi.
La foi est une confiance vivante, inébranlable, en la grâce de Dieu,
si assurée que le croyant mourrait mille fois pour elle.

Cette confiance, cette connaissance de la grâce divine
rend joyeux, impavide et agréable à Dieu et à toutes les créatures.
Voilà l’œuvre de l’Esprit saint dans la foi.

À partir de là, le croyant devient, sans contrainte,
déterminé et prêt à faire du bien à tous,
à rendre service à tout le monde,
à endurer toutes les souffrances
pour l’amour et la gloire de Dieu
qui lui a accordé une telle grâce
de sorte qu’il est aussi impossible
de séparer les œuvres de la foi
que de séparer du feu la chaleur et la lumière.

Garde-toi par conséquent de tes propres idées fausses
ainsi que des bavards creux
qui se prétendent assez intelligents
pour juger de la foi et des bonnes œuvres,
alors qu’ils sont en fait les plus grands fous.

Prie Dieu de créer en toi la foi,
faute de quoi, tu pourras inventer
et faire ce que tu veux ou ce que tu peux,
tu resteras éternellement sans foi. »

Martin Luther, Préface de l’Épître aux Romains, 1522.

MARTIN LUTHER est né le 10 novembre 1483 à Eisleben (Saxe) et meurt le 18 février 1546 dans la même ville. Il a été moine augustin à Erfurt, professeur de théologie à Wittenberg. Il a initié la Réforme protestante, un mouvement qui a profondément transformé l’Église catholique et la chrétienté.