CLÉS POUR LIRE LUC : 20. LA LIBÉRATION DE LA FEMME

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, Jn 8, 1-11 du 5ème dimanche du carême.

La femme libérée
Femme, personne ne t’a condamnée ? Moi non plus, je ne te condamne pas. (Jn 8, 11)

La femme a fauté, elle doit mourir. Pour les légistes, elle est déjà morte, un cadavre. Mais cette femme est un pur prétexte. Il ne s’agit pas de prendre en considération son cas. Il s’agit de coincer Jésus.
Jésus lui donne la parole : « Femme, où sont-ils donc ? » (8,10). Elle est pour lui une personne. Il la reconnaît en tant que telle. Alors cette femme qui était morte, revient à la vie. Elle était prise au piège de la mort. Le Christ brise le cercle de ses adversaires et celui où pouvait encore l’enfermer sa conscience coupable. Brisant le cercle, Jésus ouvre devant elle le chemin d’une vie nouvelle : « Va et désormais ne pèche plus. » (8,11)
Mais pardonner est coûteux. Il y a un prix à payer. Les pharisiens tendaient un piège à Jésus. S’il pardonne, il s’oppose de fait à la Loi, et c’est lui alors qui mérite la mort. C’est le processus mortel que cherchaient à enclencher ses adversaires. « Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. » (8,6)

Adultère
« Sont adultères la femme mariée ou fiancée qui ne respecte pas ses engagements, l’homme qui trompe sa femme avec une femme mariée. Le Décalogue (Ex 20,14) condamne formellement l’adultère, et dans le cas de flagrant délit, les deux coupables sont mis à mort (Lv 20,10). Si c’est la femme qui est coupable, le mari peut se contenter de la répudier. Le Nouveau Testament reprend la condamnation du crime d’adultère et même étend son  domaine puisque Jésus, après avoir cité le Décalogue, ajoute : « Quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà commis l’adultère avec elle. » (Mt 5, 27-28) Pourtant face à une femme adultère qu’on s’apprête à lapider, Jésus défie scribes et pharisiens : « Moi non plus, je ne te condamne pas. » (Jn 8, 2-11). » (Dictionnaire culturel de la Bible, 1990)

Abbé Marcel Villers

Apprivoiser l’irréparé – 12 avril 2025

Il y a une fissure,
une fissure dans tout.
Comme ça, la lumière peut entrer.
                                          Leonard Cohen


Le samedi 12 avril 2025

de 9h30 à 16h30 au monastère de Wavreumont

Apprivoiser l’irréparé
avec Caroline VALENTINY, psychologue et écrivaine

 

« Notre vie à toutes et tous est traversée de failles, de lézardes, de coins d’ombre. Ces fissures font partie de notre carte intime, de notre géographie intérieure. Elles nous poussent à avancer, à nous dépasser, nous hantent aussi parfois, nous écrasent, nous font honte. Que faisons-nous de ces parts de nos histoires qui nous oppressent ou nous font grincer des dents ? Faut-il les cacher, les hurler, les chanter, les taire, les écrire ? Comment les transformer en espaces vivants qui ont quelque chose à nous dire, sans nier la souffrance qui les a façonnés ? Peut-on apprivoiser nos fêlures ? »

Caroline Valentiny

Nous nous proposons de brasser « tout ça » au travers d’une rencontre qui alliera partage d’expériences (dont la sienne racontée dans un récit bouleversant Voyage au bord du vide), réflexion plus large sur nos chemins de résilience et démarche rituelle.

Journée organisée par l’équipe de coordination des journées « spirituelles » : fr Hubert, Marie-Claire Albert, Chantal Camus, Lara Lorenzi, Marie-Pierre Polis.

PAF : 30€,  animation, café et repas chaud compris

Inscription : tél. 080 28 03 71 ou accueil@wavreumont.be

SOURCES : 128. DÉSENSABLER

SOURCES

Au long de cette Année sainte, nous sommes invités à approfondir notre foi, fondement de notre espérance en la Vie promise par le Christ. Le carême est un temps favorable pour puiser aux sources et renouveler notre vie chrétienne. Fructueux carême !

                      Désensabler

« Dieu n’a pas créé la mort,
il n’a pas créé le mal
mais il a laissé en tout la liberté
à l’homme comme à l’ange.
Ainsi, par la liberté,
les uns s’élèvent jusqu’au sommet du bien,
les autres se précipitent dans l’abîme du mal.

Mais, toi, homme, pourquoi refuses-tu ta liberté ?
Pourquoi ce déplaisir à t’efforcer,
à peiner, à lutter et à devenir l’artisan de ton salut ?

Aimerais-tu mieux, peut-être, te reposer
dans le sommeil d’une existence paresseuse
et d’un éternel bien-être ?

Mon Père, est-il dit, est continuellement à l’œuvre (Jn 5,17).
Et il te déplaît d’œuvrer
à toi qui as été créé pour créer positivement. »
(Origène, Première homélie sur Ézéchiel, 3.)

L’ascèse est éveil hors du somnambulisme quotidien. Elle permet au Verbe de désensabler au fond de l’âme la source des eaux vives.

ORIGÈNE (185-254) reçoit une solide formation biblique et théologique à Alexandrie où il va exercer une fonction d’enseignement à l’École catéchétique. Suspecté d’enseigner des doctrines aventurées par l’évêque, il est interdit à Alexandrie. Il poursuit son enseignement en Palestine et Syrie. Il meurt martyr à Tyr.

CLÉS POUR LIRE LUC : 19. LE PRODIGUE

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Luc. Cette semaine, Lc 15,1-3.11-32 du 4ème dimanche du carême.

Le Père prodigue
Mon fils était mort et il est revenu à la vie. Et ils commencèrent à festoyer. (Lc 15,24)

« Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. » (15, 20) Quel retournement dans notre conception de Dieu ! Dieu nous aime assez pour nous attendre tous les jours sur la route de notre vie. Le premier, il sort de la maison pour venir au-devant de l’homme. Dieu ne veut pas l’humiliation du pécheur. Pas de discours moralisateur, ni d’examen de conscience. « Il le couvrit de baisers. » (15,20) Et « vite », le fils retrouve tous ses privilèges et partage à nouveau la table familiale avec son père.
C’est ce que ne peut supporter le fils aîné. Comme les pharisiens et les scribes sont scandalisés (15,1-2) par Jésus qui s’invite chez les pécheurs, partage leur table sans exiger d’eux ni aveu ni pénitence. Le fils aîné n’a pas tort à l’intérieur de sa logique, mais ce qui lui échappe, c’est le cœur de son père. « Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était perdu et il est retrouvé. » (15,32)

L’interdit du porc
« Les porcs étaient élevés dans tout le bassin méditerranéen depuis la plus haute Antiquité. Le cochon est une bête qui inspire le dégoût. Les Égyptiens avaient une sainte horreur de cet animal (Hérodote 2,47). Dans la Bible, le porc est toujours objet de répulsion (Lv 11,7-8 ; Is 66,3) car il n’est permis de manger que “tout animal qui a la corne divisée et le pied fourchu, et qui rumine” (Lv 11, 3). Or, le porc ne rumine pas. Pour un juif, manger du porc, c’est renier la foi d’Israël (2 M 6,18). Certes, les récits des évangiles (Mc 5,11 ; Lc 15,15) indiquent que des troupeaux de porcs étaient élevés dans les régions avoisinant la Palestine à l’époque hellénistique et romaine ; mais le fait que les esprits impurs sont évacués des hommes par l’intermédiaire des cochons montrent bien ce qu’on ressentait à l’égard de ces animaux. » (André CHOURAQUI, Dictionnaire de la Bible et des religions du livre, 1985) On sait que les musulmans ne consomment pas non plus le porc suite à deux versets du Coran (Al-Ma’ida 3 ; Al-Baqara 173).

Abbé Marcel Villers