SOURCES : 90. DANS TA MAIN

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité.  Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.  Chaque jeudi, vous est proposé un texte à lire, méditer, prier.

Abbé Marcel Villers

DANS TA MAIN

« Toi qui es au-dessus de nous,
Toi qui es l’un de nous,
Toi qui es…
Aussi en nous,
Fais que tout le monde te voie… aussi en moi,
Que je te prépare le chemin,
Qu’alors je te remercie de tout ce qui m’arrive.
Qu’alors je n’oublie pas la misère des autres.

Garde-moi dans ton amour
Comme tu veux que tous les autres demeurent dans le mien.
Que tout ce qui fait partie de mon être te soit à gloire
Et que je ne désespère jamais.
Car je suis dans ta main,
Et en toi sont toute force et toute bonté.

Donne-moi un cœur pur… afin que je te voie,
Un esprit humble… afin que je t’entende,
L’esprit de l’amour… afin que je te serve,
L’esprit de la foi… afin que je demeure en toi. »

Dag Hammarskjöld, Jalons. Journal spirituel, 1963.

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DAG HAMMARSKJÖLD (1905-1961), diplomate suédois, ministre des affaires étrangères, secrétaire général des Nations unies de 1953 à 1961. Le prix Nobel de la paix lui fut décerné l’année de sa mort, à titre posthume.

 

CLÉS POUR LIRE MARC : 31. UNE FORCE SORT DE LUI

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc. Cette semaine : Mc 5,21-43 du 13e dimanche du temps ordinaire.

Une révélation pour Jésus
Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui (Mc 5,30)

C’est la mort que Jésus affronte, la mort sous deux de ses visages. La mort lente, tout d’abord, celle qui nous ronge inexorablement comme cette femme dont le sang, la vie, se perd. La mort soudaine qui s’abat inopinément comme sur cet enfant, mort révoltante et scandaleuse.

Qui peut vaincre la mort ? Restent la résignation devant l’inéluctable ou la révolte devant l’absurde. Jésus ouvre une troisième voie : la foi. C’est celle de cette femme qui « vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement » (5,27). A l’instant, elle fut guérie.

Quant à Jésus, « il se rendit compte qu’une force était sortie de lui » (5,30). On peut penser que ce jour-là, Jésus a compris qu’un certain pouvoir lui était donné, un peu comme ces personnes qui un jour, se rendent compte qu’elles ont reçu un don de guérir. Et Jésus mit ce don au service de l’annonce du Règne de Dieu.

Jésus, un thaumaturge
De nombreux récits des guérisons dues à Jésus figurent dans les évangiles. La transmission de ces récits a été suscitée par un fait historique : Jésus était un thaumaturge, c’est-à-dire capable d’actes étonnants ou miracles. Comment Jésus a-t-il compris ce pouvoir ? Il a compris ses miracles à la lumière du milieu culturel où il vivait, non comme des prodiges, mais comme des paroles divines concrétisées. Jésus s’est lui-même compris à partir de ses miracles qui ont été des signes d’abord pour lui, signes de sa vocation de Messie dont on attendait certains actes précis : « les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les sourds entendent, les morts ressuscitent… » (Mt 11,5) Jésus ne s’est pas installé comme guérisseur ; il a guéri pour révéler que le Règne de Dieu arrivait par lui. Son pouvoir de guérir, il l’a mis au service de sa mission.

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 89. IMAGE DE DIEU

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité.  Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.  Chaque jeudi, vous est proposé un texte à lire, méditer, prier.

Abbé Marcel Villers

IMAGE DE DIEU

Les Pères grecs de l’Église n’ont cessé de célébrer la grandeur irréductible de l’homme, ce « sans fond » de l’homme qui est le lieu de Dieu. L’homme est l’image de Dieu parce qu’il échappe à toute définition, comme Dieu lui-même. (O. Clément)

« L’image n’est véritablement l’image que dans la mesure où elle possède tous les attributs de son modèle […].
La caractéristique de la divinité, c’est d’être insaisissable,
cela aussi, l’image doit l’exprimer.
Si l’essence de l’image pouvait être comprise
alors que son modèle échappe à toute saisie,
cette différence annulerait le fait même de l’image.

Mais nous n’arrivons pas à définir
la nature de notre dimension spirituelle,
à l’image justement de notre Créateur […]
c’est donc que nous portons l’empreinte
de l’insaisissable divinité par le mystère qui est en nous. »

Grégoire de Nysse, De la création de l’homme, 11.

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GRÉGOIRE DE NYSSE (335-394), avec son frère, Basile le grand, et leur ami commun Grégoire de Nazianze, sont dénommés les « trois grands Cappadociens » en raison de leur importance exceptionnelle pour la théologie et pour l’Église. Tous les trois ont renoncé à une carrière profane brillante pour suivre le Christ de manière radicale en s’adonnant à une vie ascétique et solitaire. Mais tous les trois furent appelés à l’épiscopat en raison de leur haute naissance et de leur formation solide. Grégoire est nommé par son frère Basile évêque de Nysse, petite ville entre Césarée et Ancyre.

CLÉS POUR LIRE MARC : 30. PASSONS SUR L’AUTRE RIVE

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc. Cette semaine : Mc 4,35-41 du 12e dimanche du temps ordinaire.

Passons de l’autre côté
Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? (Mc 4,40)

La mer, c’est la grande épreuve que doit connaître le disciple pour « passer sur l’autre rive » (4,35), celle qu’habite son maître, Jésus.  « Réveillé » (ressuscité), il est vainqueur de la peur et de la mort qu’il domine comme le vent et la mer : « Silence, tais-toi. » (4,39)

C’est « au bord de la mer » que Jésus appelle des pêcheurs à venir derrière lui (1,16) qui se retire « vers la mer » (3,7) en prévision d’une traversée pour laquelle il demande « qu’une barque soit en permanence près de lui » (3,9). Puis, c’est « au bord de la mer » que Jésus enseigne (4,1). Ensuite, après avoir été appelés et enseignés, les disciples connaissent l’épreuve qui les initie à l’existence christique. C’est la traversée de la mer où Jésus les emmène : « Passons de l’autre côté » (4,35).

Sur la mer, les disciples font face au monstre effrayant et déchaîné, monstre dévorant qui « remplit la barque » (4,37). C’est la grande épreuve du disciple : la peur ou la foi dans celui qui a vaincu la mer.  (Jean-Claude REICHERT, Catéchèse pour temps de ruptures, 2002, 112-114)

La mer
La mer est issue de l’abîme primordial (les eaux de Gn 1). Dieu en a fixé les bornes et l’a peuplée de la faune qui y pullule et qui comporte les géants cétacés d’où sortent les monstres marins que la Bible présente comme symboles des forces du mal. En langage biblique, la mer est avant tout un symbole de l’élément hostile à la vie. La mer, dont les dimensions échappent à l’entendement, est en elle-même effrayante par l’instabilité, les bouillonnements incessants, les redoutables tempêtes. Dieu certes en est le maître, il contrôle et utilise cette agitation à ses fins. Mais la mer reste l’inquiétant milieu d’où monteront les bêtes de la fin des temps (Dn 7 ; Ap 13 et 21). Cette mer mal famée disparaîtra du monde nouveau et la remplacera un océan solide et immobile, sans gouffres ni tempêtes.  (A-M. GERARD, Dictionnaire de la Bible, 1989)

Abbé Marcel Villers