CLES POUR LIRE MARC : 18. MESSAGER AU TOMBEAU

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc : Mc 16,1-7 de la nuit pascale.

Le messager du tombeau
Entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. (Mc 16,5)

Le jeune homme, que la couleur de son vêtement identifie comme venant du monde céleste, est porteur d’un message, celui qui constitue le cœur de la prédication chrétienne : « Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité. » (16,6)

Nous sommes à la fin de l’évangile de Marc, mais le dernier messager, le jeune homme, renvoie au premier, celui qui ouvrait le récit, Jean-Baptiste : « Voici que j’envoie mon messager en avant de toi. Préparez le chemin du Seigneur. » (1, 2-3) A quoi répond le dernier messager : « Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez. » (16, 7) La boucle est bouclée. Le récit n’est pas achevé, la mort n’a pas eu raison de lui.

Il nous faut refaire l’itinéraire qui a conduit Jésus du baptême à la résurrection. C’est désormais celui de tout chrétien qui, se mettant à la suite de Jésus, passe par le baptême pour accéder à la vie nouvelle du Ressuscité.

Qui nous roulera la pierre ?
La sépulture taillée dans le roc était fréquente à l’époque, mais coûteuse, et donc réservée aux riches. Le tombeau avait une petite porte d’un mètre de haut, fermée par une grosse pierre qui s’y ajustait ou par un bloc de pierre taillée de forme circulaire que l’on pouvait faire rouler. La fermeture était nécessaire pour empêcher les bêtes sauvages de pénétrer dans le tombeau. Les riches faisaient précéder le tombeau d’une cour ou d’un jardin devant l’entrée, comme celui de Joseph d’Arimathie où fut déposé Jésus. Deux ou trois marches permettaient d’accéder à la chambre funéraire. Une banquette taillée dans le rocher courait sur trois côtés d’un espace à peu près carré. Des niches profondes sont creusées dans les murs derrière ces banquettes pour recevoir un corps allongé sur le dos. Le corps de Jésus fut laissé sur la banquette, étant donné la hâte de son ensevelissement. Après une année, on ramassait les ossements dans une boîte, ce qui augmentait la capacité d’accueil du tombeau. (Alain Millard, Trésors des temps évangéliques, Paris, 1990, p. 121-123)

Abbé Marcel Villers

Banneux et Beauraing : regards croisés – 14 avril 2024

1949 – 2024

75ème anniversaire de la reconnaissance, par l’Église,

des Apparitions de Marie à Beauraing et à Banneux

À l’occasion de cet anniversaire, les recteurs des deux sanctuaires,
l’abbé Leo Palm (Banneux) et le chanoine Joël Rochette (Beauraing),
échangeront leurs

REGARDS CROISÉS SUR LES APPARITIONS

le dimanche 14 avril 2024 à 17h30

Au programme :

  • 16h : messe dominicale à la Chapelle du Message
  • 17h30 : conférence Regards croisés sur les Apparitions à la Chapelle du Message
  • vers 18h30 : verre de l’amitié

L’entrée est gratuite ; l’inscription est souhaitée par courriel

La rencontre est organisée par Pro Petri Sede (Pour le siège de Pierre), association au service du Pape, qui prie pour lui, informe sur son action et soutient financièrement ses projets fraternels.

 

SOURCES : 74. CREUSONS NOTRE PUITS

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité. Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement. Chaque jeudi, vous est proposé un texte à lire, méditer, prier.

Abbé Marcel Villers

Creusons notre puits

« Le combat spirituel est éveil hors du somnambulisme quotidien.

Il permet au Verbe de dégager, de désensabler au fond de l’âme la source des eaux vives, de faire resplendir en l’homme l’image ternie de Dieu, la drachme qui a roulé dans la poussière mais reste frappée à l’image du roi (Lc 15, 8-10).

C’est le Verbe qui agit, mais nous devons collaborer avec lui,
moins par une tension volontariste que par une attention aimante.

Chacune de nos âmes contient un puits d’eau vive,
il y a en elle une image de Dieu enfouie.
C’est ce puits que les puissances adverses ont obstrué de terre.
Mais maintenant qu’est venu le Christ,
accueillons son avènement et creusons nos puits,
rejetons-en la terre, purifions-les de toute ordure.
Nous trouverons en eux l’eau vive,
cette eau dont le Seigneur dit : Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive jailliront de sa poitrine. (Jn 7, 38) (Origène, Homélie sur la Genèse) »

Olivier Clément, Sources, 1982

________________________________________________
OLIVIER CLÉMENT (1921-2009). Originaire du sud de la France, jeune professeur de lettres, il se convertit à la foi chrétienne et, à trente ans, reçoit le baptême dans l’Église Orthodoxe. Il se familiarise avec la pensée spirituelle et théologique russe en France dont le cœur est l’Institut de théologie Saint-Serge de Paris où il enseignera par la suite.

CLÉS POUR LIRE MARC : 17. ROI D’HUMILITÉ

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile du dimanche : Mc 11,1-10 du dimanche des Rameaux.

Un roi d’humilité

Ils amenèrent le petit âne à Jésus et il s’assit dessus. (Mc 11,7)
Hosanna ! Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père. (11,9-10)

Ces deux versets disent bien toute l’ambiguïté de la situation qui va conduire Jésus sur la croix. Nous sommes au seuil de la grande semaine, Jésus entre à Jérusalem, mais à quel titre ?
Jésus se présente sur un ânon, en référence à la conception d’un messie humble et pauvre : « Pousse des cris de joie, Jérusalem ! Voici ton roi qui vient vers toi : il est juste et victorieux, humble et monté sur un âne, un âne tout jeune. » (Za 9,9-10)
La foule, elle, acclame Jésus : « Hosanna ! », terme hébreu (hosha`na) qui signifie « Sauve donc ! » Cette exclamation n’est pas un cri de louange, mais un appel au secours. Sauver son peuple, écrasé sous le joug de Rome, était attendu d’un « messie » issu du grand roi David.
Jésus se présente comme un roi, mais d’humilité et de paix. La foule voit en lui un roi envoyé par le ciel pour sauver son peuple. Deux visions du Règne sont ainsi en contradiction : celui, politico-militaire de David ; celui, spirituel, de Dieu dont Jésus annonce la venue.

L’âne
L’âne sert de monture ou de bête de charge dans tous les pays méditerranéens, ainsi que d’appoint pour les tâches agricoles. Il peut vivre de quarante à cinquante ans. Dans la Bible, l’âne est cité plus d’une centaine de fois. Il est un bien précieux et un des signes extérieurs de richesse pour le paysan ou le commerçant. Quant à monter un âne, c’est un signe d’humilité et même d’humiliation ; ainsi un pharaon se flatte d’avoir renvoyé les rois vaincus montés sur des ânes. L’âne est l’animal de transport qui s’oppose au cheval, monture du guerrier, et au char, véhicule des rois. (Chouraqui André, L’univers de la Bible, tome I, Paris, 1982, p.355)

Abbé Marcel Villers