Dimanche de Pâques. Theux. 5 avril 2026
« Il devait se relever des morts »
« Il devait » car sinon la mort aurait triomphé et le cri de Jésus serait resté sans réponse.
Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?
Dans ce dernier cri adressé au Père, nous entendons le gémissement de douleur de tous ceux qui sont opprimés par la violence, victimes des guerres. Aujourd’hui, proclame le pape Léon, « le Christ est encore crucifié, il souffre dans les innocents assassinés », les enfants de Gaza, de Téhéran, de Kiev, du Kivu et d’ailleurs, écrasés sous les bombes par des chefs de guerre que Dieu « n’écoute pas car « leurs mains sont pleines de sang ».
Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?
Telle est la question de tout homme face à la souffrance, au mal, à l’injustice, à la mort.
La résurrection est la réponse de Dieu. A Pâques, Dieu prend parti.
Il prend parti pour l’exclu, le rejeté, l’écrasé et l’humilié.
La Résurrection de Jésus fonde l’engagement chrétien et sa puissance critique à l’égard de tout ce qui écrase ou humilie l’être humain.
Le relèvement de Jésus, sa sortie de la fosse et du tombeau nous engage à refuser résignation, passivité, fatalisme : que voulez-vous qu’on y fasse ; il n’y a rien à faire ; c’est comme ça.
Tout au long de sa vie, Jésus a invité et provoqué chacun à se lever, à s’éveiller, à se soulever : lève-toi, prends ton grabat et marche. Il nous provoque en ce jour de Pâques à nous dresser, nous soulever, à refuser la somnolence, la paralysie, la résignation
La résurrection de Jésus ne peut se réduire à une proclamation, à un discours, à une croyance. C’est un principe d’action, un parti pris pour les exclus, les rejetés, les écrasés de l’histoire qui fait du chrétien un insurgé, celui qui se soulève, se dresse fièrement. C’est pourquoi nous prions debout dans la liturgie.
Pâques, c’est le grand souffle de liberté, qui « dresse les hommes à la verticale de leur terre et de leur humanité ».
« Le Verbe est venu et les ténèbres ne l’ont pas capturé ».
Telle est la Bonne Nouvelle qui court toujours et saisit le cœur de milliers de jeunes qui ont été baptisés cette nuit de Pâques.
Christ est ressuscité. Alleluia. Eveille-toi qui dors !
Abbé Marcel Villers
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