ART ET FOI. EGLISE DE THEUX. 1. SAINT LAMBERT

ART ET FOI. PLAFOND DE L’EGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

 

LAMBERT (vers 636-vers 705)

Évêque de Tongres-Maastricht.
Martyr à Liège.
Saint patron du diocèse de Liège.
Saint patron des églises de La Reid (1512) et Desnié (1784).
Fêté le 17 septembre.

Attributs : crosse, mitre, gants, chasuble de l’évêque ; le livre ouvert est celui de la Parole de Dieu que le pasteur lit, enseigne et répand.

Lambert vit, à la fin du 7e s., à l’époque des Mérovingiens. Il est originaire de Maastricht, cité épiscopale et siège du palais royal. Il est issu d’une grande famille aristocratique, riche propriétaire, qui est au service du roi et de sa politique. Après une bonne éducation en famille, il est confié, par son père, à l’évêque Théodard, qui vit à la cour royale où Lambert, avec d’autres jeunes aristocrates, reçoit une formation qui fait d’eux des agents de l’État. Proche du pouvoir, les évêques mérovingiens en retirent de nombreux avantages, mais en subissent aussi les aléas, les guerres de clans particulièrement. Ainsi, l’évêque Théodard est assassiné. C’est alors que le roi Childéric II (662-675) place Lambert sur le siège épiscopal vacant. Mais, quelques années plus tard, le roi est assassiné et s’ouvre une sorte de guerre de succession. C’est au cours de cette période troublée que l’évêque Lambert est déposé sous la pression d’un clan adverse. Le nouveau roi le relègue à l’abbaye de Stavelot où il vivra, comme un simple moine pendant 7 ans.

Lorsque Pépin II s’empare du pouvoir (679), il rétablit Lambert sur le siège de Maastricht. C’est alors que Lambert entame une vaste mission d’évangélisation, en parallèle avec la pénétration franque, dans la Campine et le Limbourg.

Mais les intrigues de cour et la guerre des clans qui se disputent le pouvoir vont conduire au meurtre de Lambert. Deux groupes de famille opposés cherchent à placer l’Eglise, et ses riches propriétés, sous leur contrôle. Lambert va être la victime de cette guerre entre des bandes armées. (Jean-Louis KUPPER et Philippe GEORGE, Saint Lambert, de l’histoire à la légende, 2006)

Le 17 septembre, probablement 705, Lambert est à Liège, qui est alors un village où l’évêque a une résidence. Au petit matin, lui et ses gardes sont attaqués et Lambert est tué. Les rescapés de la tuerie déposent le corps de Lambert sur une barque et le transportent jusqu’à Maastricht où il est enseveli.

L’évêque Lambert est rapidement considéré comme un martyr, un saint. Le petit village de Liège où il a été assassiné, devient lieu de pèlerinage et de miracles. Un culte populaire se développe. Liège devient un lieu saint. Puisque Lambert, enseveli à Maastricht, fait à Liège ses miracles, c’est donc à Liège qu’il doit reposer. A l’emplacement même de la maison du drame, on construit une église où son successeur, saint Hubert, fait transférer ses reliques. Au 8°s., Liège deviendra le siège de l’évêché au lieu de Maastricht.

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 116. INCARNATION

SOURCES

Au cours de ce temps de Noël, laissons nous saisir par l’espérance que nous offre l’Enfant de Bethléem. Abandonnons nous dans les bras de cet Enfant qui nous attire vers lui. Il est le Fils de Dieu, le Verbe fait chair.

L’Éternel est devenu temps

« Le fils de Dieu s’est fait homme, la Raison éternelle de monde s’est faite chair.
Du même coup, le temps et la vie de l’homme ont été transformés.

Dieu s’est fait homme. Il partage notre destin, connaît nos joies et éprouve nos misères.
Nous n’aurons plus à le chercher dans les profondeurs infinies du ciel.
Il partage totalement notre condition, la faim, la fatigue, les inimitiés,
la peur de mourir, une mort misérable.

Que l’infini de Dieu ait ainsi assumé l’étroitesse de notre condition humaine,
que la béatitude ait assumé la tristesse mortelle de notre terre,
que la Vie ait assumé la mort,
voilà bien la vérité la plus invraisemblable.
Mais c’est elle, cette lumière obscure de la foi, et elle seule,
qui donne à nos nuits quelque clarté,
c’est elle seule qui en fait de saintes nuits.

Le message de Noël, c’est que Dieu est venu vers nous.
Il est venu d’une façon telle qu’il ne lui est désormais plus possible,
sans le monde et sans nous, de retrouver
l’éclat terrible de sa propre gloire.

La naissance de cet enfant a tout changé.
A partir du Verbe fait chair, foyer de tout ce qui existe,
tout désormais s’achemine,
sous la poussée inexorable de l’amour,
vers la Face de Dieu.

Karl Rahner, L’homme au miroir de l’année chrétienne, 1966.

KARL RAHNER (1904-1984), jésuite allemand, théologien et un des experts influents lors du Concile Vatican II.

CLÉS POUR LIRE MATTHIEU : 7. SUIVRE L’ÉTOILE

Clés pour lire l’évangile de Matthieu

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Matthieu. Cette semaine : Mt 2, 1-12 de la fête de l’Épiphanie.

Une étoile s’est levée
Nous avons vu son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui (Mt 2,2)

Hérode convoque tous les savants pour savoir « où devait naître le Christ » (2, 4). Dans les Écritures, on lit : « Bethléem, de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël » (2, 6). Devant l’enfant Jésus, « ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe » (2, 11). Ces offrandes témoignent de la véritable identité de l’enfant de Bethléem. Il est Dieu à qui on offre l’encens de la prière. Il est Roi à qui on offre l’or précieux. Il est un homme destiné à mourir, à qui on offre la myrrhe de l’embaumement. Le portrait de Jésus et sa mission se précisent ainsi grâce aux Écritures juives et aux offrandes des Mages, représentant les peuples païens.
L’itinéraire suivi par les Mages est celui de tout chrétien. Il va de l’étoile à l’Écriture pour aboutir à la vivante et humaine présence de l’enfant en qui Dieu rencontre la quête des hommes.

Les mages venus d’Orient
« Les mages, mi-savants, mi magiciens, pratiquent la divination, la médecine, l’astrologie et interprètent les songes. La Bible ne les aime pas et il ne peut s’agir que de païens, la magie étant bannie d’Israël. Ces mages viennent d’Orient, car les mages orientaux sont les plus réputés, surtout les Chaldéens de Babylone. Matthieu ne précise pas leur nationalité. Les dons qu’ils apportent font songer à l’Arabie. Ils peuvent aussi bien venir de Perse comme ces mages venus à Rome en 66 honorer l’empereur Néron.
L’Église d’Occident compte trois mages, un par cadeau apporté, et en fait des rois. Cet anoblissement reflète une certaine familiarité avec l’Ancien Testament. En effet, selon le psaume 72, ce sont les souverains des nations qui viennent offrir au Messie les trésors de leur pays. Matthieu ne parle pas de rois : ce sont des païens qui, à partir de leur science et des Écritures viennent au Christ. C’est la première leçon missionnaire de l’évangéliste. » (Claude TASSIN, L’Évangile de Matthieu, 1991)

Abbé Marcel Villers

CLÉS POUR LIRE LUC : 6. CHEZ MON PÈRE

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Luc. Cette semaine : Lc 2,41-52 du dimanche de la Sainte Famille.

Il me faut être chez mon Père
C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple assis au milieu.
(Lc 2,13-14)

Au centre du récit de Luc, le mot « milieu » marquant ainsi qu’il est le pivot de toute la narration. « Assis au milieu » (2,14) : après trois jours d’angoisse et de recherche, succède la vision d’un Christ en gloire, assis dans le Temple, demeure de Dieu, au milieu des docteurs. « Au milieu », au centre, Celui tant cherché. En couronne autour de lui, les docteurs. L’ange lui avait promis le trône de David. Il y est assis comme un roi, un juge, un sage.

Nous sommes dans un récit qui évoque et anticipe l’avenir de Jésus. Ainsi, les « trois jours » (2,46) préfigurent la quête des femmes au tombeau. Les mots : « Pourquoi me cherchiez-vous ? » annoncent ceux qu’adresseront à ces mêmes femmes les deux hommes au tombeau : « Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts ? » (Lc 24,5)

Ce récit, sous une allure de fait divers, est en réalité une construction théologique qui révèle l’identité profonde de Jésus : il est le Fils. Son lieu, sa demeure n’est pas ici. Il vient d’ailleurs. « Il me faut être chez mon Père » (2,49). Le lieu de Jésus, c’est le Père. C’est lui sa demeure.

L’enfance de Jésus
Deux types de récits racontent des épisodes de l’enfance de Jésus. Il y a d’abord les récits qui ouvrent les évangiles de Matthieu et de Luc, à côté du silence de Marc et de Jean. D’autres récits sur l’enfance de Jésus, dits apocryphes, ont paru durant les premiers siècles de notre ère, mais le pittoresque et le merveilleux qui les inondent manifestent la pauvreté de leur message. L’étude de ces textes aboutit à la conclusion qu’ils sont marqués par des intentions théologiques et non historiques. L’objectif de Luc est ainsi, non de faire de l’histoire au sens moderne du terme, mais de confirmer la foi de ses destinataires. C’est pourquoi les évangiles ne disent rien du physique de Jésus, de sa psychologie. La question du Jésus historique qui nous habite leur est étrangère. De fait, nous ne savons rien de l’apparence de Jésus, de son caractère, de sa jeunesse, de la durée exacte de sa vie publique. Encore moins de son enfance. (Daniel MARGUERAT, L’homme qui venait de Nazareth, 1990)

Abbé Marcel Villers