SOURCES : 30. CHRIST EN GLOIRE

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité.  Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.

Abbé Marcel Villers

30. CHRIST GLORIEUX

« Christ glorieux,
influence secrètement diffuse au sein de la matière,
et centre éblouissant où se relient les fibres sans nombre du multiple,
puissance implacable comme le monde et chaude comme la vie,
vous dont le front est de neige, les yeux de feu,
les pieds plus étincelants que l’or en fusion,
vous dont les mains emprisonnent les étoiles,

Vous êtes le premier et le dernier,
le mort, le vivant
et le ressuscité,

Vous qui rassemblez en votre unité exubérante
tous les charmes, tous les goûts,
toutes les forces, tous les états,
c’est vous que mon être appelait
d’un désir aussi vaste que l’univers,
vous êtes vraiment : mon Seigneur et mon Dieu ! » (Pierre Teilhard de Chardin, La messe sur le monde, 1923)

        

Pierre TEILHARD DE CHARDIN (1881- 1955) prêtre jésuite français, paléontologue, théologien et philosophe. Autant scientifique que mystique, il voit la résurrection comme un événement cosmique qui fait du Christ le centre universel. 

Clés pour lire l’évangile de Marc : 36. Qui suis-je ?

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire (parution le mercredi matin), nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc. Cette semaine : Mc 8, 27-35 du 24e dimanche du temps ordinaire.

36. Qui suis-je ?

Il leur défendit vivement de parler de lui à personne. (Mc 8,30)

Nous voilà au moment d’une première conclusion des disciples au sujet de l’identité de Jésus. Nous sommes presque exactement au centre du récit de Marc. En contraste avec les gens pour qui Jésus est à classer dans la catégorie des précurseurs du Messie : Jean-Baptiste, Élie, Pierre confesse : « Tu es le Christ. » (8,29), c’est-à-dire le Messie attendu.

Mais confession ambiguë car Pierre ne peut supporter la perspective de la souffrance et de la mort qui attendent Jésus. Pour lui, c’est incompatible avec sa conception du Messie. « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » (8,33) On comprend alors que Jésus « leur défendit vivement de parler de lui à personne. » (8,30) Les disciples, comme les lecteurs de l’évangile de Marc, ont atteint un premier sommet, il leur reste à franchir l’étape suivante et reconnaître que « le Fils de l’homme doit beaucoup souffrir. » (8,31)

Élie

Premier prophète en Israël, vers 853 avant J.-C., Élie est surtout connu par les livres des Rois (1 R 17-19 ; 21 et 2 R 1-2,18). Selon Marc, les contemporains de Jésus voyaient en lui, Élie revenu sur terre (Mc 6,15 ; 8, 28) C’est que ce dernier avait aussi opéré des œuvres de puissance : sur sa parole, une veuve avait pu se nourrir durant tout l’hiver, elle et son fils, grâce à une seule poignée de farine et un peu d’huile. De plus, lorsque le fils de cette veuve était mort, Élie l’avait réanimé. Jésus ayant partagé les pains et réanimé la fille de Jaïre, pouvait faire penser à Élie. D’autant plus que celui-ci fut enlevé au ciel et que tous à cette époque attendaient son retour selon la prophétie de Malachie : « Voici que je vais vous envoyer Élie le prophète, avant que n’arrive le jour de Yahvé, grand et redoutable. » (Ml 3,23). (Philippe BACQ, Un goût d’Évangile, 2006, p.133)

Ainsi, il était de coutume de mettre un couvert de plus sur la table du repas pascal pour Élie qui devait revenir la nuit de Pâque, précédant de peu le Messie.

Abbé Marcel Villers