Dimanche de la Sainte Famille (bis)

FuiteenEgypte

A Desnié, Juslenville et Theux, lors du dimanche de la Sainte Famille, l’abbé Gilbert Muytjens a prononcé l’homélie dont voici le schéma… plein de bonnes idées pour nos familles chrétiennes!

Une fête dans la logique de l’Incarnation

Une famille à part :

  • fils unique,
  • Marie fille-mère,
  • et Joseph dans tout ça ?
  • une fugue à 12 ans,
  • à Cana : Femme, qu’y a-t-il entre toi et moi ?
  • Qui est ma mère ?
  • Fils, voilà ta mère !

Que nous dit la liturgie ?

        Lecture 1 : La famille pour le grand sage

Le Seigneur glorifie le père dans ses enfants
Celui qui honore son père aura de la joie
Mon fils, soutiens ton père dans sa vieillesse

Lecture 2

Revêtez votre cœur de tendresse, de bienveillance
P
ardonnez
Par-dessus tout, qu’il y ait l’amour, source d’unité et de paix
Vivez dans l’action de grâce
Vous les femmes, vous les hommes
N’exaspérez pas vos enfants : exigence et apprentissage de la liberté : laissez-les respirer

        Évangile

Deuxième message de l’ange à Joseph
Lève-toi, prends l’enfant et fuis en Egypte
Lève-toi, prends l’enfant et reviens au pays

Joseph

Homme juste, adopte l’enfant = devenir père
Obéissant, aller au-devant de ce qui est juste
Homme debout, qui prend ses responsabilités

Jésus

Vie chahutée
Vie menacée
Vie protégée

Marie contemplait tout cela dans son cœur, elle intériorise.

Souhaits pour nos familles aujourd’hui

  • Apprentissage de la sobriété
  • Une école de la gratuité
  • Ouvrir au réflexe de l’altruisme
  • Une cellule familiale qui fait l’expérience du silence, de l’écoute et de l’ouverture à l’intériorité
  • Un lieu où l’on apprend ce que pardonner et œuvrer pour la réconciliation veut dire
  • Où l’on apprenne qu’il y a des frères et des sœurs en dehors du cercle familial

En ce qui concerne les familles chrétiennes

  • Très tôt vivre l’ouverture à Dieu par la prière, des gestes de foi significatifs, un lieu qui invite au sacré
  • Des parents qui marchent devant et montrent que la foi donne une orientation à leur vie, à leurs choix, à leurs priorités
  • Où l’on se dit la grandeur, la profondeur, la nécessité vitale de l’eucharistie.

Belle fête familiale!

Abbé Gilbert Muytjens

Homélie pour la fête du Christ-Roi, ce dimanche 24 novembre

LePeupleRegardaitL’abbé Marcel Villers a prononcé l’homélie qui suit, en la fête du Christ-Roi, ce 24 novembre, à Theux

Il commentait l’évangile, extrait de Luc 23,35-43.

La croix est le terme de la vie et de l’action de Jésus. C’est un fait.
C’est aussi l’épreuve de la foi.
Face à cette mort se pose la question essentielle –et dont la réponse sépare chrétiens et autres– Jésus a-t-il échoué ?
Aujourd’hui, comme il y a vingt siècles, face à Jésus crucifié, on peut distinguer quatre positions, quatre attitudes, celles que l’évangile de ce jour met en scène, celles du peuple, des chefs et des soldats, de chacun des deux larrons.

Le peuple restait là à regarder.
Muet, il contemple celui qui avait annoncé un monde de fraternité et guéri l’homme de ses maladies et péchés. Il avait suscité une belle espérance, ce Jésus, en parlant d’un Dieu d’amour et de liberté, de pardon et de vie. Ce monde nouveau meurt avec lui. L’injustice a triomphé une fois de plus. Jésus a échoué. Où est-il son Royaume ? Stupéfait ou résigné, le peuple restait là à regarder, sans rien dire.

Les chefs ricanaient : Il en a sauvé d’autres, qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu.
Ces chefs du peuple ou de la religion se sont opposés à Jésus. Au nom de l’ordre, de la Loi, d’une certaine idée de Dieu. Car comment garantir un ordre social si, comme le proclamait Jésus, tous les hommes sont égaux et frères ? Comment maintenir une religion et des commandements si Dieu pardonne gratuitement ? Et surtout, comment un homme mourant sur une croix peut-il être l’Élu, le Sauveur ? Ses prétentions sont dérisoires et son Royaume, un rêve. Restent moqueries et ricanements.

L’un des malfaiteurs suspendus à la croix l’injuriait : Sauve-toi toi-même et nous avec !
Injure ou plutôt cri de désespoir, de révolte de tous les écrasés de l’histoire. Comment Dieu peut-il tolérer le mal, la souffrance ? A quoi sert le Messie s’il n’arrive pas à nous épargner mort et souffrances ? Pourquoi ne fait-il pas un miracle pour moi ? On ne peut être que révolté par le silence et l’impuissance de Jésus. Qui peut mettre sa confiance dans un sauveur qui se laisse crucifier ? De quel Royaume peut-il être le Roi ?

Après résignation, moquerie et révolte, reste une quatrième attitude, celle du bon larron : Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne.
Aucune résignation, aucune révolte. Il accepte son sort : nous avons ce que nous méritons.
Aucune moquerie, aucun reproche adressé à Jésus. Au contraire : Lui, il n’a rien fait de mal, premier élément d’une confession de foi, reconnaissant en Jésus l’Innocent, le Juste.
Enfin, le bon larron ne demande pas de miracle, mais simplement, il prie Jésus : Souviens-toi de moi. Témoignage de sa confiance, expression de la foi qui s’en remet à Jésus, même dans l’obscurité : Souviens-toi de moi.

Vient alors le sommet de ce récit, la promesse de Jésus :
Amen, je te le déclare : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis.
Être avec Jésus, voilà ce qui fait le chrétien, le disciple.
Malgré les souffrances et la mort, Jésus nous promet d’être toujours avec lui.
Le voilà son Royaume, et son Règne est celui de l’être-avec.
Avec lui, et grâce à lui, nous connaissons la bonté du Père céleste.
Avec lui, nous partageons les souffrances de notre condition humaine.
Avec lui, nous connaîtrons la lumière et la paix du Paradis.
Tel est le sort du chrétien : être avec Jésus.
Et cela nous suffit.

Abbé Marcel Villers
P.S. Merci à Jean-François Kieffer pour son dessin Et le peuple restait là à regarder.