Premier dimanche de l’Avent, coulisses, chorale et couronne…

Quelques photos prises avant, pendant et après la messe de ce premier dimanche de l’Avent, à Theux…

Pas de quoi vous faire sérieusement réfléchir, mais plutôt vous faire sourire !

Quoique… le panneau de l’action Vivre Ensemble soit destiné à nous interpeller !

P.S. Nous profitons de cet article pour remercier le fleuriste Frédéric Garsou, de l’Amarante, qui nous a offert la belle couronne d’Avent présente dans notre église… et sur les photos !

Mais, Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu ?

EnfantpauvreRoi

Homélie de l’abbé Marcel Villers pour la solennité du Christ Roi,
à Theux et Jehanster, le dimanche 23 novembre 2014
34ème dimanche A – Mt 25, 31-46

Mais, Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu ?
C’est l’étonnement, la surprise.
Aussi bien chez les élus que les rejetés. Comme pour chacun de nous.
Il y a de quoi être scandalisés.
Les hommes sont, en effet, jugés par le Christ sur leur ignorance.
Mais, Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu ?

Pourquoi récompenser les uns alors qu’ils n’ont même pas pensé au Christ en secourant les pauvres ? Pourquoi punir les autres puisqu’ils ne savaient pas que le Christ se cachait parmi les plus petits ?
Ni les uns, ni les autres ne savaient.
Il n’est pas juste de les sanctionner sur leur ignorance.

Et pourtant, n’est-ce pas ce que fait le Fils de l’homme ?
Ce faisant, il anéantit un des piliers de la morale : la rétribution, la récompense des actes. Le plus souvent, c’est l’espoir d’une récompense qui nous motive à agir. Mais voilà, le Christ demande plus : l’acte gratuit, désintéressé.

Il s’agit de servir et aimer sans arrière-pensée.

L’amour du prochain n’est pas un moyen de plaire à Dieu. L’autre doit être aimé pour lui-même. Et, aimé en acte. J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’étais nu, et vous m’avez habillé…

Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait, révèle le Christ.
Ces petits, ce sont ceux vers qui Jésus est allé tout au long de sa vie : les pauvres, les exclus, les malades, les pécheurs…
Ignorer les affamés, rejeter les étrangers, mépriser les prisonniers, c’est ignorer le Christ, rejeter le Fils de l’homme, mépriser le Juge de la fin des temps.

Mais alors, le Juge des hommes, c’est le petit ! Lire la suite « Mais, Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu ? »

Vous serez mes témoins!

Ascension1

Fête de l’Ascension – Theux, le 29 mai 2014
Mt 28,16-20

Certains départs sont des commencements.
Il y a des retraits qui sont sources de renouveau.

Il est bon pour vous que je parte, disait Jésus à ses apôtres au soir de sa vie.
Le Maître se retire pour que ses disciples prennent la parole et deviennent maîtres à leur tour.

Il y a des présences encombrantes et immobilisantes. Ce peut être le cas dans le rapport maître-élève, maître-disciples. D’un autre côté, l’absence du maître crée un vide et provoque une angoisse terrifiante chez ses élèves, mais cela les oblige à chercher par eux-mêmes. Puis à interpréter, actualiser l’enseignement du maître. Ensuite ils forgent leurs propres convictions. Enfin, ils deviennent à leur tour maîtres et initiateurs.

N’est-ce pas le but ultime poursuivi par tout enseignant, tout parent, tout maître : s’effacer pour que naisse l’autre ? Cette expérience humaine peut aider à saisir le mystère de l’Ascension.

Jésus disparaît aux yeux de ses disciples. Ceux-ci en restent ébahis. Ils fixent le ciel, saisis d’angoisse à la pensée de se retrouver seuls. Jésus est parti, mais il laisse son travail inachevé : la royauté n’est pas restaurée en Israël, la communauté des croyants n’est pas à l’abri des persécutions, la mission auprès des nations s’avère difficile.

On est loin du programme que Jésus avait annoncé au début de son action : libérer les captifs, rendre la vue aux aveugles, la liberté aux opprimés, l’annulation des dettes et des péchés.

Que vont faire les disciples de Jésus ?

Laisser tomber ou prendre en charge, faire leur le programme de Jésus ?
Au lieu de rester là à regarder vers le ciel, les disciples sont partis annoncer l’Évangile à toutes les nations.
Le départ de Jésus, c’est aussi celui des apôtres.
L’Ascension de Jésus correspond à l’inauguration de la mission de l’Église avec la force de l’Esprit promis.

Trois enseignements peuvent être retirés de ces événements.

Cessons de rêver au jour où Dieu viendra régler nos problèmes par je ne sais quel coup de baguette magique. Le Christ nous donne mandat de remettre debout tous ceux qui souffrent. Il a besoin de nos voix pour défendre les sans droit, sans travail, sans logement, sans papiers.

Deuxièmement, l’Ascension nous rappelle la nécessité de la transmission de l’Évangile, de la foi. Vous serez mes témoins, dit Jésus. Allez, de toutes les nations, faites des disciples. Certes, dire sa foi est aujourd’hui difficile. Mais un chrétien qui n’a plus le désir de transmettre, communiquer sa foi, ses convictions, ce qui le fait vivre, est comme un puits qui se tarit quand on ne va plus y puiser de l’eau.

L’audace de la mission se fonde sur l’assurance que Jésus donne de sa présence auprès de ses disciples. Il est le Vivant qui promet : Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Ainsi les chrétiens travaillent dans le monde avec la conviction de cette présence, c’est-à-dire l’assurance que Jésus a déjà remporté la victoire sur toutes les forces obscures, intérieures comme extérieures, qui écrasent l’homme et la création.

Comme l’écrit saint Paul : Dieu l’a établi au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous dominent, quel que soit leur nom, aussi bien dans le monde présent que dans le monde à venir. Dieu lui a tout soumis.

Oui, l’Ascension célèbre la victoire du Christ.

Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre, proclame le Seigneur ressuscité quand il se donne à voir sur la montagne de Galilée. Mais ce triomphe, cette victoire n’est pas -loin de là- manifeste ni à nos yeux, ni à notre raison. Il n’est pas facile d’accepter une vérité -le triomphe de Jésus- qui dépasse les capacités de notre raison. Mais la vérité est plus grande que nos constats et nos savoirs.

La foi élargit l’horizon de notre connaissance et nous introduit dans le vaste monde du mystère que nous sommes et qui nous enveloppe.

Avec saint Paul, demandons au Seigneur qu’il ouvre notre cœur à sa lumière, pour nous faire comprendre l’espérance que donne son appel, la gloire sans prix qui nous attend, et la puissance infinie qu’il déploie pour nous, les croyants.

Abbé Marcel Villers 

Ascension2Merci à Jean-François Kieffer pour ses jolis dessins!