L’Ascension révèle la mission de Jésus : nous attirer vers le Père

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Points forts de l’homélie du père Jean-Marc de Terwangne
le jour de l’Ascension (14 mai 2015) à Theux

La mission de Jésus est de venir révéler son Père. Jésus nous invite à nous tourner avec lui vers le Père, à entrer dans cette union et dans cette intimité que lui-même partage d’une manière unique avec Dieu, son père, mais aussi notre père. Il est important que Dieu ne soit pas un lointain inconnu. Lui, qui reste d’une manière ou d’une autre invisible, inaccessible, se rend présent en la personne de Jésus.

Jésus est venu accomplir la volonté du Père : qu’aucun de ceux qui lui ont été confiés ne soit perdu. Dans le Credo, nous proclamons que Jésus est descendu aux enfers, au séjour des morts, là où il y a absence de vie au cœur de notre humanité. Par cette descente, Jésus se « mouille » pour révéler la bonté inouïe de Dieu, sa bienveillance, la foi qu’il a en l’être humain tel qu’il est, son amour jusqu’au cœur de ce qui est marqué par l’absence de vie. Jésus va en payer le prix sur la croix. Mais, trois jours plus tard, comme il l’avait annoncé aux disciples, il ressuscite.

Jésus descend au plus bas de l’humanité, aux enfers, dans ces lieux d’absence de vie, que nous pouvons peut-être reconnaître au cœur de nos vies. Est-ce que, dans nos vies, tout est porteur de vie ? Est-ce que, dans nos vies, il n’y a pas des lieux « pourris » ? Est-ce que, dans nos vies, il n’y a pas des attitudes qui ne sont pas porteuses de vie ? C’est là que Jésus descend.

Pourquoi épouse-t-il l’humanité en lui révélant la tendresse et la bienveillance de Dieu, si ce n’est pour conduire l’humanité au lieu pour lequel elle est faite ? C’est sur ce chemin, au-delà de sa passion et de sa mort, au-delà de sa résurrection, qu’il est apparu pendant 40 jours à ses disciples. Il est fondamental que Jésus ne soit pas monté vers le Père directement après sa résurrection, mais que, pendant 40 jours, il soit apparu bien vivant, en chair et en os, à ses disciples : signe palpable, audible, concret de la résurrection. Il n’est pas venu simplement pour descendre au plus bas de notre humanité, y mourir et ressusciter, mais aussi pour nous rappeler que nous sommes faits pour vivre dans la maison du Père, dans la gloire de Dieu, c’est-à-dire tout remplis de la vie de Dieu.

Jésus ne restera pas au cœur de cette humanité parce qu’il est venu révéler le chemin qui nous conduit vers le Père. Jésus dit en quelque sorte : Vous allez recevoir un outil pour cheminer sur le chemin de croissance, un chemin d’ascension, un chemin de remontée vers la vie pour laquelle vous êtes nés. Cette fête de l’Ascension nous révèle que nous sommes faits pour des sommets. Pensons à l’image d’une cordée qui ascensionne un sommet. Jésus nous dira par ailleurs : Je suis le chemin. Regardons comment il visite notre humanité pour voir comment nous sommes appelés à vivre notre passage sur terre, comment nous sommes appelés à aimer et nous laisser aimer comme lui, et réaliser combien nous sommes faits pour bien plus grand que ce que nous vivons ici sur terre.

Nous restons des hommes et des femmes d’espérance, non pas à partir d’une vue de l’esprit philosophique, mais à partir de la réalité du ressuscité. Jésus dit encore : D’ici quelques jours, vous serez baptisés dans l’Esprit Saint. Ce sera la Pentecôte, dans dix jours. Vous allez être équipés de ce qui est nécessaire pour pouvoir suivre le chemin que je vous ai indiqué. Voilà la grande fête que nous célébrons aujourd’hui. Nous ne pouvons pas comprendre l’Ascension si nous ne regardons pas d’abord la naissance de Jésus, sa vie au cœur de notre humanité et sa résurrection.

Oui, Jésus tu es venu nous révéler un chemin de croissance, tu es venu nous tirer vers le haut.

Icône de la Trinité de Serge Roublev

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Au-dessus du personnage de gauche – le Père – se trouve une maison.
Au-dessus du personnage central – le Fils – nous avons un arbre bien vert, l’arbre de la vie.
Au-dessus du personnage de droite – l’Esprit Saint – se trouve le rocher d’une montagne, avec le symbolisme biblique de la montage, qui est ce lieu de la rencontre avec le Seigneur, de l’Esprit Saint qui nous ouvre à la rencontre de Dieu.
Dans la moitié supérieure de l’icône, tout le mouvement est orienté vers le Père : l’arbre au-dessus du Fils, le rocher au-dessus de l’Esprit, le Fils et l’Esprit Saint avec leur posture et leur tête.

Nous sommes faits pour vivre en communion avec le Père dans la maison du Père.
Dans la grâce de cette Ascension, dans la grâce de ces dix jours qui nous séparent de la Pentecôte, demandons lui personnellement, ayons cette foi, chaque jour de dire :
Seigneur, viens révéler le don de l’Esprit Saint que tu m’as fait au jour de mon baptême pour que je puisse vivre la vie que tu m’appelles à vivre au cœur de tout ce qui est à vivre. Amen.

Cette synthèse de l’homélie du père Jean-Marc a été réalisée, sur base d’un enregistrement via téléphone portable ;-), par Marie, que nous remercions chaleureusement pour cette bonne idée et pour sa mise en oeuvre !

L’icône présentée sur cette page est empruntée au blog http://francisdelariviere.be/wp-content/uploads/2012/12/Trinite-de-Roublevdetail1.jpg. Nous l’avons choisie parce que le mouvement vers le Père y est particulièrement visible.

Vous serez mes témoins!

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Fête de l’Ascension – Theux, le 29 mai 2014
Mt 28,16-20

Certains départs sont des commencements.
Il y a des retraits qui sont sources de renouveau.

Il est bon pour vous que je parte, disait Jésus à ses apôtres au soir de sa vie.
Le Maître se retire pour que ses disciples prennent la parole et deviennent maîtres à leur tour.

Il y a des présences encombrantes et immobilisantes. Ce peut être le cas dans le rapport maître-élève, maître-disciples. D’un autre côté, l’absence du maître crée un vide et provoque une angoisse terrifiante chez ses élèves, mais cela les oblige à chercher par eux-mêmes. Puis à interpréter, actualiser l’enseignement du maître. Ensuite ils forgent leurs propres convictions. Enfin, ils deviennent à leur tour maîtres et initiateurs.

N’est-ce pas le but ultime poursuivi par tout enseignant, tout parent, tout maître : s’effacer pour que naisse l’autre ? Cette expérience humaine peut aider à saisir le mystère de l’Ascension.

Jésus disparaît aux yeux de ses disciples. Ceux-ci en restent ébahis. Ils fixent le ciel, saisis d’angoisse à la pensée de se retrouver seuls. Jésus est parti, mais il laisse son travail inachevé : la royauté n’est pas restaurée en Israël, la communauté des croyants n’est pas à l’abri des persécutions, la mission auprès des nations s’avère difficile.

On est loin du programme que Jésus avait annoncé au début de son action : libérer les captifs, rendre la vue aux aveugles, la liberté aux opprimés, l’annulation des dettes et des péchés.

Que vont faire les disciples de Jésus ?

Laisser tomber ou prendre en charge, faire leur le programme de Jésus ?
Au lieu de rester là à regarder vers le ciel, les disciples sont partis annoncer l’Évangile à toutes les nations.
Le départ de Jésus, c’est aussi celui des apôtres.
L’Ascension de Jésus correspond à l’inauguration de la mission de l’Église avec la force de l’Esprit promis.

Trois enseignements peuvent être retirés de ces événements.

Cessons de rêver au jour où Dieu viendra régler nos problèmes par je ne sais quel coup de baguette magique. Le Christ nous donne mandat de remettre debout tous ceux qui souffrent. Il a besoin de nos voix pour défendre les sans droit, sans travail, sans logement, sans papiers.

Deuxièmement, l’Ascension nous rappelle la nécessité de la transmission de l’Évangile, de la foi. Vous serez mes témoins, dit Jésus. Allez, de toutes les nations, faites des disciples. Certes, dire sa foi est aujourd’hui difficile. Mais un chrétien qui n’a plus le désir de transmettre, communiquer sa foi, ses convictions, ce qui le fait vivre, est comme un puits qui se tarit quand on ne va plus y puiser de l’eau.

L’audace de la mission se fonde sur l’assurance que Jésus donne de sa présence auprès de ses disciples. Il est le Vivant qui promet : Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Ainsi les chrétiens travaillent dans le monde avec la conviction de cette présence, c’est-à-dire l’assurance que Jésus a déjà remporté la victoire sur toutes les forces obscures, intérieures comme extérieures, qui écrasent l’homme et la création.

Comme l’écrit saint Paul : Dieu l’a établi au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous dominent, quel que soit leur nom, aussi bien dans le monde présent que dans le monde à venir. Dieu lui a tout soumis.

Oui, l’Ascension célèbre la victoire du Christ.

Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre, proclame le Seigneur ressuscité quand il se donne à voir sur la montagne de Galilée. Mais ce triomphe, cette victoire n’est pas -loin de là- manifeste ni à nos yeux, ni à notre raison. Il n’est pas facile d’accepter une vérité -le triomphe de Jésus- qui dépasse les capacités de notre raison. Mais la vérité est plus grande que nos constats et nos savoirs.

La foi élargit l’horizon de notre connaissance et nous introduit dans le vaste monde du mystère que nous sommes et qui nous enveloppe.

Avec saint Paul, demandons au Seigneur qu’il ouvre notre cœur à sa lumière, pour nous faire comprendre l’espérance que donne son appel, la gloire sans prix qui nous attend, et la puissance infinie qu’il déploie pour nous, les croyants.

Abbé Marcel Villers 

Ascension2Merci à Jean-François Kieffer pour ses jolis dessins!