ART ET FOI. L’ANNONCIATION 25 mars

L’ange Gabriel annonce à la vierge Marie la naissance de Jésus conçu de l’Esprit Saint. L’évangile de Luc est le seul à faire le récit de cet événement. (Lc 1,26-38)     
L’Annonciation est fêtée dès le VIle siècle à la date du 25 mars. On voulait ainsi correspondre au jour présumé de la conception de Jésus, neuf mois avant sa naissance fixée au 25 décembre.

Description du panneau
Une inscription sous l’image donne la signification du panneau : Ecce ancilla domini qui signifie : « Voici la servante du Seigneur. » Il s’agit de la réponse de Marie à l’ange telle que nous la rapporte l’évangile (Lc 1,38).
La tête de Marie est penchée vers la gauche, les yeux sont baissés ; ces deux traits expriment l’attitude de foi et d’humilité : « Voici la servante du Seigneur. »
Marie est debout, ce qui se répand dans l’art au moyen âge ; auparavant, dans la scène de l’Annonciation, elle était plutôt représentée assise ou à genoux.
Le « oui » de Marie au projet de Dieu s’exprime aussi par la position des mains. Traditionnellement l’acceptation est signifiée en repliant un ou parfois deux bras sur la poitrine, paume ouverte vers l’extérieur, surtout jusqu’au XIIIe siècle. Au XIVe siècle, on représente plutôt la Vierge posant une seule main sur la poitrine ; à partir du même siècle, elle pose les deux mains croisées sur la poitrine, ce qui accentue son humilité et son abandon au projet de Dieu.

Marie porte un manteau de couleur bleu sombre, sous lequel on entrevoit un vêtement écarlate. Ce jeu entre l’extérieur, qui prend la couleur du ciel et donc du divin, et de l’intérieur qui est rouge et évoque le terrestre, est indicatif de l’alliance entre ciel et terre nécessaire pour l’accomplissement de l’incarnation et, à terme, de la rédemption. Des deux mains, la Vierge semble ouvrir ou refermer son manteau. Ces deux gestes ont au fond une même signification : le caractère d’intériorité ou de secret du processus entamé, celui du mystère de la naissance du Sauveur.

Abbé Marcel Villers
Illustration : plafond de la nef de l’église de Theux (IRPA)

Mois extraordinaire de la mission : Baptisés et envoyés

OCTOBRE 2019 : MOIS MISSIONNAIRE EXTRAORDINAIRE

Cette année, le pape François a décidé de faire d’octobre 2019 « un Mois missionnaire extraordinaire afin de susciter une plus grande prise de conscience de la mission universelle de l’Église. »
Annoncer Jésus à tous les peuples, à tous les hommes, telle est la mission fondamentale, la raison d’être de l’Église à travers le temps et l’espace. Comment cela peut-il se faire ? Y a-t-il un modèle ?

Marie est la figure de l’Église et la visitation (Lc 1, 39-56) est l’image même de ce qu’est la mission. En effet, la mission, c’est d’abord une rencontre, une visitation. C’est-à-dire une rencontre qui n’est jamais à sens unique. L’évangélisation, la mission : c’est la réciprocité qui signe son authenticité.

La « hâte » de Marie pour se rendre chez sa cousine, exprime l’urgence de la mission. Marie, portant le Christ, le rend présent dans la maison de l’autre, Élisabeth. Mais c’est Élisabeth qui apprend à Marie qui est cet enfant qu’elle porte. Nous croyons souvent que nous avons à apporter quelque chose aux autres : la Bonne Nouvelle, la foi, la joie. Et voilà que nous découvrons que c’est l’autre qui nous apprend la vérité sur celui que nous portons. Oui, comme l’écrivait un missionnaire, ce sont les païens qui nous évangélisent. Les missionnaires ne sont pas ceux qui savent et vont porter la foi à d’autres. S’ils portent le Christ, ils le reçoivent aussi de ceux-là mêmes qu’ils ont mission d’évangéliser.

La mission de l’Église dans le monde est une visitation. Comme Marie, l’Église porte en elle l’Emmanuel. Chaque chrétien porte le Christ. Il est notre secret comme celui de Marie. Elle ne sait comment le dire. Et voici que, comme Élisabeth à Marie, c’est l’autre qui nous révèle le Christ, tout au moins un visage du Christ que nous ne connaissions pas. Et l’on se découvre en quelque sorte évangélisé par l’autre. C’est bien là ce que disent tous ceux qui pratiquent la rencontre avec des adeptes d’autres religions et convictions. Le dialogue interreligieux a comme résultat d’approfondir notre propre chemin, notre propre foi. La mission, c’est tout autant porter le Christ aux autres que le recevoir d’eux. Il n’y a pas de sens unique pour la découverte du Christ.

« Je conclus, écrit le pape François, en vous proposant l’icône de la Visitation comme exemple pour votre mission. Comme la Vierge Marie, mettez-vous en chemin, en hâte – pas la hâte du monde, mais celle de Dieu – et pleins de la joie qui habite votre cœur, chantez votre Magnificat. Chantez l’amour de Dieu pour chaque créature. Annoncez aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui que Dieu est amour et qu’il peut combler de signification le cœur de celui qui le cherche et se laisse rencontrer par lui. » (Pape François, Allocution aux Petites sœurs missionnaires de la charité, 26/05/2017)

Abbé Marcel Villers

Prier avec et pour notre pape François

ViergePF

Une bien heureuse suggestion circule actuellement sur « le net »: il s’agit d’une demande de prier le Je vous salue, Marie à l’intention du pape François, du ministère pontifical qui est le sien, et à toutes ses intentions à lui, celles qu’il partage publiquement et celles qu’il garde au fond du cœur.

Nous ne pouvons, bien sûr, que nous joindre à cette belle idée ! Le message qui circule parle de dix millions d’Ave Maria, mais je suis sûre que, grâce à notre communauté de Theux, ce nombre va exploser 🙂 !

Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous.

Vous êtes bénie entre toutes les femmes et
Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs,
maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen !

Ou via une autre formulation, contemporaine:

Réjouis-toi, Marie, comblée de grâce,
Le Seigneur est avec toi.

Tu es bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, ton enfant, est béni.

Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous, pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen !

P.S. Merci à Jean-Lou pour sa suggestion via le commentaire sur le blog: vous comprenez que les commentaires sont utiles 😉 !

Homélie pour le 4ème dimanche de l’Avent (année A)

JosephpritchezluiCette homélie a été prononcée par l’abbé Marcel Villers en l’église Saint-Roch de Jehanster, ce dimanche 22 décembre. Nous le remercions de nous avoir fait parvenir son texte!

4ème dimanche de l’Avent (année A) : évangile Mt 1, 18-24

La vierge concevra et mettra au monde un fils auquel on donnera le nom d’Emmanuel qui se traduit : ‘Dieu-avec-nous’.
Dieu vient habiter parmi les hommes.
En Jésus, Dieu est désormais avec nous.
Cet enfant que porte Marie, c’est la promesse qui se réalise.
Toute l’attente des siècles et des peuples se concrétise : un enfant nous est donné.

Pourtant, cet acte décisif, ce moment capital de l’histoire et du salut des hommes se présente comme une énigme. Énigme pour nous comme pour Joseph.
Dieu accomplit sa promesse mais par une voie déconcertante.
Déconcertante pour nous, bien sûr.
Mais surtout pour Marie, dont on se souvient de la question posée à l’Ange : Comment cela peut-il se faire ?
Et déconcertante tout autant pour Joseph, à qui elle est promise.
Leur projet de couple est anéanti.
Avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit-Saint.

Voilà qui ne peut que poser question à Joseph, son promis.
Dieu intervient à ce moment décisif pour le salut du genre humain. Et le chemin qu’il choisit, c’est de bouleverser le projet de Joseph et Marie.
Comment comprendre ?

Il y a là un point critique, une étrangeté, une énigme qui nous avertit d’un piège, pour l’interprétation. Autrement dit, il faut se méfier d’une lecture trop simple. Se cache ici un secret, une révélation. Pour comprendre, il faut aller au-delà des apparences.

Ainsi n’allons pas imaginer doute ou soupçon de Joseph sur la vertu de Marie.
Joseph sait que, devant Marie enceinte, il se trouve en présence de Dieu.
Avant même que l’Ange ne lui ai parlé, Joseph a reconnu, dans la foi, que l’enfant de Marie est celui de la divine promesse.
Or, Joseph, son époux, était un homme juste.
C’est ici que commence le drame intérieur de Joseph, non pas psychologique, mais théologique, spirituel.
Joseph, nous dit l’évangile, est un homme juste.
Un juste, pour la Bible, c’est un homme pieux, respectueux de Dieu et de ses commandements, un homme religieux qui n’a qu’un seul désir : se soumettre en tout à la volonté de Dieu.

Puisque l’enfant porté par Marie vient de Dieu, alors Joseph ne peut mettre la main dessus, ne peut s’arroger ce qui appartient à Dieu et à lui seul.
Aucun juif n’osait approcher de l’Arche d’alliance parce que c’était la présence de Dieu, la demeure de Dieu parmi son peuple.
Ainsi en est-il de la réaction de Joseph.

En juif pieux, en homme juste, il ne se reconnaît pas digne d’approcher Marie, encore moins de prendre chez lui Marie et le fils qu’elle porte.
Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit.
Dans ces dispositions, Joseph ne peut que s’effacer, se retirer devant l’œuvre de Dieu. D’où sa décision : se séparer de Marie, laisser ainsi tout le champ à Dieu.

Il avait formé ce projet lorsque l’Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse.

Contrairement à la décision que Joseph avait prise, Dieu lui demande d’entrer dans la réalisation de son dessein.
Pour la deuxième fois, Joseph doit renoncer à son projet, à sa décision.
Dieu lui donne mission, non pas de s’effacer, mais de tenir sa place d’époux près de Marie et de veiller paternellement sur l’enfant.
Elle mettra au monde un fils, auquel toi, tu donneras le nom de Jésus.
Marie met au monde.
Joseph donne le nom, c’est-à-dire une identité à cet enfant.

Mais quel nom ?
La question est capitale puisque le nom nous permettra de savoir qui est l’enfant de Marie, quelle est sa mission.
Trois noms apparaissent dans les textes de ce jour.
Joseph lui donnera le nom de Jésus, c’est-à-dire : ‘le Seigneur sauve’.
Selon le prophète, au fils de la vierge, on donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : ‘Dieu-avec-nous’.
Enfin, Saint Paul nous dit de cet enfant : il a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu, par sa résurrection, lui Jésus, le Christ, notre Seigneur.

‘Dieu-avec-nous’, ‘Sauveur’ et ‘Fils de Dieu’, telle est l’identité profonde de l’enfant de Bethléem que nous irons adorer bientôt à la crèche. Seule la foi peut discerner la vérité sur l’enfant de Noël.

Abbé Marcel Villers