Une bonne nouvelle pour la famille ?

Synode-sur-la-famille

L’abbé Marcel Villers, que nous remercions, nous propose une réflexion-synthèse sur la bonne nouvelle de l’Église pour les familles, à l’issue du synode sur la famille dont la première phase s’est terminée à Rome, dimanche dernier, le 19 octobre

Depuis des siècles, l’Église ne cesse de présenter le projet de la famille chrétienne comme une bonne nouvelle. Mais aujourd’hui, l’idée même de la famille est en crise et le discours de l’Église l’est tout autant, il ne passe plus.

Voilà qui est au centre des préoccupations du synode des évêques, réunis à Rome du 5 au 19 octobre derniers.

La situation des familles lance un défi de taille à l’Église car il y va de la crédibilité de l’Évangile. Comment encore croire que le message de l’Église soit une bonne nouvelle quand 84% des catholiques ne comprennent plus la position de l’Église sur le nœud constitutif de la famille, à savoir le mariage ? Comment combler ce terrible fossé entre la vie concrète des familles catholiques et l’expression officielle de l’Église ? On ne peut plus se contenter d’un rappel des normes disciplinaires sur le mariage, le divorce, la contraception. Ce discours est d’un pessimisme et d’un moralisme décourageant qui ne peut, en aucun cas, remplir de joie les familles. Où est la bonne nouvelle de l’Église sur la famille ?

Avant de tenter d’y répondre, il est nécessaire de bien analyser et prendre acte de la situation des familles à notre époque. S’informer, prendre conscience, c’est le but de la première assemblée du synode, qui vient de se terminer, en attendant de prendre, l’an prochain, en octobre 2015, les décisions.

Quelques constats que tous nous pouvons faire autour de nous et, souvent, dans notre propre famille

Le nombre de mariage est en baisse, que ce soit à l’Église ou à la commune. La vie en couple, hors mariage, est devenue soit une étape préalable à un mariage, soit une situation définitive. Ainsi, nous constatons que la plupart des couples qui demandent le mariage, vivent ensemble depuis trois-quatre ans et souvent avec un enfant. On sait que 56% des enfants sont nés hors mariage.

Sur trois couples, mariés ou vivant ensemble, deux aboutissent à un divorce ou une séparation de fait. Et cela, la plupart du temps, soit après trois-quatre ans d’union, soit après 30-40 ans de vie commune. La durée n’est plus un facteur décisif, souvent au contraire.

Le nombre de familles, dites monoparentales, en est une des conséquences. 20% des enfants ont aujourd’hui un seul parent. Enfin, la législation de notre pays autorise le mariage pour les couples homosexuels, avec toutes les conséquences en termes d’adoption et donc de filiation.

Bref, la famille est devenue une réalité précaire, fragile et cependant toujours plus au top des valeurs estimées et revendiquées par nos contemporains.

Face à cette situation, il ne s’agit pas de changer la vision chrétienne de la famille et du mariage, mais de modifier le comportement et le discours de l’Église. C’est dans le concret, les situations vécues par les couples qu’il s’agit de manifester la sollicitude, la bonté, l’amour de Dieu.

Notre Dieu, celui de l’Évangile, n’est pas le Juge qui interdit et condamne, mais le Père qui se veut au plus près et accompagne avec douceur et patience.

Malgré les difficultés et les échecs, une très grande majorité de nos contemporains aspirent à réussir leur couple et leur famille, entendue comme communauté de vie de l’homme et de la femme avec leurs enfants.

La vision chrétienne de la famille peut intéresser toute personne, croyants et incroyants. Elle est un chemin de salut, qui permet à chacun de ne se croire ni seul, ni perdu.

Au commencement, Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie… Dieu façonna une femme et l’amena à l’homme… C’est pourquoi l’homme quitte son père et sa mère et s’attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair (Gn 2,18.23-24).

Ils s’engagent ainsi dans la fidélité et le respect de l’un à l’autre, en vue d’accueillir des enfants, de les éduquer et de les conduire à leur propre vocation.

Bien sûr, le chemin est ardu et étroit.

Mais plus qu’un idéal ou un modèle auquel il faudrait formater le couple et la famille, cette vision est un appel et une promesse que Dieu adresse à tout humain.

Abbé Marcel Villers

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