Le Christ ressuscité est le Bon Pasteur qui n’abandonne pas ses brebis à la mort !

2016-03-27 - Pâques - Theux - MV (84)

Homélie de l’abbé Marcel Villers
pour la messe du jour de Pâques,
dimanche 27 mars 2016, en l’Année de la Miséricorde

Ce matin-là, le tombeau est vide.
Depuis trois jours, le tombeau est vide.
Nous croyons que Jésus est ressuscité des morts le troisième jour.

Mais alors où était-il pendant ces trois jours ?

La réponse, nous la trouvons dans notre Credo : Il est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts.

Il est descendu aux enfers.

Il ne s’agit pas de l’enfer, imaginé comme le lieu de damnation éternelle, mais du monde souterrain où les morts étaient censés demeurer sans fin.
Le Christ n’est pas ressuscité du tombeau, car alors il aurait été un simple revenant.
Il est d’abord descendu dans le royaume des morts.

Pour y faire quoi ?

Pour détruire la mort, briser les portes des enfers, ces portes qui scellent à tout jamais le sort des morts, gisant dans l’ombre et les ténèbres. Observez le Christ représenté sur notre bannière de la Miséricorde. Il piétine les portes des enfers, ses deux battants sont comme écrasés par ses pieds marqués des stigmates de la crucifixion.

Car c’est bien le Crucifié qui est vainqueur. Entré dans le royaume des morts, c’est le premier homme qu’il va chercher, Adam et tous ceux qui demeurent dans les ténèbres de la mort.

Il vient les délivrer.

Compassion, miséricorde, voilà pourquoi Jésus est mort, voilà pourquoi il est descendu aux enfers pour en faire sortir l’humanité, prisonnière de la mort. Regardez l’image du Christ qui porte le vieil Adam sur ses épaules.

Les pieds foulant les portes de l’enfer, il prend son élan dans un mouvement d’élévation, d’ascension avec toute l’humanité sur le dos. Adam, tout homme, repose sur les épaules du Christ comme la brebis perdue sur celles du berger, du Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis et les sauve de l’ennemi.

J’ai vu, mardi, à l’aéroport de Zaventem, un soldat portant dans ses bras un blessé, image du Christ secourant la brebis perdue. Et combien d’autres, pompiers, secouristes.

Voilà de quoi il s’agit quand on parle de miséricorde. Comme le disait un enfant : La miséricorde, c’est tirer de la misère avec une corde.

Après être descendu dans les profondeurs de la mort pour en tirer la brebis perdue, le Christ remonte dans les hauteurs, nous emmenant avec lui dans les cieux. Il est le Bon Pasteur qui n’abandonne pas ses brebis à la mort. Un jour, nous aussi, le Christ nous relèvera, nous portera sur ses épaules pour nous élever jusqu’en sa demeure, la maison sur le seuil de laquelle notre Père nous attend.

Telle est notre espérance devant la mort.

Une des premières figures du Christ, que l’on trouve sur des sarcophages chrétiens, est celle du berger, tenant un bâton à la main et un agneau sur les épaules. Les premiers chrétiens de Rome proclamaient ainsi leur foi face à la mort.

Christ est le bon berger, celui qui connaît le chemin qui traverse les ravins de la mort. Il est celui qui marche avec moi sur la voie de la solitude ultime (Benoît XVI, Spe salvi, n°6). Il nous guidera dans ce passage étroit de la mort où nul ne peut nous accompagner.

Mais lui a déjà parcouru le chemin, il est descendu dans le royaume de la mort. Le Pasteur y est descendu pour annoncer aux brebis qui s’y trouvaient enfermées la joyeuse nouvelle de leur libération. Son apparition au milieu d’elles leur donnait la garantie qu’elles étaient appelées à une vie nouvelle (Basile de Séleucie).

C’est bien là le sens de notre foi en la résurrection.

Le Christ a vaincu la mort, il est ressuscité. Et il est le premier d’une multitude. Ainsi, le Christ n’a qu’un souci : amener tous les humains dans la bergerie, avec la même tendresse, la même miséricorde que le bon pasteur met à chercher la brebis égarée et la prend sur ses épaules.

Comme Adam, captif, entendons aujourd’hui les pas de Celui qui vient vers nous pour nous dire :

Lève-toi d’entre les morts.
Lève-toi et partons d’ici, car tu es en moi et moi en toi.
Levez-vous tous, partons d’ici.
Mon Père céleste attend la brebis perdue, la salle des noces est préparée.
Entrez avec moi sous les tentes éternelles (Épiphane, Homélie pour le Samedi Saint).

Joyeuses Pâques !

Abbé Marcel Villers

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