Être signe d’espérance pour tous, voilà notre mission !

Homélie de l’abbé Marcel Villers
pour le 1er dimanche de l’Avent (année B)

Mc 13, 33-37 – Theux, le 3 décembre 2017

Prenez garde, veillez : car vous ne savez pas quand viendra le moment.
Il peut arriver à l’improviste et vous trouver endormis.
Je le dis à tous : Veillez !

Veiller, chercher, attendre.

Voilà qui résume les attitudes qui conviennent en ce temps de l’Avent. Car l’Avent, c’est l’attente, la quête de l’étoile qui donne sens à la vie et sauve de l’absurde, de la souffrance et de la solitude.

Tel est le désir des mages, leur attente et leur quête : voir l’étoile. Celle qui signifie le salut, le Messie, le Sauveur. Celle du Verbe qui est la véritable lumière qui éclaire tout homme.

Les Mages sont des chercheurs, des hommes de sciences, versés en astronomie, qui scrutent le ciel en quête d’un signe, et vivent dans l’attente de voir l’étoile exceptionnelle.

C’étaient des hommes au cœur inquiet, qui ne se contentaient pas de ce qui paraît et est habituel. C’étaient des hommes à la recherche de Dieu. Et c’étaient des hommes attentifs, capables de percevoir les signes de Dieu, son langage discret et insistant (Benoît XVI).

Le langage de Dieu est constitué de ce que l’on a coutume de nommer les signes des temps. Ce sont ces événements, ces tendances de fond qui caractérisent notre époque, notre société. Ce ne sont plus les étoiles, ni le ciel qu’il faut scruter, mais le monde, les événements, l’histoire pour y lire, y reconnaître les signes que Dieu nous adresse.

Voir l’étoile, c’est aujourd’hui interpréter notre monde et y lire l’immense attente des hommes de notre temps, pour la répercuter et y chercher remède.

Il ne s’agit pas de dormir, mais de veiller, ouvrir les yeux sur notre monde. Comme les Mages, les chrétiens sont appelés à être des chercheurs, des interprètes de ce qui travaille notre société, ses aspérités et ses attentes.

Comme le veilleur, nous devons être des sentinelles de l’humain.

Je voudrais relever trois signes qui nous révèlent l’attente, la nôtre, celle de nos contemporains. Attente, désir d’autre chose, d’un autre monde, d’un salut. Du Messie ?

Nous nous réjouissons tous des grands progrès que nous connaissons aujourd’hui : prolifération des biens matériels et des loisirs, allongement de la vie, meilleure santé, droit de chacun à diriger sa vie comme il l’entend. Mais ces avantages certains ne se traduisent pas par un surcroît de bien-être intérieur. En témoignent les taux d’addiction aux anxiolytiques de toutes sortes, le stress, la morosité, la multiplication des psychothérapies comme des techniques de relaxation. Telle est la situation paradoxale dans laquelle nous nous trouvons : malgré des gains indéniables en termes de qualité de vie matérielle et de santé, le bonheur n’est pas au rendez-vous (Lipovetsky).

Quel bonheur cherchons-nous ? Où le trouver ?

La plupart d’entre nous le veulent tout de suite. Notre époque est impatiente : attendre devient impossible. Le slogan connu : Emportez maintenant, vous payerez demain est la traduction populaire et commerciale de cette disposition d’esprit (Cardinal Gotfried Danneels).

Du coup, nous ne pouvons plus vivre avec le temps. Téléphone mobile, courriel, agenda électronique, ordinateur portable. Tous ces instruments permettent de gagner du temps. Ou plutôt de supprimer le temps. Car, qui a encore le temps ? le temps d’attendre ? le temps de patienter ? N’est-ce pas perdre son temps que d’attendre ?

Y a-t-il encore place, de nos jours, pour l’attente, l’espérance ?

Troisième signe. En Belgique, près de 21% de la population, soit près de 2,5 millions de personnes, sont à la limite de la pauvreté ou de l’exclusion sociale. Alors, quand, comme ces personnes, on ne voit plus le soleil et qu’on manque de lumière, on déprime.

L’avenir paraît bouché. Les rêves sont morts. L’existence, un fardeau. Aucune étoile à l’horizon. Alors pourquoi marcher ? Pourquoi vivre ?

Ces hommes, ces femmes, ces enfants qui connaissent la nuit, c’est une étoile qu’ils guettent, une lumière pour orienter leurs pas, les conduire hors des ténèbres, leur rendre espoir.

L’étoile, l’espérance, la lumière qui donnent sens et joie de vivre, qui peut la transmettre à tous ceux qui gisent dans les ténèbres et le non-sens ?

L’Église et, en elle, chaque communauté, chaque fidèle, sont invités à rendre le service que l’étoile rendit aux Mages d’Orient : être signe d’espérance pour tous. N’est-ce pas le sens même de ce que l’on nomme la mission ?

Abbé Marcel Villers

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