2018 : nous fermer ou nous ouvrir ?

Réflexion de l’abbé Marcel Villers
Theux, le 31 décembre 2017

 Rendez grâce au Seigneur,
Souvenez-vous des merveilles qu’il a faites !

Rendre grâce et se souvenir, voilà à quoi nous invite le psaume de ce jour.

Cela tombe bien. Nous sommes à la veille du Nouvel-An.

Traditionnellement, c’est le temps des bilans et des vœux.

Je voudrais, à cette occasion, vous partager quelques réflexions en matière de bilan à propos de notre vie d’Église.

Il y a place aussi pour des souhaits, des vœux, car l’année qui s’ouvre ne vient pas de nulle part. Alors, que pouvons-nous en attendre ?

Jetons d’abord un regard sur l’année écoulée.

La décision majeure, prise par le CUP, est la réduction des messes à une par mois et par paroisse, sauf à Theux où une messe est dite chaque dimanche à 10h. Cela fait nettement apparaître l’église de Theux comme l’église-mère. Ce qu’elle est de fait puisqu’elle est la première paroisse créée, il y a plus ou moins 1200 ans (en 814 première mention de l’existence de la paroisse).

De cette paroisse primitive, sont issues, au fil des siècles, les chapelles, puis églises, puis paroisses que nous connaissons aujourd’hui. La dernière créée est celle de Juslenville, en 1888.

Sur cette histoire de nos églises et paroisses, vous trouverez, à la sortie de la messe, quelques exemplaires de la brochure que le Syndicat d’initiative de la Commune* a accepté de publier et qui est vendue dans leurs locaux. Voilà qui contribue à rendre présent notre patrimoine religieux dans l’espace culturel de notre commune.

Nous ne devons pas capituler, nous résigner à disparaître de l’espace public. Certains s’en chargent ; ils viennent de déposer une proposition de décret pour réduire le cours de religion à une branche facultative dans les écoles. Leur objectif est toujours le même depuis le XIXème siècle : réduire la religion à une affaire privée. Ne les oublions pas lors des prochaines élections.

Mais, surtout, ne leur donnons pas raison en laissant fermées nos églises. De ce fait, nous semblons réserver nos églises à notre seul usage et risquons ainsi d’en faire le local d’un club privé.

C’est dans ce cadre que doit être comprise la réduction du nombre de messes par dimanche, car cette décision doit aller de pair avec une ouverture de nos églises -même s’il n’y a pas de messe- et leur ouverture aussi en semaine.

Si l’on diminue le nombre de messes, ce n’est pas pour fermer des églises, mais pour regrouper davantage les fidèles afin d’obtenir des assemblées significatives. Que peuvent encore donner comme signe, comme message des petits groupes de 15-20 personnes, réunis le dimanche, sinon ceux d’une secte ?

Nous regrouper, nous rassembler davantage le dimanche, c’est une façon de manifester notre présence et c’est surtout une stratégie de résistance face à une disparition annoncée par certains et subie passivement par beaucoup.

Il y a, en effet, deux manières de résister : faire le gros dos ou se renouveler, se replier sur ses habitudes ou créer du neuf.

La première forme de résistance est celle du refus de modifier nos façons d’être et de s’organiser. Il faut maintenir nos traditions, elles sont constitutives de notre identité. Nous devons rester ce que nous sommes même si on ne nous comprend plus. Nos paroisses deviennent alors des îlots de contre-culture au sein d’une société dont nous nous éloignons et qui nous rend de moins en moins accessibles. Nous devenons ainsi des citoyens étranges, pour ne pas dire étrangers dans notre propre pays. Cela s’appelle aujourd’hui : communautarisme ou esprit de clocher.

L’autre forme de résistance est d’accepter que nous avons changé de monde, de culture, et qu’il faut nous y adapter pour y faire retentir l’Évangile comme un bonne nouvelle pour tous et non le drapeau d’un club. Il s’agit donc d’être créatifs, de changer nos habitudes, d’inventer de nouvelles formes de présence et de discours. Ce sont d’autres signes qu’il nous faut donner, comme se rassembler dans l’union des différences.

Mais ces rassemblements dominicaux doivent aller de pair avec de nouvelles propositions au niveau de chaque paroisse : pourquoi pas des assemblées sans prêtre, ou une messe en semaine, mais en tous cas, une ouverture de l’église à tous ceux qui cherchent aujourd’hui un lieu de prière et de recueillement.

Actuellement, trois églises, à ma connaissance, sont largement ouvertes : Theux, Oneux et, depuis cette année, Becco où le cahier à la disposition des visiteurs est rempli de remerciements pour cette ouverture à tous.

Bref, pour 2018, le choix est simple pour nos communautés paroissiales : se fermer ou s’ouvrir. Et cela à tous les niveaux dont l’accès à nos églises et la créativité locale seront des indicateurs clairs du mode de résistance choisie.

Gardez en mémoire le discours de Syméon à Marie : Cet enfant (pensons aussi : notre Église) sera un signe de contradiction. Ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur.

Ce sont nos actes qui nous jugeront : ouverture ou fermeture.

Alors : Bonne et surtout nouvelle année !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Abbé Marcel Villers

*Voici la couverture de ladite brochure, présentée dans cet article :

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Un commentaire pour 2018 : nous fermer ou nous ouvrir ?

  1. Jean-Albert DUMOULIN dit :

    En route pour ce nouveau défi et… Il y a aussi des personnes qualifiées chez  pour animer l’un ou l’autre groupe de lectio. Vous aviez pris une longueur d’avance au retour de ma formation Mess’Age!. Un feu à rallumer? En avant pour 2018 ! Jean Albert

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