Clés pour lire l’évangile de Marc : 34. Pur-impur

Clé pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire (parution le mercredi matin), nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc. Cette semaine : Mc 7, 1-23 du 22e dimanche du temps ordinaire.

34. Pur-impur

 Rien de ce qui est extérieur à l’homme ne peut le rendre impur, mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur. (Mc 7,15)

Jésus distingue deux types de souillure. La souillure externe concerne par exemple la nourriture : des mains ou des plats non lavés rendent impurs les aliments, par simple contact. La souillure éthique est d’ordre intérieur, relative aux intentions et a son siège dans le cœur de la personne. « C’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses. Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. » (7,21-23) Jésus substitue ainsi à la conception rituelle de la pureté celle de la pureté morale, favorisant l’intériorisation de la religion.

« C’est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments » (7,19) Telle est la conclusion tirée de cette discussion. Marc clôt ainsi un débat interne à l’Église primitive portant sur l’obligation de suivre les prescriptions alimentaires juives. L’enjeu est la communauté de table entre chrétiens issus du judaïsme et ceux venant du monde païen. La sentence de Jésus est claire : aucune nourriture, qu’elle soit interdite, non casher ou contaminée, n’est susceptible de rendre l’homme impur. Ainsi s’efface une des frontières entre Juifs et païens.

L’ouverture missionnaire

Par la remise en question des interdits alimentaires prescrits par la loi juive, et « qui auraient limité la mission chrétienne vers les païens, Jésus ouvrait, selon Marc, une voie qui justifie la tradition missionnaire ultérieure. Jésus a d’ailleurs annoncé que « l’évangile doit être proclamé à toutes les nations » (13,10). C’est en fonction de cette intention missionnaire que le Jésus de Marc prône le dépassement des règles de pureté liées à une société particulière, voire particulariste, qu’elles devraient protéger.

Grâce aux principes posés : tous les aliments sont purs ; c’est du cœur que vient le mal, Marc brise les barrières du particularisme et ouvre fondamentalement la porte vers un élargissement de la mission en direction des païens. » (Camille FOCANT, L’évangile selon Marc, 2011, p.274-276)

Abbé Marcel Villers

 

Cet article, publié dans Année liturgique, Clés pour lire l'évangile de Marc, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laissez-nous un commentaire !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.