Année Famille Amoris Laetitia n°9

La loi de gradualité

« Le mariage chrétien, reflet de l’union entre le Christ et son Église, se réalise pleinement dans l’union entre un homme et une femme, qui se donnent l’un à l’autre dans un amour exclusif et dans une fidélité libre…

D’autres formes d’union contredisent radicalement cet idéal, mais certaines le réalisent au moins en partie et par analogie. Les Pères synodaux ont affirmé que l’Église ne cesse de valoriser les éléments constructifs dans ces situations qui ne correspondent pas encore ou qui ne correspondent plus à son enseignement sur le mariage (AL, 292). Toutes ces situations doivent être affrontées d’une manière constructive, en cherchant à les transformer en occasions de cheminement vers la plénitude du mariage et de la famille à la lumière de l’Évangile. Il s’agit de les accueillir et de les accompagner avec patience et délicatesse » (AL, 294).

Le mariage et la famille sont des réalités naturelles (de l’ordre de la nature) tout autant que sociales et culturelles (la réalité sociale constituée par le mariage et la procréation manifeste ce passage de la nature à la culture qui se sédimente dans un système de parenté).

Le mariage et la famille sont donc aussi des faits historiques qui évoluent et prennent diverses formes dans le temps (l’histoire) et l’espace (les cultures).

Pour le chrétien, c’est une réalité voulue par Dieu dans l’ordre de la création et que Jésus est venu rappeler : « Au commencement, Dieu les fit homme et femme. À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais ils ne font qu’un. Donc ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Mc 10, 6-9).

Le mariage chrétien n’est pas un mariage « à côté » ou « en plus » ou d’un autre ordre que le mariage, disons « naturel », il lui donne un sens nouveau. On peut dire qu’il n’y a pas au sens strict un mariage et une famille chrétienne, mais plutôt une manière chrétienne de les vivre, une pratique chrétienne du mariage et de la famille dont l’amour est le trait essentiel.

Le texte Amoris laetitia exprime cette différence, le rapport entre diverses formes du mariage et de la famille, entre cultures et vision chrétienne, en utilisant des expressions comme : analogie, pierres d’attente, en proportion d’un idéal, une plénitude présentée comme une bonne nouvelle ou évangile.

« L’ordre de la rédemption illumine et réalise celui de la création. Le mariage naturel se comprend donc pleinement à la lumière de son accomplissement sacramentel : ce n’est qu’en fixant le regard sur le Christ que l’on connaît à fond la vérité sur les rapports humains (AL, 77). Jean-Paul II proposait ce qu’on appelle la « loi de gradualité », conscient que l’être humain connaît, aime et accomplit le bien moral en suivant les étapes d’une croissance. Ce n’est pas une « gradualité de la loi », mais une gradualité dans l’accomplissement prudent des actes libres de la part de sujets qui ne sont dans des conditions ni de comprendre, ni de valoriser ni d’observer pleinement les exigences objectives de la loi. En effet, la loi est aussi un don de Dieu qui indique le chemin (AL, 295).

Abbé Marcel Villers

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