Le couple, une galère ou une chance ?

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Altérité – réciprocité
Conjuguer manque et désir
Résister à la routine et à l’usure
Créer et vivre une intimité commune

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Une conférence de Suzanne Renier, responsable de Clés pour Aimer,
dans le cadre de l’Année Famille Amoris Laetitia,
organisée par le Service diocésain des Couples et des Familles

Mardi 3 mai à 20h à l’Espace Prémontrés
(Rue des Prémontrés 40 à 4000 Liège)

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Année Famille Amoris Laetitia n°12

Conclusions en quatre consignes,
plus une
 

1. Afin d’éviter toute interprétation déviante, je rappelle que d’aucune manière l’Église ne doit renoncer à proposer l’idéal complet du mariage, le projet de Dieu dans toute sa grandeur. Les jeunes baptisés doivent être encouragés à ne pas hésiter devant la richesse que le sacrement du mariage procure à leurs projets d’amour. 

2. Comprendre les situations exceptionnelles n’implique jamais d’occulter la lumière de l’idéal dans son intégralité ni de proposer moins que ce que Jésus offre à l’être humain. 

3. Aujourd’hui, plus important qu’une pastorale des échecs est l’effort pastoral pour consolider les mariages et prévenir ainsi les ruptures (AL, 307). 

4. Nous nous comportons fréquemment comme des contrôleurs de la grâce et non comme des facilitateurs. Mais l’Église n’est pas une douane, elle est la maison paternelle où il y a de la place pour chacun avec sa vie difficile (AL, 310). Jésus lui-même se présente comme le Pasteur de cent brebis, non pas de 99. Il les veut toutes (AL, 309).

En faisant appel à un discernement approprié aux diverses situations, le pape François va plus loin qu’en imposant une révolution doctrinale et sacramentelle, car il remet la doctrine et le sacrement à leur juste place : la doctrine n’est pas un étalon de valeur, mais un appel ; le sacrement n’est pas une récompense, mais un signe.

Ainsi, sans remettre en question l’indissolubilité du mariage chrétien, il rappelle qu’il s’agit d’un signe de l’amour de Dieu, un signe précieux et imparfait : « Il ne faut pas faire peser sur deux personnes la terrible charge d’avoir à reproduire de manière parfaite l’union qui existe entre le Christ et son Église » (§ 122). Une mise en garde contre une Église intransigeante qui se retranche derrière l’invocation de ses principes comme des mesures discriminantes.

Ce n’est pas parce qu’un amour est imparfait qu’il est faux. Ce n’est pas parce qu’un amour a échoué qu’il n’a pas existé. La grâce de Dieu est à l’œuvre dans les situations les plus imprévisibles et les plus imparfaites de l’existence. Seul un regard de foi permet de les affronter sans enfermer les personnes dans des destins de paria ou d’exclu qui les empêchent de se transformer. Fidèle à son style pastoral, le pape invite à « incarner » l’Évangile et à diffuser la « joie de l’amour » à tous ceux qui pourraient s’éloigner de l’Église du fait de leur situation dite « irrégulière » : « Personne ne peut être condamné pour toujours, parce que ce n’est pas la logique de l’Évangile !» (§ 297).

Abbé Marcel Villers

Année Famille Amoris Laetitia n°11

Les deux logiques

Intégration/exclusion

Deux logiques parcourent toute l’histoire de l’Église : exclure et réintégrer (…). La route de l’Église, depuis le Concile de Jérusalem, est toujours celle de Jésus : celle de la miséricorde et de l’intégration (…). La route de l’Église est celle de ne condamner personne éternellement ; de répandre la miséricorde de Dieu sur toutes les personnes qui la demandent d’un cœur sincère (AL, 296).

La logique de l’intégration est la clef de l’accompagnement pastoral (AL, 299)

Il s’agit d’intégrer tout le monde, on doit aider chacun à trouver sa propre manière de faire partie de la communauté ecclésiale, pour qu’il se sente objet d’une miséricorde « imméritée, inconditionnelle et gratuite » (AL, 297).

La logique de la miséricorde pastorale

Sans diminuer la valeur de l’idéal évangélique, il faut accompagner avec miséricorde et patience les étapes possibles de croissance des personnes qui se construisent jour après jour, ouvrant la voie à la miséricorde du Seigneur qui nous stimule à faire le bien qui est possible.

Je comprends ceux qui préfèrent une pastorale plus rigide qui ne prête à aucune confusion. Mais je crois sincèrement que Jésus-Christ veut une Église attentive au bien que l’Esprit répand au milieu de la fragilité.

Les Pasteurs, qui proposent aux fidèles l’idéal complet de l’Évangile et la doctrine de l’Église, doivent les aider aussi à assumer la logique de la compassion avec les personnes fragiles et à éviter les persécutions ou les jugements trop durs ou impatients.

L’Évangile lui-même nous demande de ne pas juger et de ne pas condamner (cf. Mt 7, 1 ; Lc 6, 37) (AL, 308).

Abbé Marcel Villers

Année Famille Amoris Laetitia n°10

Le discernement

Dans le cadre de la pastorale familiale, le discernement est le fait du pasteur appelé à prendre une décision en rapport avec la situation d’une famille, ou le fait d’un couple invité à se situer par rapport à une demande faite à l’Église, ou le plus souvent un travail en commun, pasteur et famille, notamment lors d’une négociation pastorale ou dans le cadre d’un accompagnement du couple.

Jugement et discernement

« Il faut éviter des jugements qui ne tiendraient pas compte de la complexité des diverses situations (AL, 296). Ainsi, les divorcés engagés dans une nouvelle union, peuvent se retrouver dans des situations très différentes, qui ne doivent pas être cataloguées ou enfermées dans des affirmations trop rigides sans laisser de place à un discernement personnel et pastoral approprié (AL, 298).

Leur participation peut s’exprimer dans divers services ecclésiaux : il convient donc de discerner quelles sont, parmi les diverses formes d’exclusion actuellement pratiquées dans les domaines liturgique, pastoral, éducatif et institutionnel, celles qui peuvent être dépassées » (AL, 299).

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