Année Famille Amoris Laetitia n°11

Les deux logiques

Intégration/exclusion

Deux logiques parcourent toute l’histoire de l’Église : exclure et réintégrer (…). La route de l’Église, depuis le Concile de Jérusalem, est toujours celle de Jésus : celle de la miséricorde et de l’intégration (…). La route de l’Église est celle de ne condamner personne éternellement ; de répandre la miséricorde de Dieu sur toutes les personnes qui la demandent d’un cœur sincère (AL, 296).

La logique de l’intégration est la clef de l’accompagnement pastoral (AL, 299)

Il s’agit d’intégrer tout le monde, on doit aider chacun à trouver sa propre manière de faire partie de la communauté ecclésiale, pour qu’il se sente objet d’une miséricorde « imméritée, inconditionnelle et gratuite » (AL, 297).

La logique de la miséricorde pastorale

Sans diminuer la valeur de l’idéal évangélique, il faut accompagner avec miséricorde et patience les étapes possibles de croissance des personnes qui se construisent jour après jour, ouvrant la voie à la miséricorde du Seigneur qui nous stimule à faire le bien qui est possible.

Je comprends ceux qui préfèrent une pastorale plus rigide qui ne prête à aucune confusion. Mais je crois sincèrement que Jésus-Christ veut une Église attentive au bien que l’Esprit répand au milieu de la fragilité.

Les Pasteurs, qui proposent aux fidèles l’idéal complet de l’Évangile et la doctrine de l’Église, doivent les aider aussi à assumer la logique de la compassion avec les personnes fragiles et à éviter les persécutions ou les jugements trop durs ou impatients.

L’Évangile lui-même nous demande de ne pas juger et de ne pas condamner (cf. Mt 7, 1 ; Lc 6, 37) (AL, 308).

Abbé Marcel Villers

Année Famille Amoris Laetitia n°10

Le discernement

Dans le cadre de la pastorale familiale, le discernement est le fait du pasteur appelé à prendre une décision en rapport avec la situation d’une famille, ou le fait d’un couple invité à se situer par rapport à une demande faite à l’Église, ou le plus souvent un travail en commun, pasteur et famille, notamment lors d’une négociation pastorale ou dans le cadre d’un accompagnement du couple.

Jugement et discernement

« Il faut éviter des jugements qui ne tiendraient pas compte de la complexité des diverses situations (AL, 296). Ainsi, les divorcés engagés dans une nouvelle union, peuvent se retrouver dans des situations très différentes, qui ne doivent pas être cataloguées ou enfermées dans des affirmations trop rigides sans laisser de place à un discernement personnel et pastoral approprié (AL, 298).

Leur participation peut s’exprimer dans divers services ecclésiaux : il convient donc de discerner quelles sont, parmi les diverses formes d’exclusion actuellement pratiquées dans les domaines liturgique, pastoral, éducatif et institutionnel, celles qui peuvent être dépassées » (AL, 299).

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Année Famille Amoris Laetitia n°9

La loi de gradualité

« Le mariage chrétien, reflet de l’union entre le Christ et son Église, se réalise pleinement dans l’union entre un homme et une femme, qui se donnent l’un à l’autre dans un amour exclusif et dans une fidélité libre…

D’autres formes d’union contredisent radicalement cet idéal, mais certaines le réalisent au moins en partie et par analogie. Les Pères synodaux ont affirmé que l’Église ne cesse de valoriser les éléments constructifs dans ces situations qui ne correspondent pas encore ou qui ne correspondent plus à son enseignement sur le mariage (AL, 292). Toutes ces situations doivent être affrontées d’une manière constructive, en cherchant à les transformer en occasions de cheminement vers la plénitude du mariage et de la famille à la lumière de l’Évangile. Il s’agit de les accueillir et de les accompagner avec patience et délicatesse » (AL, 294).

Le mariage et la famille sont des réalités naturelles (de l’ordre de la nature) tout autant que sociales et culturelles (la réalité sociale constituée par le mariage et la procréation manifeste ce passage de la nature à la culture qui se sédimente dans un système de parenté).

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Année Famille Amoris Laetitia n°8

La pastorale familiale
à mettre en œuvre (suite et fin)

Dans le contexte culturel d’aujourd’hui, face aux défis pour la vision chrétienne de la famille, le Pape énonce les grands axes d’une pastorale familiale nouvelle. Il identifie sept situations délicates et indique comment y répondre. 

  1. Il faut reconnaître qu’il y a des cas où la séparation est inévitable. Parfois, elle peut devenir moralement nécessaire, lorsque justement, il s’agit de soustraire le conjoint le plus faible, ou les enfants en bas âge, aux blessures les plus graves causées par l’abus et par la violence, par l’avilissement et par l’exploitation… (AL, 241) Un discernement particulier est indispensable pour accompagner pastoralement les personnes séparées, divorcées ou abandonnées. La souffrance de ceux qui ont subi injustement la séparation, le divorce ou l’abandon doit être accueillie. D’où la nécessité d’une pastorale de la réconciliation et de la médiation, notamment à travers des centres d’écoute spécialisés qu’il faut organiser dans les diocèses (AL, 242).

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