SOURCES : 136. LIVRER SA VIE

SOURCES

Au long de ce temps pascal, nous sommes unis dans l’espérance et l’accueil d’un pape encourageant la joie d’être chrétien et de la communiquer. Occasion de relire et méditer quelques extraits significatifs de la première exhortation du pape François (1936-2025) : La joie de l’Évangile (24/11/2013).

Livrer sa vie, tel est le sens de la mission

« Il nous est proposé de vivre à un niveau supérieur et pas pour autant avec une intensité moindre.
La vie augmente quand elle est donnée
et elle s’affaiblit dans l’isolement et l’aisance.

De fait, ceux qui tirent le plus profit de la vie
sont ceux qui mettent la sécurité de côté
et se passionnent pour la mission de communiquer la vie aux autres.

Nous découvrons ainsi une autre loi profonde de la réalité :
que la vie s’obtient et se mûrit dans la mesure
où elle est livrée pour donner la vie aux autres.

C’est cela finalement la mission.
que le monde de notre temps qui cherche,
tantôt dans l’angoisse, tantôt dans l’espérance,
puisse recevoir la Bonne Nouvelle,
non d’évangélisateurs tristes et découragés,
impatients ou anxieux,
mais de ministres de l’Évangile
dont la vie rayonne de ferveur,
qui ont les premiers reçus en eux
la joie du Christ. »

Pape François, Evangelii gaudium, n° 10.

CLÉS POUR LIRE JEAN : 27. GARDEZ LA PAROLE

Clés pour lire l’évangile de Jean

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Jean. Au terme de sa vie, Jésus annonce à ses disciples la venue de l’Esprit-Saint :  Jn 14, 23-29.

Gardez la Parole
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole. (Jn 14, 23)

C’est la Parole de Jésus, son Évangile, que nous avons reçu en dépôt. Lui, absent, que devons-nous en faire ?
Si quelqu’un m’aime, nous répond Jésus, il gardera ma Parole.
Cela veut dire non pas la conserver « au frigo », ni la consommer, mais lui faire porter du fruit, la développer, faire surgir toutes ses potentialités. Mettre à profit l’absence du Maître, c’est faire éclater les richesses nouvelles de sa Parole. Bref, être créatif.
La fidélité n’est pas dans la répétition, mais dans la fécondité. Voilà pourquoi le Père nous envoie l’Esprit-Saint.
L’Esprit-Saint, dit Jésus, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.  Fidélité à Jésus, à sa Parole. Oui, mais on n’est pas chrétien aujourd’hui comme hier.
Toujours, il faut sortir du neuf de l’Évangile afin de répondre aux besoins des temps nouveaux.
C’est l’œuvre de l’Esprit- Saint qui fait de nous des fidèles, non de la lettre, mais de l’esprit de Jésus. Cela grâce à l’amour. Car si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole.

L’absence
Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais…je pars vers le Père.
C’est bien la première expérience que nous avons de Jésus : son absence.
Celui que nous aimons, celui en qui nous croyons, celui qui donne sens à notre vie, celui-là, il est pour nous d’abord un absent. Et plus nous l’aimons, plus nous ressentons douloureusement son absence.
Thérèse de Lisieux parle de « nuit » pour traduire la détresse qui l’habite au cours des dix-huit mois qui précèdent sa mort. Mère Teresa, la sainte de Calcutta, a passé la plus grande partie de sa vie dans l’obscurité de la foi. Dans des lettres, elle évoque « le tunnel », les « tortures de la solitude », « la terrible obscurité en moi, comme si tout était mort. »
N’est-ce pas la situation normale du chrétien, celle qu’évoque de nombreuses paraboles de Jésus : le Maître est parti. Jésus est d’abord celui qui nous échappe, celui qui reste l’insaisissable. Sans cela, y aurait-il place pour la foi ? Nous prions Jésus avec ferveur, mais cela ne fait qu’augmenter le désir de sa présence.

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 135. COMMUNIQUER L’ESPÉRANCE

SOURCES 

Au long de ce temps pascal, nous sommes unis dans l’espérance et l’accueil d’un pape encourageant la joie d’être chrétien et de la communiquer. Occasion de relire et méditer quelques extraits significatifs de la première exhortation du pape François : La joie de l’Évangile (24/11/2013).

Communiquer l’espérance

« Nous sommes tous appelés à grandir comme évangélisateurs.
En même temps employons nous à une meilleure formation,
à un approfondissement de notre amour
et à un témoignage plus clair de l’Évangile.

En ce sens, nous devons tous accepter
que les autres nous évangélisent constamment ;
mais cela ne signifie pas que nous devons renoncer
à la mission d’évangélisation,
mais plutôt que nous devons trouver le mode de communiquer Jésus
qui corresponde à la situation dans laquelle nous nous trouvons.

Dans tous les cas, nous sommes tous appelés
à offrir aux autres le témoignage explicite
de l’amour salvifique du Seigneur
qui, bien au-delà de nos imperfections, nous donne sa proximité,
sa Parole, sa force et donne sens à notre vie.    

Ton cœur sait que la vie n’est pas la même sans lui,
alors ce que tu as découvert, ce qui t’aide à vivre
et te donne espérance,
c’est cela que tu dois communiquer aux autres. »

Pape François, Evangelii gaudium, n° 121.

CLÉS POUR LIRE JEAN : 26. UN NOUVEAU COMMANDEMENT

Clés pour lire l’évangile de Jean

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Jean. Alleluia! Il est ressuscité ! La source et le moteur de cette vie nouvelle : l’amour. Jn 13,31-35.

Je vous donne un commandement nouveau.
Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous. (Jn 13,34)

« Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. » Ce que Jésus dit, c’est qu’aimer est de l’ordre d’un engagement et d’une obéissance. Qu’il s’agisse de son conjoint, de ses amis, de ses frères et sœurs dans la communauté chrétienne, de ses prochains ou lointains dans la société. L’amour dont parle Jésus s’inscrit dans la durée.
Cet amour, s’il peut naître d’un élan qui attire vers l’autre, a sa source dans un acte de volonté. Aimer, c’est d’abord vouloir aimer. Cet amour est ainsi fait de confiance et de fidélité.

Mais n’est-ce pas trop demander aux être faibles et fragiles que nous sommes ? Sommes-nous capables d’aimer ainsi, « pour le meilleur et pour le pire »?
Oui, car si Jésus nous donne ce commandement de nous aimer les uns les autres, il en donne aussi la raison ou la ressource :
« Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. »
C’est parce que nous sommes déjà aimés, que nous sommes capables à notre tour d’aimer.
L’amour n’est pas le résultat d’une loi, d’un commandement qui écrase, mais une réponse.
Réponse volontaire à un amour, celui de Jésus, qui toujours nous précède.
Parce que « je vous ai aimés, aimez-vous. »

Abbé Marcel Villers