SOURCES : 101. RÉVEILLE TA FOI

      Réveille ta foi !

« Il faut croire et réveiller sa foi.
Nous avons tort de nous troubler.

Comme le Christ dormait dans la barque,
Les disciples étaient troublés.
Les vents étaient furieux,
les flots se déchaînaient,
Et la barque s’emplissait.

Pourquoi leur inquiétude ?
Parce que Jésus dormait.

Ainsi toi,
quand soufflent les tempêtes des tentations,
ton coeur se trouble.
C’est que ta foi s’est endormie.
Ainsi l’apôtre Paul dit que par la foi
le Christ habite dans nos cœurs.

Réveille donc le Christ dans ton cœur.
Que ta foi veille !
Sois apaisé, ta barque sera sauvée !

Souviens-toi que celui qui a promis ne trompe pas.
Il ne le fait pas encore voir
parce que ce n’est pas le moment.
Mais déjà il en fait voir beaucoup. »

Saint Augustin, Sermons, 38,10.

AUGUSTIN D’HIPPONE (354-430), converti au christianisme par saint Ambroise de Milan, retourne en Afrique du Nord et y devient prêtre, puis évêque d’Hipppone. Il a composé une œuvre immense de théologien comme de prédicateur. Il eut une influence prépondérante dans la pensée chrétienne occidentale.

CLÉS POUR LIRE MARC : 42. QUI SUIS-JE ?

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc. Cette semaine : Mc 8, 27-35 du 24e dimanche du temps ordinaire.

Qui suis-je ?
 Il leur défendit vivement de parler de lui à personne (Mc 8,30)

Nous voilà au moment d’une première conclusion des disciples au sujet de l’identité de Jésus. Nous sommes presque exactement au centre du récit de Marc. En contraste avec les gens pour qui Jésus est à classer dans la catégorie des précurseurs du Messie : Jean-Baptiste, Élie, Pierre confesse : « Tu es le Christ » (8,29), c’est-à-dire le Messie attendu.

Mais confession ambiguë car Pierre ne peut supporter la perspective de la souffrance et de la mort qui attendent Jésus. Pour lui, c’est incompatible avec sa conception du Messie. « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes » (8,33). On comprend alors que Jésus « leur défendit vivement de parler de lui à personne » (8,30). Les disciples, comme les lecteurs de l’évangile de Marc, ont atteint un premier sommet, il leur reste à franchir l’étape suivante et reconnaître que « le Fils de l’homme doit beaucoup souffrir » (8,31).

Élie
Premier prophète en Israël, vers 853 avant J.-C., Élie est surtout connu par les livres des Rois (1 R 17-19 ; 21 et 2 R 1-2,18). Selon Marc, les contemporains de Jésus voyaient en lui, Élie revenu sur terre (Mc 6,15 ; 8, 28). C’est que ce dernier avait aussi opéré des œuvres de puissance : sur sa parole, une veuve avait pu se nourrir durant tout l’hiver, elle et son fils, grâce à une seule poignée de farine et un peu d’huile. De plus, lorsque le fils de cette veuve était mort, Élie l’avait réanimé. Jésus ayant partagé les pains et réanimé la fille de Jaïre, pouvait faire penser à Élie. D’autant plus que celui-ci fut enlevé au ciel et que tous à cette époque attendaient son retour selon la prophétie de Malachie : « Voici que je vais vous envoyer Élie le prophète, avant que n’arrive le jour de Yahvé, grand et redoutable » (Ml 3,23) (Philippe BACQ, Un goût d’Évangile, 2006, p.133). Ainsi, il était de coutume de mettre un couvert de plus sur la table du repas pascal pour Élie qui devait revenir la nuit de Pâque, précédant de peu le Messie.

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 100. DIRE ET ÊTRE

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité.  Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.  Chaque jeudi, vous est proposé un texte à lire, méditer, prier.

Abbé Marcel Villers

100. DIRE ET ÊTRE

« Mieux vaut être chrétien sans le dire
que le dire sans l’être.

C’est très bien d’enseigner
si l’on pratique ce que l’on dit.
Car notre seul Maître a parlé
et tout a été fait.
Et même ce qu’il fait sans parler
est bien digne du Père !

Celui qui connaît véritablement la parole de Jésus
l’entend même quand il se tait.

Rien n’échappe au Seigneur,
même nos secrets les plus familiers.
Agissons donc en toutes choses
sachant qu’il habite en nous.
Et nous serons son temple
et lui sera en nous notre Dieu. »

Ignace d’Antioche, Lettre aux Éphésiens, 15

SAINT IGNACE D’ANTIOCHE, né vers 35, dans la province de Syrie et mort à Rome en martyr, probablement en 107 ou 113. Il fut le troisième évêque d’Antioche, troisième ville de l’empire après Rome et Alexandrie, comptant environ 500 000 habitants. Ignace fut arrêté par les autorités et transféré à Rome pour être mis à mort dans l’arène, pendant la persécution de Trajan. Sur le chemin qui l’amenait à la mort, il rencontra de nombreuses communautés auxquelles il écrivit des lettres, ainsi aux chrétiens d’Éphèse.

CLÉS POUR LIRE MARC : 41. EFFATA !

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc. Cette semaine : Mc 7, 31-37 du 23e dimanche du temps ordinaire.

Effata !
Ses oreilles s’ouvrirent ; sa langue se délia, et il parlait correctement. (Mc 7,35)

Voilà une définition concrète de ce qu’est un disciple de Jésus : une oreille ouverte, à l’écoute et une langue déliée qui proclame la Bonne Nouvelle. Bref, un communiquant.
Les disciples ont besoin d’être guéris de ce double handicap, eux qui s’interrogent à propos de Jésus, ne comprennent pas ses actes et son enseignement. Il leur faut retrouver une oreille attentive à la parole du Christ et l’audace d’un parler franc et clair.
Et nous ? Les comprenons-nous mieux ? Agissons-nous en conséquence ? Nous avons, dans les temps qui sont les nôtres, à restaurer notre capacité d’écoute de la Parole de Dieu et à chercher des canaux nouveaux de communication, de transmission de l’Évangile.

Une citation composée
Les évangiles appuient leur interprétation de Jésus et de sa mission par des citations de l’Ancien Testament qui visent à manifester la continuité du projet de Dieu dont Jésus accomplit les promesses et donne les signes. « Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets. » (7,37) Cette parole prononcée par la foule païenne, témoin de la guérison du sourd-bègue, renvoie à deux passages de l’Ancien Testament combinés en une seule phrase.
– « Il a bien fait toutes choses » évoque un passage de la Genèse : « Dieu vit toutes les choses qu’il avait faites ; et voici, elles étaient très bonnes. » (Gn 1,31 selon la version grecque des LXX) Jésus restaure l’homme dans l’intégrité voulue par Dieu dès l’origine.
– « Voici votre Dieu… Il vient lui-même vous sauver. Alors les yeux des aveugles verront. Et les oreilles des sourds s’ouvriront. Alors le boiteux bondira comme un cerf. Et la bouche du muet criera de joie. » (Is 35,4-6) Jésus accomplit les promesses de délivrance de toutes les infirmités, signes donnés pour reconnaître le Messie à son action.

Abbé Marcel Villers