SOURCES : 88. QU’EST-CE QUE L’HOMME ?

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité.  Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.  Chaque jeudi, vous est proposé un texte à lire, méditer, prier.

Abbé Marcel Villers

QU’EST-CE QUE L’HOMME ?

L’homme est limite, frontière entre le visible et l’invisible, le charnel et le spirituel, dans une situation d’incarnation, comme un médiateur entre la création et le Créateur.

« Le Grand Architecte de l’univers conçut et réalisa
un être doué des deux natures, la visible et l’invisible.
Dieu créa l’homme
tirant son corps de la matière préexistante
qu’il anima de son propre Esprit.
Dieu le plaça sur la terre, […] cet adorateur mêlé,
pour contempler la nature visible, être initié à l’invisible,
régner sur les créatures de la terre, obéir aux ordres d’en haut,
réalité à la fois terrestre et céleste, instable et immortelle,
visible et invisible, tenant le milieu entre la grandeur et le néant,
à la fois chair et esprit […] ;
animal en route vers une autre patrie
et, comble du mystère, rendu semblable à Dieu
par un simple acquiescement à la volonté divine. »

Grégoire de Nazianze, Discours 45, Pour la Pâque,

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GRÉGOIRE DE NAZIANZE (330-390), le plus profond des Pères grecs. Il appartient au monde des grands propriétaires terriens de Cappadoce. Son père, évêque de Nazianze, l’ordonne prêtre. Saint Basile sacre Grégoire évêque de Sasime, un relais de caravanes, puis il succède à son père sur le siège de Nazianze. Défenseur du dogme de la Trinité, il est proclamé archevêque de Constantinople où triomphe sa théologie au IIe concile œcuménique.

CLÉS POUR LIRE MARC : 29. LA SEMENCE ET LE REGNE

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc. Cette semaine : Mc 4,26-34 du 11e dimanche du temps ordinaire.

La semence et le Règne de Dieu
La semence germe et grandit, il ne sait comment. (Mc 4,27)

A l’époque de Jésus, le Règne de Dieu est l’objet d’une attente ardente et passionnée. L’attente se fait impatience surtout dans la situation d’occupation et de répression que les Romains font subir au peuple de Dieu. Qu’il vienne ce jour où Dieu détruira les impies et les malfaisants, mettra fin aux souffrances, aux maladies et aux injustices ! Alors le Règne de Dieu sera établi sur la terre comme au ciel.
Ce Règne de Dieu, Jésus en proclame la venue. Mais pourquoi aucune des attentes ne se réalise-t-elle ? Pourquoi rien ne change ? Où est le triomphe de Dieu sur les ennemis ? Jésus, est-il bien celui qu’il prétend être ? Où est « son » Règne de Dieu ?

Ces questions sont aussi celles des premiers chrétiens au temps où Marc rédige son évangile. Quand Jésus va-t-il revenir et installer le Règne de Dieu ? Les paraboles répondent : il vient, non de manière tonitruante, mais comme la semence qui grandit imperceptiblement et deviendra un arbre immense.
Ayez foi ! Confiance !

Le genre « parabole »
Les paraboles sont toujours adressées par Jésus à un ou plusieurs interlocuteurs qui ne partagent pas sa façon de voir et d’agir. Dans ces conditions, plutôt que d’entamer une discussion qui tournera immanquablement en polémique et aboutira à transformer la différence de points de vue en opposition, Jésus raconte une histoire qui semble sans rapport avec la question en débat. Tous écoutent et se laissent prendre par le récit qui se termine le plus souvent par une question ou une énigme posée aux interlocuteurs : « A quoi comparer le Règne de Dieu ? » (Mc 4,30) En répondant à la question, les auditeurs de Jésus, sans s’en rendre compte, adoptent son point de vue. La parabole est donc un moyen pour poursuivre le dialogue et un instrument de persuasion.

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 87. MON ESPÉRANCE

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité.  Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.  Chaque jeudi, vous est proposé un texte à lire, méditer, prier.

LE SEIGNEUR EST MON ESPÉRANCE

« Comme goutte le miel du rayon des abeilles,
comme coule le lait de la femme qui aime ses enfants,
ainsi est mon espoir en toi, mon Dieu.
Comme la source déborde de ses eaux,
ainsi mon cœur déborde de la louange du Seigneur.

Mes lèvres font retentir pour lui la louange.
Ma langue est douce dans ses répons,
mes membres s’enrichissent de la douceur de ses chants.
Mon visage exulte dans son allégresse
et mon esprit dans son amour,
mon âme est rayonnante en lui.

La peur devient confiance en lui,
le salut devient en lui assurance.
Ce qu’il donne est la vie éternelle
et ceux qui y ont part ne disparaîtront jamais.
Alleluia !

(Odes de Salomon, 40)

 

Les ODES DE SALOMON sont un recueil de 42 hymnes, témoins de la liturgie et de la prière l’Église syrienne au début du IIe siècle. On les situe dans la grande tradition johannique.

CLÉS POUR LIRE MARC : 28. Il A PERDU LA TÊTE

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadair, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc. Cette semaine : Mc 3,20-35 du 10e dimanche du temps ordinaire.

Il EST POSSÉDÉ
Personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, s’il ne l’a d’abord ligoté (Mc 3,27)

Jésus imagine sa mission comme un combat contre Satan, l’adversaire par excellence. Ennemi de Dieu et ennemi des hommes dont il a fait ses « biens ».  En effet, selon la parabole que raconte Jésus (3, 24-27), Satan est cet « homme fort » qui a fait des êtres humains sa propriété et qu’il retient dans sa maison. Jésus est venu pour vaincre cet « homme fort », Satan qui règne sur le monde. Jésus se sait plus fort que « l’homme fort » et capable de le « ligoter » et « piller sa maison », libérant ainsi les humains de la domination de l’Adversaire.

Voilà la Bonne Nouvelle, Dieu veut un homme libre devant lui et non un esclave. Jésus est venu pour mettre en œuvre ce projet de délivrance de tout ce qui nous entrave. Tous ces liens qui asservissent l’homme, la Bible les appelle : idoles ou démons.
Cette œuvre de libération, aujourd’hui comme hier, provoque paradoxalement le plus souvent méfiance, suspicion et même opposition. « Il a perdu la tête », dit-on de Jésus ; « il est possédé » ; il faut le ramener à la maison, pensent sa mère et ses frères.

Béelzéboul, Satan, les démons
Béelzéboul rend, en français, le terme hébreu Ba`al Zeboul, nom d’un dieu cananéen, appelé par dérision Ba`al Zeboub qu’on peut traduire par « le Seigneur des mouches » (2 R 1,2).
Satan vient de l’hébreu et signifie : adversaire, ennemi. A l’origine, ce terme désigne l’adversaire dans une guerre ou un procès. Il est traduit en grec par « diabolos » : diviseur, calomniateur. Satan est le provocateur qui incite les hommes au péché. Des influences iraniennes le font considérer comme un ange déchu et chef personnel de l’empire du mal. Il devient alors progressivement une puissance autonome et maléfique, à côté de laquelle surgissent les démons chargés de tourmenter l’homme.
Le mot « démon » est repris du grec et désigne un être doté de pouvoirs surhumains et donc apparentés à ceux des divinités. Considérés comme descendants d’anges déchus, ennemis de Dieu, ils sont fauteurs de maladies et de possession. (Dictionnaire illustré de la Bible, 1990)

Abbé Marcel Villers