Apprivoiser l’irréparé – 12 avril 2025

Il y a une fissure,
une fissure dans tout.
Comme ça, la lumière peut entrer.
                                          Leonard Cohen


Le samedi 12 avril 2025

de 9h30 à 16h30 au monastère de Wavreumont

Apprivoiser l’irréparé
avec Caroline VALENTINY, psychologue et écrivaine

 

« Notre vie à toutes et tous est traversée de failles, de lézardes, de coins d’ombre. Ces fissures font partie de notre carte intime, de notre géographie intérieure. Elles nous poussent à avancer, à nous dépasser, nous hantent aussi parfois, nous écrasent, nous font honte. Que faisons-nous de ces parts de nos histoires qui nous oppressent ou nous font grincer des dents ? Faut-il les cacher, les hurler, les chanter, les taire, les écrire ? Comment les transformer en espaces vivants qui ont quelque chose à nous dire, sans nier la souffrance qui les a façonnés ? Peut-on apprivoiser nos fêlures ? »

Caroline Valentiny

Nous nous proposons de brasser « tout ça » au travers d’une rencontre qui alliera partage d’expériences (dont la sienne racontée dans un récit bouleversant Voyage au bord du vide), réflexion plus large sur nos chemins de résilience et démarche rituelle.

Journée organisée par l’équipe de coordination des journées « spirituelles » : fr Hubert, Marie-Claire Albert, Chantal Camus, Lara Lorenzi, Marie-Pierre Polis.

PAF : 30€,  animation, café et repas chaud compris

Inscription : tél. 080 28 03 71 ou accueil@wavreumont.be

SOURCES : 128. DÉSENSABLER

SOURCES

Au long de cette Année sainte, nous sommes invités à approfondir notre foi, fondement de notre espérance en la Vie promise par le Christ. Le carême est un temps favorable pour puiser aux sources et renouveler notre vie chrétienne. Fructueux carême !

                      Désensabler

« Dieu n’a pas créé la mort,
il n’a pas créé le mal
mais il a laissé en tout la liberté
à l’homme comme à l’ange.
Ainsi, par la liberté,
les uns s’élèvent jusqu’au sommet du bien,
les autres se précipitent dans l’abîme du mal.

Mais, toi, homme, pourquoi refuses-tu ta liberté ?
Pourquoi ce déplaisir à t’efforcer,
à peiner, à lutter et à devenir l’artisan de ton salut ?

Aimerais-tu mieux, peut-être, te reposer
dans le sommeil d’une existence paresseuse
et d’un éternel bien-être ?

Mon Père, est-il dit, est continuellement à l’œuvre (Jn 5,17).
Et il te déplaît d’œuvrer
à toi qui as été créé pour créer positivement. »
(Origène, Première homélie sur Ézéchiel, 3.)

L’ascèse est éveil hors du somnambulisme quotidien. Elle permet au Verbe de désensabler au fond de l’âme la source des eaux vives.

ORIGÈNE (185-254) reçoit une solide formation biblique et théologique à Alexandrie où il va exercer une fonction d’enseignement à l’École catéchétique. Suspecté d’enseigner des doctrines aventurées par l’évêque, il est interdit à Alexandrie. Il poursuit son enseignement en Palestine et Syrie. Il meurt martyr à Tyr.

CLÉS POUR LIRE LUC : 19. LE PRODIGUE

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Luc. Cette semaine, Lc 15,1-3.11-32 du 4ème dimanche du carême.

Le Père prodigue
Mon fils était mort et il est revenu à la vie. Et ils commencèrent à festoyer. (Lc 15,24)

« Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. » (15, 20) Quel retournement dans notre conception de Dieu ! Dieu nous aime assez pour nous attendre tous les jours sur la route de notre vie. Le premier, il sort de la maison pour venir au-devant de l’homme. Dieu ne veut pas l’humiliation du pécheur. Pas de discours moralisateur, ni d’examen de conscience. « Il le couvrit de baisers. » (15,20) Et « vite », le fils retrouve tous ses privilèges et partage à nouveau la table familiale avec son père.
C’est ce que ne peut supporter le fils aîné. Comme les pharisiens et les scribes sont scandalisés (15,1-2) par Jésus qui s’invite chez les pécheurs, partage leur table sans exiger d’eux ni aveu ni pénitence. Le fils aîné n’a pas tort à l’intérieur de sa logique, mais ce qui lui échappe, c’est le cœur de son père. « Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était perdu et il est retrouvé. » (15,32)

L’interdit du porc
« Les porcs étaient élevés dans tout le bassin méditerranéen depuis la plus haute Antiquité. Le cochon est une bête qui inspire le dégoût. Les Égyptiens avaient une sainte horreur de cet animal (Hérodote 2,47). Dans la Bible, le porc est toujours objet de répulsion (Lv 11,7-8 ; Is 66,3) car il n’est permis de manger que “tout animal qui a la corne divisée et le pied fourchu, et qui rumine” (Lv 11, 3). Or, le porc ne rumine pas. Pour un juif, manger du porc, c’est renier la foi d’Israël (2 M 6,18). Certes, les récits des évangiles (Mc 5,11 ; Lc 15,15) indiquent que des troupeaux de porcs étaient élevés dans les régions avoisinant la Palestine à l’époque hellénistique et romaine ; mais le fait que les esprits impurs sont évacués des hommes par l’intermédiaire des cochons montrent bien ce qu’on ressentait à l’égard de ces animaux. » (André CHOURAQUI, Dictionnaire de la Bible et des religions du livre, 1985) On sait que les musulmans ne consomment pas non plus le porc suite à deux versets du Coran (Al-Ma’ida 3 ; Al-Baqara 173).

Abbé Marcel Villers

ART ET FOI. ÉGLISE DE THEUX. 6. SAINT SERVAIS

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

 

SERVAIS (IVe s.)
Premier évêque de Tongres (342/343-359).
Il est aussi le premier évêque, attesté historiquement, résidant dans ce qui est aujourd’hui la Belgique.
Fêté le 13 mai.
Il est le troisième des saints de glace, invoqués par les agriculteurs pour chasser le gel

 

Attributs
Crosse, mitre, chape de l’évêque.
Il tient deux clés dans la main gauche.
Ces clés rappellent celles de saint Pierre qui, selon la tradition des églises de Maastricht et de Liège, fit don à Servais, soit directement au cours d’une apparition, soit via le pape, d’une clé où l’on mettait un peu de limaille des chaînes de saint Pierre (vénérées dans la basilique Saint-Pierre-aux-Liens de Rome depuis le Ve s.), et que les papes donnaient par dévotion aux pèlerins illustres qui venaient à Rome.

On sait que vers le milieu du 4e s., un évêque, Servatius ou Sarbatios ou Aravatius, probablement originaire de Syrie, résidait à Tongres. Après la reconnaissance de la liberté de culte par Constantin (313), adoptant les divisions administratives de l’empire romain, les autorités ecclésiastiques font de Tongres le siège d’un évêque. Tongres, fondée par les Romains en 15 avant JC, est, en effet, une cité, unité territoriale de base de l’Empire. La Gaule Belgique est ainsi divisée en 17 cités ; « la cité de Tongres occupe l’est de la Belgique actuelle et une partie des Pays-Bas. Dès la fin de l’Empire (476), ces frontières coïncideront avec celles de l’évêché dont le siège, au début du 8e s., deviendra Liège. On pense qu’il aurait construit la première église de Tongres.

L’évêque Servais est connu comme un défenseur de la Trinité face aux Ariens. Il participe, en effet, au concile de Sardonique (Sofia), en 342/343, convoqué par l’empereur Constant (320-350) pour réaffirmer le credo de Nicée (325) face aux Ariens. De même, il est présent au concile de Cologne en 346 qui notamment dépose un évêque accusé d’arianisme. En 350, il est envoyé comme ambassadeur à Byzance, auprès de l’empereur Constance (317-361) en vue de le rallier à l’orthodoxie. Enfin, Servais est présent à Rimini où sont réunis près de 380 évêques encore au sujet d’une formulation de compromis entre le credo de Nicée et les Ariens. (Edouard DE MOREAU, Histoire de l’Église en Belgique des origines aux débuts du XIIe s., Bruxelles, 1940, p. 30-38)

Saint Servais meurt, peut-être en 384, et est inhumé à Maastricht. Il repose dans la grande église qu’un de ses successeurs, saint Monulphe (549/594-614), construisit sur son tombeau. A partir du VIe s., le siège de l’évêché est, en effet, déplacé vers Maastricht, sur la Meuse, révélant ainsi la montée en importance de ce lieu de passage très fréquenté, grâce au pont fortifié sur la Meuse. (Philippe GEORGE, Les premiers pas d’une Église, in Liège. Histoire d’une Église, Strasbourg, 1991)

Abbé Marcel Villers