SOURCES : 151. LE PREMIER JOUR

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité. Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.

Le Premier Jour

« Le jour qu’on appelle jour du soleil, tous, qu’ils habitent les villes et les campagnes, se réunissent dans un même lieu.
On lit les Mémoriaux des apôtres et les écrits des prophètes autant que le temps le permet.
Le lecture finie, celui qui préside prend la parole pour avertir et exhorter à imiter ces beaux enseignements.
Ensuite nous nous levons tous et nous prions ensemble à haute voix.
Puis, lorsque la prière est terminée, on apporte du pain avec du vin et de l’eau.
Celui qui préside fait monter au ciel les prières et les actions de grâces autant qu’il a de force, et tout le peuple répond par l’acclamation Amen.
Puis, a lieu la distribution et le partage des aliments consacrés à chacun,
et l’on envoie leur part aux absents par le ministère des diacres.

Ceux qui sont dans l’abondance, et qui veulent donner,
donnent librement chacun ce qu’il veut.
Ce qui est recueilli est remis entre les mains du président,
et il assiste les orphelins, les veuves, les malades, les indigents, les prisonniers, les hôtes étrangers, en un mot, il secourt tous ceux qui sont dans le besoin.

Nous nous assemblons tous le jour du soleil,
parce que c’est le premier jour,
où Dieu, tirant la matière des ténèbres, créa le monde,
et que, ce même jour, Jésus-Christ, notre Sauveur ressuscita des morts.
La veille du jour de Saturne, il fut crucifié,
et le lendemain de ce jour, c’est-à-dire le jour du soleil,
il apparut à ses apôtres et à ses disciples
et leur enseigna cette doctrine que nous avons soumise à votre examen. »

Justin, Première apologie, 65-67

Saint JUSTIN de Naplouse, un laïc, vers 150 à Rome, enseigne une philosophie qui n’est autre que la sagesse chrétienne présentée comme un chemin de vie. Un de ses ouvrages, la Première Apologie, comporte une description de l’eucharistie à l’adresse de ceux qui ne partagent pas la foi chrétienne et tout spécialement les empereurs. Martyr à Rome vers 165.

CLÉS POUR LIRE LUC : 41. RÉJOUISSEZ-VOUS !

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, Lc 15, 1-32 du 24e dimanche ordinaire.

Réjouissez-vous !
Il y a plus de joie pour un seul pécheur qui se convertit. (Lc 15, 7)

Cet homme ne peut être du côté de Dieu, car Dieu est du côté des purs ; Dieu est saint, c’est-à-dire séparé et il ne peut être mélangé aux pécheurs. La réponse de Jésus consiste à opposer une autre image de Dieu. Le Dieu de Jésus, c’est celui qui laisse là le troupeau des 99 brebis pour aller chercher la seule, l’unique qui s’est perdue. Le Dieu de Jésus, c’est celui qui fouille la maison de fond en comble pour retrouver la pièce d’argent égarée. Le Dieu de Jésus, c’est celui qui se jette au cou de son fils revenant de ses égarements

Bref, le Dieu de Jésus, c’est un Dieu qui se compromet, un Dieu qui a choisi son camp. « Je ne suis pas venu pour les bien-portants mais pour les pécheurs. » Alors le berger appelle les amis et les voisins, la femme appelle les copines, le père son fils aîné pour se réjouir et faire la fête, « car ton frère était perdu et il est retrouvé. »

Le veau gras et le chevreau
En Palestine, les bovins constituaient une véritable richesse. Ils avaient de nombreuses fonctions : les travaux des champs, le transport, la nourriture (lait, viande) ; ils étaient aussi les victimes de choix pour les sacrifices au temple. L’animal le plus courant était cependant le mouton ou la chèvre dont le troupeau était une sorte de « compte en banque ». On se chauffait avec la laine, on buvait le lait. Dans les circonstances ordinaires, on ne tuait qu’un chevreau ou un agneau. Un mouton sur la table supposait un degré plus élevé dans la joie. Tuer le veau qu’on engraissait pour les grandes occasions était exceptionnel. C’est pourquoi, en français, l’expression « tuer le veau gras » équivaut à : « faire une fête (presque) au-dessus de ses moyens, fêter le retour de quelqu’un ».

Abbé Marcel Villers

ART ET FOI : ECCE HOMO

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

ECCE HOMO

La scène dite de l’Ecce homo est propre au récit de la Passion selon saint Jean en 19, 5.

Description du panneau

La formule de Pilate désignant Jésus comme « Ecce homo », est inscrite en toutes lettres de part et d’autre du personnage représenté.

Le Christ est ici figuré en roi dérisoire : une couronne mais d’épines, une tunique de pourpre mais les mains liées, un sceptre mais de roseau.

« Jésus sortit dehors, portant la couronne épineuse et le manteau pourpre. Et Pilate leur dit : Voici l’homme ! » (Jn 19, 5). Dans son récit, Jean montre un Pilate cherchant à épargner la mort à Jésus qu’il considère innocent du crime de sédition dont les autorités juives l’accusent. Pilate a compris la manœuvre et il refuse de prendre la responsabilité de la mort de Jésus. Après l’avoir fait flageller et torturer par ses soldats, il espère avoir contenté ses accusateurs. Il le leur présente en déclarant : « Voici l’homme ! » Cette présentation veut « évoquer l’humanité de Jésus arrivée à son état le plus extrême de faiblesse, son humanité bafouée par les hommes. Ce qui fait contraste avec la déclaration des Juifs : « Il s’est fait Fils de Dieu. » (Jn 19,7) » (M.-E. BOISMARD et A. LAMOUILLE, Synopse des quatre évangiles en français, tome III, Paris, 1977, p.434). Pilate espérait le renoncement à la peine de mort devant le ridicule du personnage : comment y voir un roi ou un dangereux contestataire ? Mais ce fut en vain et il se résigna à le condamner à la crucifixion.

Ecce homo ! Cette expression latine vient de la Vulgate, traduction de la Bible en latin par saint Jérôme entre 390 et 405 à partir des textes hébreu et grec originaux. Elle sera le premier livre imprimé par Gutenberg en 1454. Cette traduction est considérée par l’Église catholique depuis le Concile de Trente jusqu’au XXe s., comme la traduction officielle et de référence ou « vulgate » pour la lecture de la Bible, et en voie de conséquence pour les textes liturgiques et la prière des catholiques.

C’est avec la période gothique qu’apparaît le thème de l’Ecce Homo qui symbolise bien toute la Passion de Jésus. La peinture gothique s’est développée en Occident à partir du XIIIe s ; elle est plus sombre et émotionnelle que dans la période précédente.

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 150. DU DÉSIR A L’AMOUR

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité. Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.

Du désir à l’amour

« O mon Dieu,
que mon cœur ne désire que toi,
qu’en te désirant il te cherche,
qu’en te cherchant, il te trouve,
qu’en te trouvant il t’aime,
qu’en t’aimant il soit purifié de ses souillures,
et qu’il ne retombe jamais
dans les liens dont cet amour l’aura délivré.

O mon Roi,
éteins en moi les désirs de la chair,
embrase-moi de tous les feux de ton amour.

O mon Rédempteur,
éloigne de moi l’esprit de superbe,
fais-moi part des trésors de ton humilité.

O mon Sauveur,
préserve-moi des transports insensés de la colère,
accorde-moi la patience.

O mon Créateur,
ôte de mon esprit toute espèce d’âpreté,
remplace-la par une douceur toujours égale.

Donne-moi, ô le plus clément des pères,
une foi solide,
une espérance digne de l’étendue de tes miséricordes,
et une charité parfaite. »

Anselme de Gislebert

ANSELME DE CANTERBÉRY (1033-1109), moine bénédictin, archevêque de Canterbéry, rédige des traités de théologie tels que le Monologion et le Proslogion, où il cherche à  démontrer l’existence de Dieu, ce que Kant appellera plus tard l’argument ontologique. Canonisé en 1494, il est déclaré docteur de l’Église en 1720.