HOMÉLIE DU DEUXIÈME DIMANCHE Jn 1, 29-34. THEUX 2026

HOMÉLIE DU DEUXIÈME DIMANCHE Jn 1, 29-34. THEUX 2026

Aujourd’hui, Jean-Baptiste nous présente Jésus qui vient à nous au cours de cette messe : Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Nous connaissons bien cette formule. Nous la chantons ou récitons au moins trois fois lors de la fraction du pain. Le prêtre la prononce avant la communion en nous présentant l’hostie.

Cette formule est mise en relation avec deux gestes significatifs de la messe : fraction du pain et communion. Deux gestes qui expriment le sens de ce que nous faisons dans l’eucharistie : partager le même pain et, en le mangeant, ne faire plus qu’un.  Ce geste du repas est devenu le culte nouveau, celui des chrétiens, car il symbolise la vie de Jésus et révèle son identité : l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. 

Dans ce repas, la « fraction » est le moment clé : rompre le pain, le briser comme un corps, une vie peuvent être brisés par la mort. C’est ainsi que, la veille de sa mort, Jésus prit le pain, le rompit et le donna : « Prenez et mangez, ceci est mon corps livré pour vous. » Ce corps livré, ce sang versé nous sont offerts à nous pauvres pécheurs ; « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. »

J’ai vu, et je rends ce témoignage : c’est lui le Fils de Dieu.
C’est à nous que s’adresse ainsi Jean Baptiste, le premier témoin du Christ. Et pourtant, je ne le connaissais pas, dit-il.

Jean Baptiste, le voyant venir à lui, le désigne pourtant comme « l’Agneau de Dieu qui  enlève le péché du monde ». Ce qui nous oriente déjà vers le Crucifié : Jésus sera immolé le jour de la préparation de la Pâque, à l’heure où on sacrifiait les agneaux. Il est l’agneau pascal, le Serviteur souffrant, mené à la boucherie, tel un agneau, à cause des péchés de son peuple. Il est l’Agneau de Dieu désarmé, qui prend sur lui le mal déferlant sur le monde et nous en délivre. Mystère d’amour dans lequel nous sommes plongés, inaccessible au savoir humain.

« Je ne le connaissais pas », déclare par deux fois Jean Baptiste. Il est pourtant, selon la tradition, le cousin de Jésus. Mais Jean parle à un autre niveau. Le savoir des hommes est ignorant du mystère de Dieu et de l’Amour. Comme les contemporains de Jésus, nous savons aujourd’hui beaucoup de choses sur lui, grâce aux travaux des historiens et des archéologues. Mais en vérité, pas plus que les gens de Nazareth, nous ne savons qui est Jésus, d’où il vient.

La connaissance, dont il s’agit ici n’est pas de l’ordre de nos savoirs, mais d’un certain regard que nous appelons la foi. Qui me voit, dira Jésus, voit le Père, ce mystère d’amour qui échappe à tout savoir.

Nous sommes invités à passer de ce que nous savons sur Jésus à une connaissance qui vient de l’écoute : écoute de l’Esprit qui parle au cœur, écoute du témoignage des croyants qui nous ont précédés et dont le premier est Jean-Baptiste.

J’ai vu, et je rends ce témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. Et pourtant, je ne le connaissais pas, dit-il.

Abbé Marcel Villers

Illustration : peinture du plafond de la nef de l’église de Theux 1630

SOURCES : 167. FIDÉLITÉ ET SERVICE

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité. La dernière lettre apostolique de Léon XIV, Une fidélité qui engendre l’avenir, consacrée au sacerdoce à l’occasion des soixante ans des décrets de Vatican II Optatam totius et Presbyterorum Ordinis, appartient à cette catégorie. Le pape y dessine une vision du prêtre en lien avec l’Église et le monde d’aujourd’hui que le journal La Croix résume avec ce titre : « la fin du prêtre en surplomb ».

Fidélité et service

« Seuls les prêtres et les personnes consacrées humainement mûres et spirituellement solides, c’est-à-dire des personnes chez lesquelles les dimensions humaine et spirituelle sont bien intégrées et qui sont donc capables d’entretenir des relations authentiques avec tout le monde, peuvent assumer l’engagement du célibat et annoncer de manière crédible l’Évangile du Ressuscité.

Il s’agit donc de préserver et de faire grandir la vocation dans un cheminement constant de conversion et de fidélité renouvelée, qui n’est jamais seulement un parcours individuel mais qui nous engage à prendre soin les uns des autres.

Cette dynamique est toujours une œuvre de la grâce qui embrasse notre fragile humanité, la guérissant du narcissisme et de l’égocentrisme.

Avec foi, espérance et charité, nous sommes appelés à entreprendre chaque jour la sequela du Seigneur en mettant toute notre confiance en Lui.

La communion, la synodalité et la mission ne peuvent en effet se réaliser si, dans le cœur des prêtres, la tentation de l’autoréférentialité ne cède pas la place à la logique de l’écoute et du service.

Comme l’a souligné Benoît XVI : « Le prêtre est le serviteur du Christ, au sens que son existence, configurée à Lui de manière ontologique, assume un caractère essentiellement relationnel: il est  dans le Christ,  pour le Christ et  avec le Christ au service des hommes.

Précisément parce qu’il appartient au Christ, le prêtre est radicalement au service des hommes: il est ministre de leur salut, de leur bonheur, de leur libération authentique, mûrissant, dans cette assomption progressive de la volonté du Christ, dans la prière, dans le « cœur à cœur » avec Lui ».

Léon XIV, Une fidélité qui génère l’avenir, 8 décembre 2025, n° 13.

SOURCES : 166. FIDÉLITÉ A L’APPEL

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité. La dernière lettre apostolique de Léon XIV, Une fidélité qui engendre l’avenir, consacrée au sacerdoce à l’occasion des soixante ans des décrets de Vatican II Optatam totius et Presbyterorum Ordinis, appartient à cette catégorie. Le pape y dessine une vision du prêtre en lien avec l’Église et le monde d’aujourd’hui que le journal La Croix résume avec ce titre : « la fin du prêtre en surplomb ».

Fidélité à l’appel

« Dès l’appel et la première formation, la beauté et la constance du cheminement sont préservées par la sequela Christi [la suite du Christ].

En effet, avant même de se consacrer à la conduite du troupeau, tout pasteur doit constamment se rappeler qu’il est lui-même disciple du Maître, avec ses frères et sœurs,  car « tout au long de la vie, on est toujours “disciple”, avec le désir constant de se conformer au Christ ». Seule cette relation de sequela obéissante et de disciple fidèle peut maintenir l’esprit et le cœur dans la bonne direction, malgré les bouleversements que la vie peut réserver.

Au cours des dernières décennies, la crise de confiance dans l’Église provoquée par les abus commis par des membres du clergé, qui nous remplissent de honte et nous appellent à l’humilité, nous a rendus davantage conscients de l’urgence d’une formation intégrale qui assure la croissance et la maturité humaine des candidats au presbytérat,  ainsi qu’une vie spirituelle riche et solide.

L’objectif est « un cheminement de familiarité avec le Seigneur qui engage toute la personne, le cœur, l’intelligence, la liberté, et la façonne à l’image du Bon Pasteur ». Rien en vous ne doit être écarté, en effet, tout doit être assumé et transfiguré dans la logique du grain de blé, afin de devenir des personnes et des prêtres heureux, des “ponts” et non des obstacles à la rencontre avec le Christ pour tous ceux qui vous côtoient ».

Seuls les prêtres et les personnes consacrées humainement mûres et spirituellement solides, c’est-à-dire des personnes chez lesquelles les dimensions humaine et spirituelle sont bien intégrées et qui sont donc capables d’entretenir des relations authentiques avec tout le monde, peuvent assumer l’engagement du célibat et annoncer de manière crédible l’Évangile du Ressuscité. »

Léon XIV, Une fidélité qui génère l’avenir, 8 décembre 2025, n° 9-11.

CLÉS POUR LIRE MATTHIEU : 8. AU SORTIR DU FLEUVE

Clés pour lire l’évangile de Matthieu

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Matthieu. Cette semaine : Mt 3, 13-17 de la fête du Baptême du Seigneur.

Au sortir du fleuve, une révélation
Il vint pour être baptisé par Jean qui voulait l’en empêcher.
(Mt 3, 13-14)

Il y a deux baptêmes. Le baptême d’eau, c’est l’immersion : se noyer, se plonger dans l’eau, se laver de tout son passé, de son péché. L’ablution est une pratique universelle. Le Musulman ne fait pas la prière sans pratiquer les ablutions, sans s’être purifié. De grands bassins encadrent les temples hindous où on se lave avant d’entrer au sanctuaire. C’est aussi le pourquoi des bénitiers à l’entrée de nos églises. Le baptême de l’eau dispose les cœurs au repentir. Mais Jésus a-t-il besoin d’être purifié, de se repentir ?

Il y a un autre baptême, non plus un rite de purification, mais l’expression d’une nouvelle naissance. Celle qui fait accéder au monde de l’Esprit, au monde de la foi où nous sont révélées notre véritable identité et notre vocation. « Des cieux, une voix disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. » (3, 17)

Jean, Jésus et le baptême
Quand Jésus s’approche de lui pour se faire baptiser, « Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi ! » (3, 14). Et Jésus de répondre : « Laisse faire car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » (3, 15) « Ce dialogue reflète la difficulté qu’éprouvaient les chrétiens du temps de Matthieu à concilier leur foi en un Christ saint et sans péché avec le baptême qu’avait reçu Jésus, selon une tradition très ancienne. On y apprend aussi quelque chose du long conflit qui opposa les disciples de Jean et ceux de Jésus. La justification donnée par Jésus : « accomplir toute justice » signifie que le plan de Dieu va s’accomplir par l’association de Jésus avec les pécheurs, alors que Jean annonçait leur extermination. » (ACEBAC, Les Évangiles, 1983)

Abbé Marcel Villers