ART ET FOI. EGLISE DE THEUX : 4. SAINT CORNEILLE

ART ET FOI. PLAFOND DE L’EGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

CORNEILLE (IIIe s.)

Pape de 251 à 253. Martyr.
La tradition unit Corneille et Cyprien dans une même fête, le 16 septembre.

Attributs
Le saint est représenté en habits épiscopaux ou pontificaux et avec les insignes propres au pape comme la tiare et la croix à trois branches. Par assonance avec son nom, l’attribut principal du saint est une corne, soit de chasse, soit de bovin, animal avec lequel il est souvent représenté. Il est invoqué par les agriculteurs et éleveurs, contre les convulsions que ce soient des bovins et bêtes à cornes, mais aussi, selon les régions, d’autres animaux de ferme. Il est aussi prié au profit des humains contre des formes de convulsions comme le « mal caduc » (ergotisme convulsif) ou « le haut mal » (épilepsie) qui seront désignés sous le nom de « mal de saint Corneille ».

Corneille, descendant probable de la gens Cornelia, fut élu pape en 251, après une vacance de quinze mois due à l’hostilité de l’empereur Dèce (248-251) qui ne supportait pas un évêque à Rome. Après la persécution de 250, la question importante fut de savoir comment traiter les apostats. Cyprien, évêque de Carthage, mit son influence au service de Corneille qui, comme lui, accordait le pardon aux coupables repentants, refusant au nom de l’accueil universel, une Église de purs. De ce fait, Corneille et Cyprien se lièrent d’une étroite amitié.

Fin 252, une terrible peste s’abattit sur l’empire et les païens en accusèrent les chrétiens. L’empereur Gallus (251-253) rouvrit les persécutions et le pape Corneille fut le premier arrêté, ce qui provoqua la manifestation de nombreux chrétiens. Du coup, on se contenta de l’exiler à Civitavecchia où il mourut l’année suivante (253). Mort en exil, il fut considéré comme martyr.

La dévotion à Saint-Corneille se répandit dans nos régions depuis l’antique abbaye de Kornelimünster (en français : monastère de Corneille). Fondée vers 814 par les Carolingiens dans les environs d’Aix-la-Chapelle, cette abbaye développa, à partir du XIIe s., pèlerinage et vénération des reliques de saint Corneille dont elle possédait le crâne depuis le IXe s. On connaît les relations et échanges de reliques entre Kornelimünster et Stavelot, comme entre Stavelot et Theux qui pourrait avoir reçu, dans  ce cadre, une relique de saint Corneille.

Des reliques sont vénérées à Theux après la messe lors d’un triduum annuel, dont on trouve mention fin XIXe s. (1894 avec le curé Corneille Petit) jusqu’au premier tiers du XXe s. où la fête de saint Lambert (17/09) semble réduire celle de saint Corneille, la veille, à une messe en mémoire du curé Corneille Petit.

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 122. LE CHEMIN

SOURCES

En ce début d’année sainte, nous sommes invités à approfondir notre foi, fondement de notre espérance en la Vie promise par le Christ.

                L’unique chemin vers Dieu

« Pour le chrétien, il existe une certitude de foi.
Dans le Christ, il peut atteindre Dieu.
Jésus dit : Qui me voit, voit le Père. 

Beaucoup ne l’ont vu qu’en surface
Et l’ont pris pour un homme comme les autres,
Tout au plus comme un prophète.

Il est un chemin mystérieux
qui, de toute âme, mène à Dieu.
Les grandes religions ont offert mille moyens
d’entrer en contact avec Dieu.

Mais personne parmi ces maîtres
Ne pouvait témoigner de Dieu lui-même.
Seul le Christ s’est dit Dieu et homme.
Il témoigne de Dieu et donne le moyen de le joindre.

Le chrétien possède dans le Christ
Celui qui est la forme finale et définitive de l’homme.
Transformé en Jésus Christ,
Il se découvre en Dieu divinisé par la grâce.

Dans le Christ, il parcourt tout ce qui existe,
Va de l’homme à Dieu et de Dieu à l’homme.
Vivant sa vie d’homme, il la vit en Dieu, comme le Christ. »

Yves RAGUIN, Les chemins de la contemplation, 1969.

YVES RAGUIN (1912-1999), prêtre jésuite français, missionnaire en Chine et sinologue. Il fut le principal collaborateur du grand dictionnaire chinois en six volumes, appelé Grand Ricci.

CLÉS POUR LIRE LUC : 13. BÉATITUDES

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire (parution le mercredi matin), nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Luc. Cette semaine, Lc 6,17.20-26 du 6ème dimanche du temps ordinaire.

Béatitudes
Heureux, vous les pauvres ! Quel malheur pour vous, les riches ! (Lc 6,20.24)

Jésus dessine deux chemins, opposés l’un à l’autre, dont l’issue ne fait pas de doute : bonheur ou malheur. Heureux les pauvres, les affamés, les affligés, les rejetés. Mais pourquoi ? Pourquoi sont-ils heureux ? Parce qu’ils sont pauvres, affamés, en larmes ? Non. Le bonheur n’est pas dans la pauvreté. Ni le dénuement, ni les pleurs, ni la haine, ni l’insulte ne sont des formes de vie heureuse. Mais alors, de quoi s’agit-il ?
Le bonheur dont parle Jésus, c’est le Royaume de Dieu. « Heureux vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous ! » (6,20) Soyez heureux, car votre pauvreté va cesser. Votre faim, vos larmes et les persécutions, c’est fini. Soyez heureux, annonce Jésus, car avec moi, tout cela, c’est fini. Je viens vous délivrer.
Les béatitudes sont des cris de joie, une bonne nouvelle pour tous ceux que la vie a abîmé et qui attendent la délivrance avec ardeur.

Béatitudes
Plutôt que Heureux ou Quel bonheur, Chouraqui choisit En marche. « Makarioï dit le grec : Bienheureux, ce mot oriente d’emblée sur une fausse piste : les béatitudes sont supposées acquises d’entrée de jeu, alors qu’elles ne le seront, en plénitude, que dans le royaume de Dieu. Or Jésus n’a pas dit makarioï [en grec], mais « ashréi » (voir psaume 1,1) [en hébreu]. C’est une exclamation au pluriel, d’une racine ashar, qui implique non pas l’idée d’un vague bonheur d’essence hédoniste, mais celle d’une rectitude, celle de l’homme en marche sur une route sans obstacle, celle qui mène vers Dieu. « En marche, les pauvres ! Oui, il est à vous, le royaume de Dieu. » Cette traduction connote une idée de marche sur une route dépourvue d’obstacles et conduisant à Dieu, source de toute allégresse. La béatitude se trouve au terme du cheminement, et non à son début. » (CHOURAQUI André, L’univers de la Bible, tome VIII, Paris, 1985)

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 121. Les travaux de l’amour

SOURCES

En ce début d’année, la liturgie dominicale nous fait découvrir les premiers faits et gestes de Jésus. Invitation à nous remémorer nos premiers pas à sa suite, lui le chemin et la vie.

       Les travaux de l’amour

« Les voies de l’Amour sont étranges.
Le sait bien qui veut les suivre :
il trouble soudain le cœur assuré.

Qui aime ne peut trouver constance.
Celui que la Charité touche au fond de l’âme
connaîtra mainte heure désolée.

Tantôt brûlant et tantôt froid,
maintenant timide et hardi tout à l’heure,
nombreux sont les caprices de l’Amour.

Mais en tout temps il nous rappelle
notre dette immense envers son haut pouvoir,
qui nous attire et nous veut à Lui seul.

Tantôt humilié, tantôt exalté,
caché maintenant, manifesté tout à l’heure,
pour être un jour comblé par la dilection
il faut risquer mainte aventure
avant d’atteindre ce point où l’on goûte
la pure essence de l’Amour. »

Hadewijk d’Anvers, Poèmes spirituels.

HADEWIJCH D’ANVERS (1ère moitié du XIIIe s.), béguine du Brabant, a composé des écrits en flamand, relatant ses visions, des poèmes et des lettres qui nous sont parvenus. Elle y témoigne de son expérience intérieure, mystique caractérisée par un intense désir d’amour.