Annonciation – Décembre 2024

Chaque mois, au long de l’année liturgique, nous vous proposons une reproduction d’une œuvre d’art qui invite à la méditation, à la prière et enrichit le sens de la liturgie célébrée durant la période.

Cette image est affichée à l’église de Theux dans la chapelle du Saint-Sacrement.

Abbé Marcel Villers

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L’Esprit Saint te couvrira…
Je suis la servante du Seigneur !

Ce n’est pas dans un palais, ni dans un temple que le Sauveur va naître, mais dans un corps de femme.

Sois sans crainte,
car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.

Dans son oui, tout acte de foi est préfiguré. Car qu’est-ce que la foi sinon accueillir le Seigneur lui-même !

La foi, c’est laisser Dieu entrer dans notre vie et façonner en nous son propre fils.

L’Annonciation est une peinture réalisée à Rome en 1657 par Nicolas Poussin, (1594-1665), peintre français du XVIIᵉ siècle, représentant majeur du classicisme pictural. Formé à Paris, il a exercé principalement à Rome à partir de 1624. Dans ce tableau, l’archange, dont on ne voit, sur la droite, que les deux mains, désigne du doigt d’une part Marie, d’autre part la colombe du Saint-Esprit. La colombe a les ailes déployées dans un cercle qui transcrit de manière littérale la formule de l’Évangile : « l’Esprit Saint te couvrira de son ombre ». Marie a les yeux fermés et les mains ouvertes, comme en extase. Elle est assise sur un coussin, les pieds nus, et elle porte un manteau jaune et non bleu. Poussin représentait ainsi le manteau de couleur jaune que devaient porter les femmes juives à Rome à son époque.

Voici une reproduction de la toile entière :

P.S. Cette peinture est visible à la National Gallery de Londres.

SOURCES : 114. LES DEUX VENUES

SOURCES

Au cours de ce temps de l’Avent, laissons-nous saisir par l’espérance, dans l’attente de la venue du Sauveur. Confiance, abandon de soi dans les mains du Seigneur comme Marie qui a dit oui et attendait dans la foi et la confiance.

LES DEUX VENUES

« Nous annonçons la venue du Christ : non seulement son premier avènement,
mais encore un second beaucoup plus éclatant.

Le premier fut marqué du signe de la patience,
tandis que l’autre portera le diadème de la divine royauté.

Pour la plus grande part, d’ailleurs,
tout ce qui concerne notre Seigneur Jésus Christ
peut être considéré à un double point de vue.

Double naissance :
l’une de Dieu avant les âges,
l’autre de la Vierge à la plénitude des temps.

Double descente :
l’une discrète comme celle de la pluie sur la toison,
l’autre éclatante, celle qui doit venir.

Lors du premier avènement,
il fut emmailloté et couché dans la crèche ;
lors du second, il sera drapé de lumière comme d’un manteau.

Lors du premier,
il a subi la croix et méprisé la honte ;
lors du second,
il s’avancera dans la gloire escorté d’une armée d’anges.

Il ne nous suffit pas de nous appuyer maintenant sur le premier avènement ;
nous attendons encore le second.
Et après avoir dit lors du premier :
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur,
nous le redirons au moment du second,
quand nous viendrons avec les anges
à la rencontre du Seigneur pour l’adorer
éternellement. »

Saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèse baptismale 15 1-3, IVe s.

CYRILLE DE JÉRUSALEM (v. 315 – 387) est évêque de Jérusalem de 350 à 386. Ses célèbres « Catéchèses baptismales » sont d’une importance capitale pour la tradition chrétienne. Destinées à préparer les catéchumènes au baptême, elles offrent une exposition claire et profonde des fondements de la foi chrétienne. Cyrille y insiste sur l’importance de la connaissance et de la compréhension de la foi, soulignant que la foi véritable est ancrée dans une connaissance claire des vérités divines.

CLÉS POUR LIRE LUC : 3. QUE FAIRE ?

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Luc. Cette semaine : Lc 3, 10-18 du 3ème dimanche de l’Avent.

Que devons-nous faire ?
Par ses exhortations, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle (Lc 3,18)

La Bonne Nouvelle, c’est celle d’un monde nouveau que Jean annonce, un monde neuf, une humanité rénovée. Et qui ou quoi fera advenir cet autre monde ? Non pas un Messie vengeur, mais des actes simples, à la mesure de quiconque.

« Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! » (3, 11). Premier impératif : le partage.

« N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé » (3,13). Bref, soyez honnêtes ; ne cherchez pas à vous enrichir sur le dos des autres. Deuxième impératif : la justice.

Enfin, « Ne faites ni violence ni tort à personne ; contentez-vous de votre solde » (3,14). Troisième impératif : le respect de chacun, condition de la paix.

La figure de Jean dans les évangiles
Jean est le fils de Zacharie et d’Élisabeth, cousine de Marie selon saint Luc. Sa naissance miraculeuse est annoncée par l’ange Gabriel qui le désigne comme le précurseur « devant préparer au Seigneur un peuple capable de l’accueillir » (Lc 1,17). Jean est le témoin par excellence qui annonce la venue du Messie et désigne, à ses disciples, Jésus comme l’Agneau de Dieu (Jn 1,19-37). C’était au désert où Jean vit comme un ascète, peut-être initié à cette discipline dans les communautés juives du désert, comme celle de Qumrân.
Au bord du Jourdain, Jean pratique un rite nouveau d’ablution (Mt 3,13-17) : le baptisé ne se plonge pas seulement lui-même dans l’eau, mais reçoit l’eau, et le pardon, des mains d’un maître, dont il se reconnaît ainsi le disciple, et qui agit au nom de Dieu.
Pour la tradition chrétienne, Jean est le dernier prophète (Mt 11, 9-10) de l’Ancien Testament dont il achève le cycle. Cela explique l’effacement de Jean au profit de Jésus à qui il cède ses disciples. Précurseur, prophète, ascète, baptiste, Jean est aussi martyr. Pour avoir reproché à Hérode son immoralité, il est exécuté par décapitation et sa tête offerte à la fille d’Hérodiade (Mc 6, 14-29).

Abbé Marcel Villers 

HOMÉLIE DU DEUXIÈME DIMANCHE D’AVENT. THEUX

2° dimanche Avent C. Lc 3,1-6.Theux 2024

« Préparez le chemin du Seigneur. » Tel est le message des prophètes. Tel est l’appel lancé par Jean, le Baptiste.
« Préparez le chemin du Seigneur, car il vient. » C’est bien là le résumé de l’espérance d’Israël, de la foi de l’Église.
Oui, notre Dieu est, par définition, celui qui s’approche. Il est mouvement vers l’homme. Si le Seigneur est en route, encore faut-il pour qu’il nous rejoigne que le chemin, de notre côté, soit dégagé.
Rendez droit le sentier, demande le Baptiste. Comblez les ravins. Abaissez les montagnes. Voilà qui nous est demandé en ce temps de l’Avent, temps d’attente, d’espérance et de préparation à la venue du Sauveur. Gardons allumée la flamme de l’espérance.
Dans le désert, « Jean proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. » Mais pourquoi dans le désert ? Le désert est le lieu de la création, du neuf. Avec Jean et le baptême, c’est un commencement qui est en route.
Ce commencement débute par la conversion, acte de recommencement, signe de changement de direction, choix d’une nouvelle route à suivre.
C’est bien le sens du Jubilé, Année Sainte, qui propose un chemin de conversion et de pardon qui se concrétise par le pèlerinage à Rome et dans d’autres lieux désignés par chaque évêque.

La conversion, c’est aussi ce que nous sommes appelés à vivre en tant qu’Église. D’une Église nombreuse et omniprésente dans l’espace social « émerge aujourd’hui une Église petite qui doit recommencer au début. Un peu comme Jean nous appelle au désert. Cette Église modeste ne remplira plus les nombreux édifices bâtis au temps de sa splendeur. Elle sera, selon Benoît XVI, une Église intériorisée, pauvre et faite de gens humbles. »

Loin de l’Église de masse d’hier, c’est aujourd’hui une Église en diaspora, dispersée en petites communautés comme en un archipel. Elle retrouve sa vocation de petit reste et de témoins silencieux de l’amitié divine. « L’Église de la Diaspora, écrit Karl Rahner, est une Église de membres actifs, une Église de laïcs ayant le sentiment d’en être les vrais éléments responsables. Le christianisme ne peut plus s’appuyer sur le cadre des institutions, qu’il s’agisse de morale, d’usages, de traditions, etc. C’est à chacun de se l’approprier par un effort personnel de reconquête ; le temps n’est plus où on n’avait qu’à le recevoir à la façon d’un héritage. Il est fait appel à la décision personnelle, à l’individu dans son autonomie. Le christianisme de recrutement devient un christianisme d’élection. »

Nous retrouvons aujourd’hui la situation de l’Église primitive, constituée de petites communautés fraternelles dans un milieu païen, dispersées au milieu des peuples et des nations, sans puissance extérieure, pauvres et faibles. Dans cette situation de fragilité, une communauté est menacée de disparaître si elle n’est pas fraternelle, synodale, dit-on aujourd’hui. Et surtout, elle tirera sa force d’une espérance vivante dans le Seigneur qui vient. L’Année sainte nous invite à retrouver la force de regarder l’avenir avec confiance et de nous transformer en pèlerins de l’espérance.

Abbé Marcel Villers

Illustration : Picasso, L’arlequin et l’acrobate, 1905.