FÊTE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX : 14 septembre

Fête de l’Exaltation de la sainte Croix. Theux 15/09/2024
Inauguration de l’icône de la Croix.
Merci à Marie de Beukelaer.

Après sa conversion au christianisme, vers 312, l’empereur Constantin Ier (272-337) favorise l’Église et contribue à l’édification de basiliques sur des lieux chers aux chrétiens comme Saint-Pierre de Rome ou le Saint-Sépulcre de Jérusalem.

Sur le site du calvaire et du tombeau du Christ, l’empereur Hadrien (76-138), après avoir rasé la ville suite à la révolte juive de 135, avait construit un temple dédié à la triade Capitoline (Jupiter, Junon, Minerve). Constantin fait abattre ce temple et fouiller le site jusqu’à la découverte d’une grotte quadrangulaire identifiée comme le lieu de sépulture de Jésus. Selon la légende, sainte Hélène, mère de Constantin, découvre la vraie croix lors des travaux sur le site. En tous cas, il apparaît certain qu’au milieu du IVe s. des reliques de la croix sont vénérées à Jérusalem.

A partir de 330, deux basiliques sont construites, celle du Saint-Martyrium en mémoire de la crucifixion, et celle de l’Anastasis ou Résurrection sur le site du tombeau. La dédicace des deux basiliques, en 335, s’étale sur deux jours : les basiliques sont consacrées le 13 septembre ; la relique de la Croix est présentée à l’adoration des fidèles le 14 septembre, jour anniversaire de son invention. « Pour la lui faire vénérer, on fit ce jour-là l’ostension de la croix au peuple, d’où le nom d’Exaltation donné à la fête. Quand celle-ci s’étendit à tout l’Orient, le souvenir de la dédicace perdit de son importance, et ce jour devint surtout une fête de la Croix. » (Missel romain quotidien, Hautecombe, 1961, p. 1418)

Lors de la guerre (602-628) entre les Byzantins et les Perses, ces derniers prirent Jérusalem en 614, incendièrent la basilique du Saint-Sépulcre, et emportèrent de nombreuses reliques, dont la sainte Croix, à Ctésiphon, la capitale perse. La vraie croix fut récupérée, après la victoire de l’empereur Héraclius (610-641), dans laquelle on se plut à voir un triomphe de la croix dont la relique fut amenée à Constantinople et installée dans Sainte-Sophie en 628.

En Occident, on célébra, comme en Orient, dédicace et découverte de la croix le 14 septembre. Puis, deux fêtes furent inscrites, jusqu’à la réforme liturgique de 1969, au calendrier latin, l’une le 3 mai pour célébrer la découverte de la sainte Croix et l’autre, le 14 septembre, pour commémorer le retour de la vraie Croix sous Héraclius. (Missel romain quotidien, Hautecombe, 1961, p. 1418 et 1819)

« Le thème de l’Exaltation, qui donne son nom à la fête, va au-delà du geste de l’exhibition d’une relique et revêt une signification autrement plus profonde : l’exaltation de celui qui, élevé sur le bois, a attiré toute chose à lui » (Maxime Gimenez, Fête de l’Exaltation de la Croix, Chœur des moines de Chevetogne, 1986). En effet, il faut « que le Fils de l’homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle » (Jn 3, 14).

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 101. RÉVEILLE TA FOI

      Réveille ta foi !

« Il faut croire et réveiller sa foi.
Nous avons tort de nous troubler.

Comme le Christ dormait dans la barque,
Les disciples étaient troublés.
Les vents étaient furieux,
les flots se déchaînaient,
Et la barque s’emplissait.

Pourquoi leur inquiétude ?
Parce que Jésus dormait.

Ainsi toi,
quand soufflent les tempêtes des tentations,
ton coeur se trouble.
C’est que ta foi s’est endormie.
Ainsi l’apôtre Paul dit que par la foi
le Christ habite dans nos cœurs.

Réveille donc le Christ dans ton cœur.
Que ta foi veille !
Sois apaisé, ta barque sera sauvée !

Souviens-toi que celui qui a promis ne trompe pas.
Il ne le fait pas encore voir
parce que ce n’est pas le moment.
Mais déjà il en fait voir beaucoup. »

Saint Augustin, Sermons, 38,10.

AUGUSTIN D’HIPPONE (354-430), converti au christianisme par saint Ambroise de Milan, retourne en Afrique du Nord et y devient prêtre, puis évêque d’Hipppone. Il a composé une œuvre immense de théologien comme de prédicateur. Il eut une influence prépondérante dans la pensée chrétienne occidentale.

CLÉS POUR LIRE MARC : 42. QUI SUIS-JE ?

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc. Cette semaine : Mc 8, 27-35 du 24e dimanche du temps ordinaire.

Qui suis-je ?
 Il leur défendit vivement de parler de lui à personne (Mc 8,30)

Nous voilà au moment d’une première conclusion des disciples au sujet de l’identité de Jésus. Nous sommes presque exactement au centre du récit de Marc. En contraste avec les gens pour qui Jésus est à classer dans la catégorie des précurseurs du Messie : Jean-Baptiste, Élie, Pierre confesse : « Tu es le Christ » (8,29), c’est-à-dire le Messie attendu.

Mais confession ambiguë car Pierre ne peut supporter la perspective de la souffrance et de la mort qui attendent Jésus. Pour lui, c’est incompatible avec sa conception du Messie. « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes » (8,33). On comprend alors que Jésus « leur défendit vivement de parler de lui à personne » (8,30). Les disciples, comme les lecteurs de l’évangile de Marc, ont atteint un premier sommet, il leur reste à franchir l’étape suivante et reconnaître que « le Fils de l’homme doit beaucoup souffrir » (8,31).

Élie
Premier prophète en Israël, vers 853 avant J.-C., Élie est surtout connu par les livres des Rois (1 R 17-19 ; 21 et 2 R 1-2,18). Selon Marc, les contemporains de Jésus voyaient en lui, Élie revenu sur terre (Mc 6,15 ; 8, 28). C’est que ce dernier avait aussi opéré des œuvres de puissance : sur sa parole, une veuve avait pu se nourrir durant tout l’hiver, elle et son fils, grâce à une seule poignée de farine et un peu d’huile. De plus, lorsque le fils de cette veuve était mort, Élie l’avait réanimé. Jésus ayant partagé les pains et réanimé la fille de Jaïre, pouvait faire penser à Élie. D’autant plus que celui-ci fut enlevé au ciel et que tous à cette époque attendaient son retour selon la prophétie de Malachie : « Voici que je vais vous envoyer Élie le prophète, avant que n’arrive le jour de Yahvé, grand et redoutable » (Ml 3,23) (Philippe BACQ, Un goût d’Évangile, 2006, p.133). Ainsi, il était de coutume de mettre un couvert de plus sur la table du repas pascal pour Élie qui devait revenir la nuit de Pâque, précédant de peu le Messie.

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 100. DIRE ET ÊTRE

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité.  Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.  Chaque jeudi, vous est proposé un texte à lire, méditer, prier.

Abbé Marcel Villers

100. DIRE ET ÊTRE

« Mieux vaut être chrétien sans le dire
que le dire sans l’être.

C’est très bien d’enseigner
si l’on pratique ce que l’on dit.
Car notre seul Maître a parlé
et tout a été fait.
Et même ce qu’il fait sans parler
est bien digne du Père !

Celui qui connaît véritablement la parole de Jésus
l’entend même quand il se tait.

Rien n’échappe au Seigneur,
même nos secrets les plus familiers.
Agissons donc en toutes choses
sachant qu’il habite en nous.
Et nous serons son temple
et lui sera en nous notre Dieu. »

Ignace d’Antioche, Lettre aux Éphésiens, 15

SAINT IGNACE D’ANTIOCHE, né vers 35, dans la province de Syrie et mort à Rome en martyr, probablement en 107 ou 113. Il fut le troisième évêque d’Antioche, troisième ville de l’empire après Rome et Alexandrie, comptant environ 500 000 habitants. Ignace fut arrêté par les autorités et transféré à Rome pour être mis à mort dans l’arène, pendant la persécution de Trajan. Sur le chemin qui l’amenait à la mort, il rencontra de nombreuses communautés auxquelles il écrivit des lettres, ainsi aux chrétiens d’Éphèse.