SOURCES : 113. ACTE DE CONFIANCE

SOURCES

Au cours de ce temps de l’Avent, laissons-nous saisir par l’espérance, dans l’attente de la venue du Sauveur. Confiance, abandon de soi dans les mains du Seigneur comme Marie qui a dit oui et attendait dans la foi et la confiance.

Abbé Marcel Villers

Sans soucis

« Mon Dieu, convaincu que vous veillez sur ceux qui espèrent en vous
que ne peut jamais manquer de rien celui qui attend de vous toutes choses,
j’ai résolu de vivre sans aucun souci
et de me décharger sur vous de tout genre d’inquiétude.

Les hommes peuvent me ravir et mes biens et mon honneur.
Les infirmités peuvent m’ôter les forces et les moyens de vous servir.
Je puis même perdre votre grâce par le péché,
Jamais je ne perdrai mon espérance.

Que d’autres attendent leur bonheur
de leurs richesses ou de leurs talents ;
qu’ils s’appuient
ou sur l’innocence de leur vie
ou sur la rigueur de leurs pénitences
ou sur la ferveur de leurs prières,
pour moi, Seigneur,
toute ma confiance, c’est ma confiance même.

Je sais, hélas ! je ne le sais que trop,
combien je suis fragile et changeant ;
je sais ce que peuvent les tentations
contre les vertus les mieux affirmées.
J’ai vu tomber des saints,
mais tout cela ne peut m’effrayer.

Tant que j’espérerai,
je me tiens à couvert de tous les malheurs
et je suis assuré d’espérer toujours
parce que j’espère encore cette invariable espérance. »

Saint Claude La Colombière, Acte de confiance en Dieu, XVIIe s.

CLAUDE LA COLOMBIÉRE (1641-1682), jésuite, exerce son ministère en tant qu’enseignant, prédicateur, directeur de conscience, conseiller personnel et écrivain. Il est surtout connu pour son rôle de directeur spirituel de sainte Marguerite-Marie Alacoque la voyante de Paray le Monial. Ils ont donné à la dévotion au Sacré-Cœur une ampleur sans précédent.

HOMÉLIE COMMÉMORATION DES DÉFUNTS THEUX 3/11/2024

HOMÉLIE : LA MORT POUR LE CHRÉTIEN THEUX 3.11.24

Toussaint, commémoration des fidèles défunts, jour des morts, voilà qui nous ramène, chaque année, à la visite du cimetière et à la mémoire de nos morts. En ces jours, nous sommes amenés inévitablement à nous interroger sur la mort et les morts.
Quels liens y a-t-il entre eux et nous ? La mémoire, la prière, le souvenir ? Où passe la frontière entre le monde des vivants et le monde des morts ?
Dans d’innombrables cultures, les morts sont actifs et influents dans le monde des vivants. Ils sont le plus souvent considérés comme une menace ou une protection. Une menace dont il faut se prémunir. Une protection qu’il faut se concilier. Qu’en est-il pour nous chrétiens ? Quels rapports avec nos morts ?

A cette interrogation, Jésus a répondu : « Laissez les morts enterrer leurs morts. » (Mt 8,22) Pour lui, la priorité c’est annoncer la vie et non célébrer la mort.
L’Eglise a été fidèle à cette perspective. Contrairement à de nombreuses civilisations ou religions, l’Eglise n’a en rien encouragé les rituels qui règlent les obsèques et le deuil. Doit-on en conclure que le christianisme n’a rien à dire sur la mort et les morts ? Non, bien sûr, d’autant que le signe distinctif des chrétiens est une croix. Que nous livre la foi chrétienne sur la mort et les morts ?

D’abord que la mort n’est pas simplement le bout du chemin terrestre, mais qu’elle s’anticipe dans la vie. La mort, les puissances négatives, l’anti-vie, nous devons bien reconnaître que c’est à l’œuvre dans notre quotidien, proche ou lointain. Se battre contre la mort, voilà qui est premier pour le chrétien. « Laissez les morts enterrer leurs morts »Oui, ne cessez pas de vous battre pour la vie et de vous appuyer sur les forces de vie, sur le Christ qui nous a promis la victoire de la vie sur la mort.

Cette victoire promise n’efface pas le caractère tragique de la mort des hommes. C’est pourquoi le christianisme nous met sous les yeux un crucifié. Dans les affres de l’agonie, nous faisons mémoire du cri de Jésus : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Mais nous nous souvenons aussi de sa dernière prière : « Père, je remets ma vie entre tes mains. »
Ces deux paroles de Jésus, à l’heure de la mort, nous permettent de définir l’attitude du chrétien.
« Pourquoi m’as-tu abandonné ? » : parole d’incompréhension
« Je remets ma vie entre tes mains » : parole de folle confiance
Face à nos morts, face à notre propre mort, nous sommes, en effet, balancés entre ces deux positions : incompréhension et confiance.

Ce n’est pas le néant qui est au bout de notre existence terrestre, mais la communion avec Dieu et tous les saints. Oui, le terme, la fin, c’est la communion comme l’exprimait Teilhard de Chardin : « L’avenir s’ouvre devant moi comme une crevasse vertigineuse ou un passage obscur. Mais si je m’y aventure sur votre parole, mon Dieu, je puis avoir confiance de me perdre ou de m’abîmer en vous. Ce n’est pas assez que je meure en communiant. Apprenez-moi à communier en mourant. » (Le milieu divin, pp. 95-96)

Abbé Marcel Villers

CLÉS POUR LIRE MATTHIEU : 40. MARCHER SUR L’EAU

Clés pour lire l’évangile de Matthieu

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier l’évangile de Matthieu dont nous suivons la lecture liturgique. Aujourd’hui : Mt 14, 22-33 du 19e dimanche ordinaire.

40. Marcher sur les eaux
Jésus lui dit : « Viens ! » et Pierre marcha sur les eaux. (Mt 14, 29)

« Vers la fin de la nuit, Jésus vient vers eux en marchant sur la mer. » (14, 25) Jésus les rejoint, il est présent, il est vivant, vainqueur à tout jamais de la mort et du mal qu’il écrase en marchant dessus. Mais les disciples ne le reconnaissent pas, car c’est de nuit.

Et voilà qu’au cœur de la nuit, deux consignes résonnent : « Confiance ! C’est moi. N’ayez plus peur. » (14, 27) Le Seigneur n’est pas là-haut dans la montagne et nous sur les eaux agitées de ce siècle. Il est là, à nos côtés.

La peur doit faire place à la foi, la confiance. Comme à Pierre, Jésus nous dit : Viens. Alors, nous pouvons, à notre tour, marcher sur les eaux, vaincre les flots tumultueux et les vents contraires. Telle est la puissance de la foi. Sans elle, nous serions engloutis et disparaitrions dans les flots.

La barque
Dans de nombreuses civilisations, la barque est le symbole de la mort et du passage dans l’au-delà. Elle joue un rôle important dans la religion de l’Égypte antique. De même, dans la mythologie grecque, Charon conduit dans sa barque les âmes des morts vers leur demeure définitive, en traversant le Styx.
Dans la Bible, depuis l’arche de Noé jusqu’à la barque des disciples de Jésus, est symbolisé le véhicule qui permet de passer d’une rive à l’autre, de traverser les tempêtes et les vents violents. La barque est le symbole de l’Église, lieu du salut et du passage dans le Royaume.
L’architecture de nos églises en témoigne par le nom « nef » (du latin navis qui signifie navire) donné à l’espace central d’une église. De plus, dans certaines églises, la voûte rappelle clairement la coque d’un navire retournée.

Abbé Marcel Villers

Clés pour lire l’évangile de Matthieu : 38. Marcher sur les eaux

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier l’évangile de Matthieu dont nous suivons la lecture liturgique. Aujourd’hui : Mt 14, 22-33 du 19e dimanche ordinaire.

38. Marcher sur les eaux
Jésus lui dit : « Viens ! » et Pierre marcha sur les eaux.
(Mt 14, 29)

« Vers la fin de la nuit, Jésus vient vers eux en marchant sur la mer. » (14, 25) Jésus les rejoint, il est présent, il est vivant, vainqueur à tout jamais de la mort et du mal qu’il écrase en marchant dessus. Mais les disciples ne le reconnaissent pas, car c’est de nuit.
Et voilà qu’au cœur de la nuit, deux consignes résonnent : « Confiance ! C’est moi. N’ayez plus peur. » (14, 27) Le Seigneur n’est pas là-haut dans la montagne et nous sur les eaux agitées de ce siècle. Il est là, à nos côtés.
La peur doit faire place à la foi, la confiance. Comme à Pierre, Jésus nous dit : Viens. Alors, nous pouvons, à notre tour, marcher sur les eaux, vaincre les flots tumultueux et les vents contraires. Telle est la puissance de la foi. Sans elle, nous serions engloutis et disparaitrions dans les flots.

La barque

Dans de nombreuses civilisations, la barque est le symbole de la mort et du passage dans l’au-delà. Elle joue un rôle important dans la religion de l’Égypte antique. De même, dans la mythologie grecque, Charon conduit dans sa barque les âmes des morts vers leur lieu de séjour éternel, en traversant le Styx.
Dans la Bible, depuis l’arche de Noé jusqu’à la barque des disciples de Jésus, est symbolisé le véhicule qui permet de passer d’une rive à l’autre, de traverser les tempêtes et les vents violents. La barque est le symbole de l’Église, lieu du salut et du passage dans le Royaume. L’architecture de nos églises en témoigne par le nom « nef » (du latin navis qui signifie navire) donné à l’espace central d’une église. De plus, dans certaines églises, la voûte rappelle clairement la coque d’un navire retournée.

Abbé Marcel Villers