SOURCES : 177. GAUDIUM

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité. Le carême est un temps privilégié pour se préparer au baptême ou reprendre conscience des implications de notre baptême.

Le Gaudium

« Le Mystère chrétien nous dit que, dès maintenant, dans notre corps mortel, nous sommes dans la vie éternelle.
Cela veut dire que nous faisons des actes que Dieu fait.
Connaître, aimer et servir Dieu peuvent être des actes purement naturels.
Mais connaître Dieu comme il se connaît, l’aimer comme il s’aime, c’est prendre part à la vie éternelle !

Cette vie divine, nous la possédons essentiellement dès maintenant.
Par le baptême nous y sommes entrés, ; par l’eucharistie nous la partageons.

Il s’agit simplement de dire Amen jusqu’au bout.
Celui qui dit Amen en mourant est éternellement vivant.

Mais comment savoir si nous sommes dans le mystère chrétien ?
Évidemment cela ne ressort pas de la vie psychique, ni de la psychologie.

Il faut avoir éprouvé quelquefois, ne serait-ce que durant un bref moment, ce sentiment qui jaillit du tréfonds de nous-mêmes : ce gaudium dont parle le Christ à la dernière Cène !

Sentiment qui coupe le souffle,
qui donne, un bref instant, l’impression d’infini,
d’inondation,
de perte de pied.

Car il semble qu’il soit vraiment impossible de vivre consciemment dans le mystère
sans avoir de temps à autre ce sentiment, cette joie. »

Dom Lambert Beauduin

Octave BEAUDUIN, né à Rosoux, le 4 août 1873, est ordonné prêtre du diocèse de Liège en 1897. Il s’engage dans la jeune congrégation des Aumôniers du Travail à partir de 1899.  Il devient moine bénédictin au Mont-César de Louvain en 1906. Il lance le mouvement de renouveau liturgique à partir de son abbaye en 1909. Après la guerre, il est envoyé à Rome enseigner la théologie au collège bénédictin de Saint-Anselme. En 1925, rentré en Belgique, il persuade ses supérieurs de fonder un monastère uniquement consacré à l’union où les offices seront célébrés dans les deux rites byzantin et romain. Après Amay, le monastère de l’union s’installe à  Chevetogne. Suite aux différents avec Rome, dom Lambert connaîtra l’exil en France jusqu’en1951 où il rejoindra Chevetogne. Il y mourut en 1960.