Clés pour lire l’évangile de Matthieu 18. Couronnement de Jésus

Dans cette série hebdomadaire (parution le mercredi matin), nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Matthieu. En cette période, la liturgie dominicale lit l’évangile de saint Jean. Nous nous intéressons au récit de la passion : Mt 26, 1- 27, 66.

18. Le couronnement de Jésus

Ils s’agenouillaient devant lui : « Salut, roi des Juifs ! » (Mt 27, 29)

Dans le récit de la Passion de Matthieu, les outrages à Jésus roi suivent la comparution de Jésus devant Pilate (27, 11-26), comme les outrages à Jésus prophète suivaient le procès devant le Sanhédrin (26, 57-68).

A Pilate qui lui demande : « Es-tu le roi des Juifs ? » (27,11), Jésus répond : « C’est toi-même qui le dis ». Ce fut la seule parole de Jésus à Pilate qui « le fit flageller et le livra pour être crucifié » (27, 26). Cette prétention à la royauté devient le sujet de moqueries des soldats du gouverneur qui emmènent Jésus pour le torturer avant de l’exécuter.

Ces soldats sont des païens qui organisent la parodie d’une cérémonie de couronnement dont le centre est l’exclamation : « Salut, roi des Juifs ! » (27, 29). Ironiquement, Matthieu annonce ainsi la conversion et l’hommage à venir des païens qu’anticipait l’adoration des mages à l’Enfant roi.

L’hommage au roi

Les soldats de Pilate font de Jésus un roi de mascarade. On le revêt de pourpre, le vêtement pourpre était un vêtement royal ; cela peut désigner simplement un manteau de licteur dont la couleur pouvait évoquer la pourpre royale. « On lui met sur la tête une couronne tressée de plantes épineuses. Matthieu précise qu’on lui met dans la main droite un roseau pour évoquer le sceptre royal. Chacun vient alors présenter ses hommages à ce simulacre de roi ; selon les coutumes orientales, on donnait un baiser au roi après s’être prosterné devant lui. C’est ce rite que décrivent Matthieu et Marc, mais le baiser au roi est remplacé par des crachats injurieux ; Jean dit seulement qu’on lui donne des gifles. » (P. BENOIT et M.-E. BOISMARD, Synopse des quatre évangiles en français, 1972).

Abbé Marcel Villers