SOURCES : 27. L’homme

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité.  Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.  Chaque jeudi, vous est proposé un texte à lire, méditer, prier.

Abbé Marcel Villers

LE FILS DE L’HOMME

 « Le Christ est le Fils de l’homme.
Il est le Premier Né, le Prototype de la nouvelle humanité.
Il est le Frère, il est le Compagnon,
il est l’Ami par excellence.

De lui seul, on a pu dire en toute vérité
qu’il connaissait ce qu’il y a en l’homme.
Il est l’envoyé de Dieu,
mais ce n’est pas pour condamner le monde,
c’est pour le sauver.

Il est le bon Pasteur de l’humanité.
Il n’est pas de valeur humaine qu’il n’ait respectée, rehaussée et rachetée.
Il n’est pas de souffrance humaine qu’il n’ait comprise, partagée et valorisée.
Il n’est pas de besoin humain qu’il n’ait assumé et éprouvé
et proposé à l’ingéniosité et au cœur  des hommes
comme un objet de leur sollicitude et de leur amour
et, pour ainsi dire, comme condition de leur propre salut.

Même pour le mal qu’en qualité de médecin de l’humanité, il a connu et dénoncé avec la plus énergique vigueur, il a eu une infinie miséricorde, jusqu’à faire surgir, par le moyen de la grâce, dans le cœur de l’homme, de surprenantes sources de rédemption et de vie. »
(Paul VI, Message de l’homme à l’homme, 1964)

 

PAUL VI, pape de 1963 à 1978, a mené à bien le Concile Vatican II. Il est le premier pape à avoir voyagé dans les cinq continents.

Clés pour lire l’évangile de Matthieu. 24. Berger et brebis

Dans cette série hebdomadaire (parution le mercredi matin), nous voulons fournir, cette année, des clés pour ouvrir et apprécier l’évangile de Matthieu. Comme la liturgie s’éloigne de la lecture de Matthieu jusqu’à la mi-juin, nous reprenons cette semaine la lecture continue de l’évangile de Matthieu : Mt 9,35-10,4.

24. Le berger et les brebis

Elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger. (Mt 9, 36)

Le berger c’est le guide, celui qui mène aux bons pâturages. Sans berger, les brebis s’égarent, vont et viennent sans direction, sans soins. Tel est le constat de Jésus devant les foules livrées à elles-mêmes. Leurs pasteurs officiels, scribes et pharisiens, les ont abandonnées. Jésus perçoit que son message est en cohérence avec les attentes des foules, que ses actes de guérison réveillent l’espérance. Bref, les choses sont mûres. « La moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux » (9, 37).

Il appela alors douze hommes et « leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et infirmité » (10,1). Ce sont eux que Jésus envoie en mission comme « ouvriers pour la moisson » (9,38).

La moisson

« Dans la Bible, l’image de la moisson exprime une échéance décisive : elle signifie ainsi le rassemblement définitif d’Israël (Is 27,12-13), elle évoque souvent le jugement dernier (Jl 4,13), toujours elle dit que les choses sont mûres et que la récolte ne doit souffrir aucun retard. » (Claude TASSIN, L’Évangile de Matthieu, 1991). Dans sa mission, Jésus perçoit que le temps est mûr pour recueillir les fruits de son ministère. Si Dieu reste le maître du résultat, il a aussi besoin de collaborateurs, d’ouvriers. Mais que ces derniers n’oublient pas qu’ils ne sont pas propriétaires, qu’ils ne cessent donc de « prier le maître de la moisson » (9, 38).

Abbé Marcel Villers