Libérer l’homme, tout homme et tout l’homme !

Possédé

Homélie pour le 4ème dimanche ordinaire (année B)
(Mc 1,21-28) – Desnié, le 31 janvier, et Theux, le 1er février 2015

Il commande aux esprits mauvais et ils lui obéissent.
Qu’est-ce que cela veut dire ?

Tous nous rêvons d’une existence libre, d’être libres comme le vent. Nous n’avons souvent que ce mot à la bouche : liberté.

Mais pourtant, nous ignorons ce que veut dire être libres.
C’est que nous sommes tous des prisonniers.
Prisonniers d’habitudes, de puissances mauvaises, de forces mystérieuses qui nous tiennent captifs.

Je ne fais pas le bien que je veux ; je fais le mal que je ne veux pas, écrivait saint Paul.

Il y a en nous quelqu’un que nous ne connaissons pas. Nous sommes habités, possédés par un autre. Et nous en sommes le jouet.
De fait, nous devons bien constater que, souvent, nous ne nous appartenons pas et que nous faisons ce que nous ne voulons pas.
Qui agit donc en nous, sur nous ? 

Si nous observons le monde où nous vivons, il nous apparaît bien souvent comme ce possédé secoué avec violence par un esprit mauvais.
Tout près de nous, l’actualité tragique de ces dernières semaines en est la démonstration avec ces gens sans histoire, plutôt aimables et comme il faut, selon leurs voisins, et qui se révèlent des assassins, des fous furieux, secoués avec violence par un esprit mauvais.
La maison des hommes, notre société, est sous occupation. Occupée bien plus par la violence, la haine, le meurtre, la guerre que par l’amour et la solidarité.

Et pourtant, invinciblement, nous aspirons à la liberté.

Mais qu’entendre par liberté ? Le droit de dire tout et n’importe quoi que certains appellent liberté d’expression ? Il s’agit plutôt d’une libération de ces puissances démoniaques qui nous tiennent en leur pouvoir. Dieu seul peut nous en libérer, nous rendre libres. 

Cette liberté, le peuple d’Israël en entretenait la mémoire.
Dieu l’avait libéré d’Égypte.
Chaque semaine, le sabbat rappelait cet événement, cette liberté obtenue de Dieu, le Sauveur de son peuple.
Et tous espéraient qu’un jour viendrait, le Jour de Dieu, où le sabbat ne s’achèverait pas et qu’enfin, pour toujours, nous serions libres.

C’est ce sabbat sans fin que Jésus inaugure, ce jour-là, à Capharnaüm.
Il rend l’homme libre.
Un seul a compris.
Tourmenté par un esprit mauvais, il se mit à crier : Tu es venu pour nous perdre.

Oui, Jésus est venu pour détruire le règne du Malin et libérer l’homme, le monde de l’esprit mauvais qui le secoue avec violence.
Seul un être profondément libre peut ainsi arracher l’humanité au pouvoir du Malin.
Jésus est cet homme libre devant qui tous, dans la synagogue, s’étonnent.
Ils sont stupéfaits, nous dit l’évangile, parce qu’il enseignait en homme qui a autorité.

Cette autorité, c’est celle que donne la liberté.
Jésus ne se retranche pas comme les scribes, les savants et maîtres de son peuple, derrière un texte ou une quelconque autorité externe.
Jésus fait autorité parce qu’il parle sa propre parole.
Son autorité, c’est sa liberté.
C’est pourquoi sa parole est puissante et délivre de tout mal.
Libre, il libère.

Sors de cet homme.
Aussitôt, il sortit en poussant un grand cri.
Voilà l’homme libéré par une parole qui produit ce qu’elle énonce.

Qu’est-ce que cela veut dire ?
Qui peut commander aux esprits mauvais et en être obéi ?
Je sais fort bien qui tu es, crie le possédé, tu es le Saint, le Saint de Dieu.
Le vaincu reconnaît son Seigneur.
En expulsant l’esprit du Mal qui entrave l’homme, Jésus révèle son secret : il est le Saint de Dieu.

Toute l’œuvre de Jésus et sa mission sont ici résumées : Jésus, au nom de Dieu, est venu libérer l’homme des puissances qui l’enchaînent.
Ainsi il nous révèle le vouloir de Dieu : que l’homme soit sauvé, c’est-à-dire, libre.

Du coup, notre propre mission de disciple de Jésus est tracée : libérer l’homme, tout homme et tout l’homme.

Chaque fois qu’un homme est libéré, c’est le Règne de Dieu qui s’établit.

Abbé Marcel Villers

P.S. L’abbé Villers ajoute, comme illustration de son homélie, l’article, paru dans Sud Presse, que vous trouverez en cliquant sur le lien : Voilà comment de jeunes musulmanes, par ce geste magnifique, libèrent de l’esprit mauvais, source de tous ces préjugés qui justifient l’exclusion, la haine et au bout la violence.

Des musulmanes offrent 300 roses de paix
pour faire taire les préjugés

P.S. Merci à Jean-François Kieffer pour son dessin si explicite !

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