Nous sommes tous et toutes des ressuscités ! – Écho de la messe du jour de Pâques, 5 avril 2015 à Theux


2015-04-05 - Pâques Theux (30)

Homélie de l’abbé Jean-Marc Ista, curé de notre Unité pastorale,
pour le jour de Pâques, dimanche 5 avril 2015, à Theux

N.B. Les photos se trouvent sous le texte de l’homélie !

ALLÉLUIA ! ALLÉLUIA ! ALLÉLUIA !

Aujourd’hui, la Résurrection du Christ pourrait s’annoncer avec les mots du messager de l’Évangile de Luc quand il prévenait de la naissance de Jésus: Soyez sans crainte! Voici que je vous annonce une grande nouvelle qui sera une joie pour toute l’humanité.

Pâques n’est-elle pas habillée de la joie et de la lumière d’une naissance, une naissance du Christ où tous sont engendrés ?

Aujourd’hui, la vie a gagné! Jésus, celui que l’on avait crucifié est ressuscité; il est vivant! Allez à Jérusalem: vous trouverez un tombeau vide! Et voici le signe auquel vous le reconnaîtrez: il se donne en nourriture comme le pain venu du Ciel!

Il n’est pas ici !

N’ayez pas peur! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié? Il est ressuscité: il n’est pas ici ! Voilà les premiers mots du message de Pâques aux femmes. Elles étaient venues à la rencontre d’un corps enseveli ; elles souhaitaient accomplir des rites de deuil envers un mort ; et voici qu’elles découvrent une tombe vide. Leur recherche du corps mort du Seigneur n’a plus de sens: le tombeau n’est plus le lieu où réside la mort enfermée derrière une énorme pierre poussée devant l’entrée comme un point final. Cette pierre, le poids écrasant de la mort, a été roulée, « enlevée du tombeau », ce qui semble vouloir dire qu’elle a été arrachée à son logement, comme pour signifier que la Résurrection du Christ ruine à jamais le règne de la mort symbolisé par le tombeau. Il faut donc lire les récits de Pâques comme une annonce solennelle de la victoire de la Vie sur la mort, conquête définitive acquise par le Christ qui « passe à la Vie ».

En la vigile pascale, nous accueillons ce message que la mort est vaincue en Jésus-Christ et qu’elle n’aura pas le dernier mot de notre histoire. Pâques est la fête de la Vie où le Christ est entré et nous précède.

Nous sommes tous et toutes des ressuscités !

En contemplant et célébrant la Résurrection du Seigneur, nous fêtons notre propre victoire puisque nous sommes aspirés par lui vers la Vie.

Le vide du tombeau ouvre un espace pour la rencontre avec le Seigneur. Désormais, le jardin de l’Alliance est accessible : il est le lieu de la vie partagée à jamais avec Dieu qui a fait aboutir son projet. Cheminer dans ce jardin de lumière et de vie, avec Jésus, signifie qu’en nous aussi, il y a un espace vide. Un espace ouvert, prêt à l’accueil du souffle et du feu de vie : l’Esprit Saint. Entre nous aussi (c’est inséparable) il y a à creuser des espaces qui permettent à Dieu de nous rejoindre là où nous sommes. Comme les disciples sur la route d’Emmaüs : là où la Parole est écouté, là où l’histoire humaine est relue et partagée, là où le pain du ciel est fractionné, là est le Vivant.

Pour beaucoup de nos contemporains, la vie se limite à notre présence physique voire se prolonge dans la mémoire. La mort est un point final, un mur. Pour nous, chrétiens, confiants en notre Seigneur, la vie passe à travers le mur et aboutit au jardin. La mort est une étape, un passage…

Vous êtes ressuscités avec le Christ : la manière dont Paul parle de notre propre résurrection ne reporte pas cet événement seulement dans le futur, dans l’au-delà après la mort. Il présente cette vie nouvelle et éternelle en Christ comme insérée dans notre devenir de baptisés. Ainsi, dans la force de vie qui nous vient du Christ, nous passons notre existence à ressusciter tous les jours, c’est-à-dire à faire jaillir la vie en nous-mêmes et autour de nous. Nous ne sommes pas des nostalgiques du futur, si lumineux soit-il, mais des pardonnés du présent où tout a commencé à partir du matin où le Christ est sorti du tombeau, faisant entrer l’humanité dans une ère nouvelle.

Dès lors, notre mission est claire: être des vivants et faire vivre!

Avec le Christ, il y a des passages à vivre sans cesse dans le quotidien. Il nous faut donc apprendre dès aujourd’hui à nous libérer de ce qui est force de mort en nous: violence, déchéance du corps, abrutissement de l’esprit, abandon et mépris de soi, péché…

Nous avons à donner son vrai sens à notre existence, non pour l’enfermement –j’allais dire, l’enterrement- dans l’égoïsme de la possession, mais pour la libération dans la richesse d’aimer…

Pâques nous conduit pour l’émerveillement pour toutes formes de vie sur la terre, parce qu’elles sont les miroirs et les signes précurseurs de la vie qui s’épanouira en résurrection. En tant que baptisé, nous sommes témoins du respect de la vie multiforme qui habite cette planète. Nous prenons la vie, toute vie, au sérieux !

Pâques, c’est l’amour qui triomphe de la mort. La vie rebondit partout là où nous essayons d’aimer.

Le Christ nous précède en Galilée sur l’espace familier de notre route humaine. C’est là que nous le voyons pour le temps où notre vie reste cachée avec lui en Dieu. Mais le jour viendra où la Vie resplendira quand paraîtra le Christ, notre vie.

Amen ! Alléluia !

Abbé Jean-Marc Ista

Cet article, publié dans Année liturgique, Souvenirs, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laissez-nous un commentaire !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.