Vivre ensemble avec les réfugiés et les migrants, nos frères et soeurs

Conference_episcopale_de_Belgique

Une déclaration des évêques de Belgique, 
commentée par Monsieur l’abbé Marcel Villers

Les évêques de Belgique viennent de publier, le 13 octobre 2015, une longue déclaration intitulée : Vivre ensemble avec les réfugiés et les migrants, nos frères et sœurs. Tout un programme qui nous est ainsi proposé et dont je vous livre aujourd’hui l’essentiel.

Nos évêques sont témoins, comme nous tous, de ces milliers de réfugiés qui sont aujourd’hui à nos portes, et dans nos murs, ceux de notre pays, notre commune, notre paroisse.

D’où viennent-ils et que veulent-ils ?

Ils fuient massivement la guerre, la violence, les dangers et les situations sans issue. Ils viennent chercher ici, en Europe, en Belgique, protection, asile et une vie meilleure. Car ici, chez nous, il y a la paix et le bien-être, et surtout la sécurité. Vous ne risquez pas d’être arrêté, blessé ou tué par une bombe, un policier ou un soldat quand ce n’est pas un voisin. S’ajoutent à ces réfugiés les migrants qui quittent leur pays pour d’autres raisons : la faim, l’absence de développement économique et de vie décente.

De tout cela, nous sommes témoins chaque jour grâce aux médias. Nous ne pouvons pas fermer les yeux. Nous voyons ces colonnes de gens à pied sur les routes, dans les trains, les cars et les voitures bondées. Nous voyons ces hommes, ces femmes, ces enfants, sous la pluie, dans la boue, traversant des eaux glacées.

Et nos évêques de déplorer que très souvent, les frontières s’ouvrent plus facilement aux capitaux, à l’industrie, au commerce, à l’art, à la science, à la technologie qu’aux personnes en détresse. Mais ils se disent témoins aussi de choix courageux et d’accueil généreux. Des réfugiés et des migrants vivent aujourd’hui dans presque toutes les villes, communes et paroisses de Belgique. Une nouvelle culture de l’intégration voit le jour. La Belgique est désormais visiblement composée d’une population mélangée. Nous sommes très heureux qu’en de nombreux endroits, des réfugiés et des migrants soient acceptés et respectés quelles que soient leur origine, leurs convictions religieuses, sociales ou politiques, et que beaucoup de bénévoles s’engagent avec des gens d’autres cultures.

Et les évêques d’ajouter : Nous réalisons aussi qu’existe un autre sentiment : des gens ont peur, sont inquiets et se demandent comment l’arrivée de réfugiés et de migrants va influencer leur propre vie. Chacun est émotionnellement concerné, touché, alors que l’histoire nous apprend que la migration est un phénomène de tous les temps et de tous les continents. On sait aussi qu’il n’y a pas de solution toute faite pour faire face à une telle situation. Chacun sait que la migration forcée ne cessera que lorsque, dans les pays d’origine, les conditions d’habitation, de travail et de vie seront fondamentalement assainies.

Nous sommes témoins, mais pas simples spectateurs.

Comme chrétiens, il est de notre devoir évangélique d’être aux côtés de ceux qui souffrent. Nous ne pouvons pas faire autrement. J’étais étranger et vous m’avez accueilli, dit Jésus.

Les évêques s’interrogent alors sur une politique d’accueil correcte quand on est conscient de l’égale dignité de tous les êtres humains, sans distinction.

Notre premier souci sera toujours l’accueil, quelle que soit la personne qui se présente. C’est la mission que nous avons reçue de l’Évangile. Notre première attention visera toujours la dignité de la personne qui se trouve devant nous et qui nous dit : Nous sommes frères et sœurs. Sur ce point, nous ne pouvons transiger en tant qu’Église.

Concrètement, il faut chercher à mettre en place des structures d’accueil décentes. Beaucoup de maisons dans nos villes sont inhabitées. Pourquoi ne pas les mettre à la disposition des réfugiés ?

En ce qui concerne les Centres fermés, nous posons la question : la société a-t-elle le droit de priver de liberté des personnes parce que leur demande d’asile est encore en suspens ? Des personnes sans papiers valables sont-elles encore, après un contrôle sérieux, des criminels ou un danger pour la société ?

Enfin, on peut se demander s’il est justifié de peser et de sélectionner des gens sur base de leur utilité matérielle pour notre pays, bref d’attirer et d’accueillir des migrants parce que hautement qualifiés. L’homme n’a-t-il une vraie valeur que lorsqu’il constitue une plus-value économique pour notre pays ? Peut-être serait-il plus indiqué, sur base de nos fondements chrétiens, d’accueillir prioritairement les migrants les plus vulnérables qui ne pourraient être accueillis nulle part ailleurs que chez nous.

Pour les évêques, le principe de l’accueil et de l’intégration des migrants, d’où qu’ils viennent et quelle que soit la raison de leur venue chez nous, est fondé sur l’égale dignité de tous les humains, qu’ils soient riches ou pauvres, forts ou faibles, en bonne santé ou malades.

Nos évêques sont convaincus que les chrétiens et de nombreux citoyens répondent à un tel engagement avec confiance. Ils demandent à la population de ne pas céder à la peur ou à l’incompréhension. L’Évangile est exigeant, mais ensemble, nous pouvons porter cet engagement dans la durée.

Abbé Marcel Villers

P.S. : la déclaration complète se trouve ici : Cathobel.

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