Annoncer, partager, transmettre : des vœux toniques !

bergersannoncent

Homélie de l’abbé Marcel Villers
pour la fête de sainte Marie, Mère de Dieu,
Dimanche 1er janvier 2017 à Theux

La période du Nouvel-An, c’est traditionnellement le temps des bilans et des vœux. Je voudrais, en ce premier janvier, tenter la chose à propos de notre vie en Église et surtout partager quelques souhaits en manière de vœux pour l’année qui s’ouvre et sera nouvelle, pour nous et nos paroisses, à bien des égards.

C’est autour de trois verbes (inspiré du Programme missionnaire de Paris, 2015-2018) que s’articulent ces vœux : Annoncer, Partager, Transmettre. Ce sont trois expressions de la mission de l’Église, et donc de chacune de nos communautés paroissiales.

Annoncer

Après avoir vu l’enfant Jésus, les bergers racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers.

Les bergers étaient ensemble et ont témoigné ensemble, préfiguration de l’Église et de nos communautés de foi. Nous ne sommes pas une asbl ou un service public, comme l’école ou la poste. Nous formons une communauté de témoins qui annoncent le Christ Jésus, cet enfant de Bethléem qui est au cœur de nos vies.

Mais comment faire ?

Au centre de nos villages et de notre commune, nos églises et chapelles donnent dans l’espace social le signe d’une présence, celle d’une transcendance, et celle d’une communauté de croyants -la vôtre- et dont les membres, tout au long des journées, sont répandus invisiblement dans le tissu de la société où ils sont appelés à rendre témoignage.

Nos églises sont ainsi un signe visible et facilement repérable de notre présence et de celle du Christ. Ces bâtiments sont une première annonce et dans la proximité, au cœur de la vie de nos villages et quartiers.

Mais quel signe donnons-nous lorsque nos églises et chapelles sont fermées à clé toute la semaine ? Qu’est-ce que nous annonçons ainsi ? Bien sûr, une église ouverte, mais vide de toute présence accueillante, est aussi un signe négatif.

Un premier vœu : repensons la fonction missionnaire, la dimension d’annonce de nos églises et chapelles dans le tissu social et culturel de notre commune. Je pense au bel exemple que nous donne Oneux. À méditer tout en saluant le travail constant des fabriques d’églises soumises ces derniers temps aux turbulences des politiques.

Partager

Un deuxième signe très parlant est celui que nos communautés sont capables de mettre en œuvre en accueillant les pauvres de notre monde car il est venu chez les siens, mais pas de place pour lui dans l’hôtellerie. Nous sommes tellement occupés par notre fonctionnement, notre avenir en tant que paroisse, que nous risquons d’être aveugles et indifférents à ce qui se passe autour de nous. Le signe que nous donnons ainsi est celui de la secte, repliée sur elle-même.

Il s’agit pour nous de partager les richesses que nous avons reçues, richesses personnelles, mais aussi richesses collectives, celles de vivre dans un pays développé et en paix. Face à ces richesses, nous ne pouvons pas fermer les yeux sur celles et ceux qui en sont privés : enfants et jeunes laissés à eux-mêmes, marginaux de la prospérité générale, réfugiés et migrants des pays de misère et de guerre.

Je sais, avec vous, le travail magnifique et efficace que réalise, dans notre Unité pastorale, la Conférence de St-Vincent de Paul, et depuis le XIXème siècle. Ainsi, je lis dans les archives qu’à Juslenville, en 1891, on distribua, en une semaine de décembre, 20.000 kg de houille, à destination de 44 familles.

Deuxième vœu : libérons-nous de l’angoisse de devoir faire nombre et de la prétention d’être au centre. Sortons de notre boutique et allons aux périphéries car c’est là que Jésus est né. Non seulement il nous faut assurer la pérennité des actions de St-Vincent de Paul que votre générosité soutient largement, mais encore, et surtout, il faut y associer le plus possible de nos paroissiens, mais aussi tous ceux et celles, quelles que soient leurs convictions, qui œuvrent pour une société solidaire.

Transmettre

Après l’annonce et le partage, j’en viens à notre mission éducative : transmettre. Marie retenait tous ces événements et les méditait en son cœur. Quant aux bergers, ils racontaient tout ce qui leur avait été annoncé.

Comme eux, il s’agit pour nous de méditer et transmettre. Aujourd’hui, notre société souffre d’une carence de la transmission. Combien de parents et de grands-parents se désolent de voir leurs enfants sans repères et éloignés de la foi ! On peut accuser l’air du temps, mais nous avons aussi bien difficile pour formuler et proposer les fondements de notre vie, autrement dit, notre foi.

C’est l’enjeu de la catéchèse. Les conditions culturelles de la transmission sont aujourd’hui modifiées. Il ne s’agit plus de compter sur les autres, la famille ou la société ou l’école. Nous ne devons plus penser en termes d’entretien ou de réveil de la foi, mais en termes d’initiation, donc de processus d’entrée dans un monde inconnu. Voilà qui demande imagination et compétence. Et j’en profite pour saluer l’invention et la réalisation des « sacrés dimanches » qui, au-delà de l’aspect intergénérationnel et inter-paroissial, cherchent à promouvoir une autre démarche de partage de la foi.

Troisième vœu : nous mettre tous en état de réflexion et participer efficacement à la large consultation que notre diocèse organise, cette année, pour identifier les axes d’une nouvelle catéchèse. On vous en reparlera dimanche prochain

Ces vœux ne sont pas seulement l’expression du vouloir, ils sont aussi un appel, une prière. Mais, diront certains, ce ne sont que des rêves.

Et alors. Faut-il se mettre en boule, ne plus rien souhaiter, se résigner à l’état de nos paroisses ? Mais que serait un monde où chacun se contenterait de son sort et où plus personne ne formulerait un vœu, un souhait, une volonté de renouveau, d’innovation ?

Alors : Bonne et surtout nouvelle année !

Abbé Marcel Villers

crechetous

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