Clés pour lire l’évangile de Luc : 9. Fils d’Adam, fils de Dieu

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire (parution le mercredi matin), nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Luc. Cette semaine, Lc 3,23-38 : la généalogie de Jésus.

9. Fils d’Adam, fils de Dieu

Quand il commença, Jésus avait environ trente ans (Lc 3,23)

Luc, depuis la première page de son évangile, est préoccupé par la révélation de l’identité de Jésus : qui est cet homme ? Fils de Marie, fils de Dieu, et maintenant fils d’Adam ce qui souligne l’universalisme du salut et de la mission de Jésus.

Au lieu de s’arrêter à Abraham comme premier ancêtre du Christ, Luc remonte au-delà de l’origine du peuple élu. Il annonce ainsi à travers la liste des ancêtres de Jésus que ce dernier est venu pour tout être humain. Le salut est pour tous les peuples. Les destinataires de l’Évangile sont l’immense foule des hommes, de toutes les nations et de toute culture. C’est d’Adam que le Christ tire son origine et le but de sa mission : régénérer l’humain.

Cette mission débute quand « Jésus avait environ trente ans » (3,23). C’est la source de l’âge traditionnel où Jésus commence sa vie publique de prédicateur. Mais pendant trente ans de vie cachée, Jésus a prêché par son humanité et le quotidien d’une existence comme celle de tout homme. C’est en étant fils d’Adam qu’il s’est révélé fils de Dieu.

Généalogies

« Luc remonte le cours de temps, il va du Christ jusqu’à Adam et Dieu. Comme bien des généalogies présentes dans la Bible, celles de Luc et Matthieu (1,1-17) qui établissent la généalogie de Jésus ne paraissent pas rigoureuses ou scientifiques. De fait, elles relèvent d’un genre littéraire oriental qui a d’autres intentions que la précision statistique. Une histoire du salut est une histoire qualitative, une sagesse de l’histoire ou plutôt une histoire-sagesse, beaucoup plus qu’une science documentaire. Les généalogies de Luc et Matthieu sont une construction qu’ils élaborent, en utilisant des noms et des événements empruntés à l’histoire, pour traduire leurs préoccupations théologiques. Ainsi Luc songe à l’universalisme chrétien qui voudrait voir toutes les nations accepter le message évangélique. Luc rattache donc Jésus au père de l’humanité, pour que Jésus apparaisse comme ‘le dernier Adam, un être spirituel donnant la vie à une nouvelle humanité’ (1 Co 15,45). » (ACEBAC, Les Évangiles, 1983, p.368-369)

Abbé Marcel Villers

 

 

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