5e dimanche de Pâques. Jn 14, 1-12 : voir Dieu

Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. 

Avec Philippe, c’est le désir de tout homme qui s’exprime : voir Dieu, le connaître, le toucher. Savoir s’il existe, à quoi il ressemble. Voilà qui comblerait l’inquiétude du cœur humain et les questions du croyant.
Seigneur, montre-nous le Père.
Vient alors la réponse surprenante de Jésus : Celui qui m’a vu a vu le Père.

Mesurons-nous l’inouï et l’audace d’une telle affirmation. Nous y sommes tellement habitués. Il suffit cependant de réfléchir avec bon sens et rationnellement pour retrouver le scandale de cette affirmation qui revient à dire que voir Jésus, c’est du même coup voir Dieu.
Philippe peut être satisfait car il l’a vu, l’homme Jésus. Mais nous, nous ne sommes pas plus avancés car Jésus, nous ne l’avons ni vu, ni connu. Mais n’allons pas penser que Philippe soit à une meilleure place que la nôtre. Voilà des mois, des années peut-être qu’il fréquente Jésus et dans l’intimité. Mais il n’a rien vu d’autre en Jésus que Jésus. C’est ce que lui reproche ce dernier : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Et Jésus ajoute : Comment peux-tu dire : Montre-nous le Père ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! 

Philippe a vu Jésus, mais il n’a pas reconnu en lui le visage du Père.
Et nous ?
Nous n’avons pas vu Jésus, mais nous connaissons sa vie, ses paroles, ses actes. Mais avons-nous reconnu en lui le Père ?
Finalement, nous sommes dans la même position que Philippe et ses compagnons. Dieu se laisse voir dans la personne, les paroles et la vie de l’homme Jésus. Mais cela n’apparaît qu’à celui qui croit. C’est d’ailleurs ce que Jésus nous demande : Croyez ce que je vous dis : je suis dans le Père et le Père est en moi ; si vous ne croyez pas ma parole, croyez au moins à cause des œuvres.
S’il y en a qui sont capables de croire Jésus sur parole et de reconnaître en lui le Fils de Dieu, la plupart d’entre nous avons besoin de plus : examiner les œuvres de Jésus, c’est-à-dire ses actes, sa vie, sa mort.

Je suis le chemin, la vérité et la vie, déclare Jésus. Personne ne va vers le Père sans passer par moi. Si nous voulons connaître le Père, nous devons passer par Jésus. Il est le chemin qui conduit au Père, à Dieu. Passer par Jésus, ce n’est pas simplement savoir qu’il est le chemin. Ce n’est pas une question de connaissance, mais de pratique.
Croire que Jésus est le chemin consiste à le suivre. Suivre le même chemin que celui que Jésus a suivi mène au Père. Voilà le sens de cette parole : Personne ne va vers le Père sans passer par moi. Pour connaître le Père, nous devons passer par Jésus.

Abbé Marcel Villers
Illustration : panneau de la nef de l’église de Theux © KIK-IRPA, Bruxelles

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