Clés pour lire saint Jean 6. L’invisible

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons cette année fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Jean. Il n’y a pas d’année liturgique centrée sur Jean, comme c’est le cas pour Matthieu, Marc et Luc. Nous ferons donc une lecture continue de Jean en tâchant de faire des liens avec l’année liturgique. En ce temps de Noël, nous achevons notre lecture du prologue. Cette semaine : Jn 1, 16-18.        

6.  Dieu l’invisible

La grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ (Jn 1,17)

« Dieu, personne ne l’a jamais vu. » (1,18) Dieu n’est pas un objet de ce monde que l’on peut expérimenter. Il est le Tout Autre, inaccessible à l’homme. Si Dieu veut être connu de l’homme, il doit se révéler à lui. Ainsi, « la Loi fut donnée par Moïse » (1,17), première révélation du Dieu invisible. Mais ce n’est pas le don parfait qui vient par et en Jésus Christ : « la grâce et la vérité » (1,14.17) en plénitude.

C’est le cœur de la foi chrétienne : Jésus est la grâce, c’est-à-dire le don par excellence, et la vérité, c’est-à-dire l’accès à Dieu lui-même. « Le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître. » (1,18) S’exprime ici la relation entre Dieu et l’homme Jésus : il est le Fils et l’unique ; il est le seul chemin vers Dieu.

L’Exégète du Père

« Dieu, personne ne l’a jamais vu. Le Fils l’a fait connaître » Le verbe grec traduit ici par « faire connaître » est exègeîsthai d’où vient notre mot « exégèse ». Le Fils est le seul à pouvoir expliquer le Père. Il est son Interprète, son Exégète… Seul le Fils « raconte » le Père. Si le Fils raconte le Père, ce n’est pas seulement par son enseignement ou par ses paroles. Lui qui est la Parole (le Logos), il raconte moins par son enseignement que par son être : « Nous avons vu sa Gloire comme celle qu’un Fils unique tient de son Père » (1,14). Dans la faiblesse de la « chair », c’est-à-dire de l’être humain considéré dans sa fragilité, le Verbe avait manifesté la Gloire. La Gloire, pour un Sémite, c’était Dieu même se manifestant dans l’éclat de sa puissance et de sa sainteté… C’est pourquoi, pour l’évangéliste, voir le Fils, c’est voir le Père. Le Fils révèle le Père par tout ce qu’il est et fait. » (Annie JAUBERT, Approches de l’Évangile de Jean, 1976)

Abbé Marcel Villers

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