Clés pour lire saint Jean 7. L’envoyé

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons cette année fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Jean. Il n’y a pas d’année liturgique centrée sur Jean, comme c’est le cas pour Matthieu, Marc et Luc. Nous ferons donc une lecture continue de Jean en tâchant de faire des liens avec l’année liturgique. En cette fin du temps de Noël, nous lisons un résumé de la mission de Jésus : Jn 12, 44-50.         

7.  L’envoyé

Celui qui croit en moi, croit en celui qui m’a envoyé (Jn 12,44)

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Clés pour lire saint Jean 6. L’invisible

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons cette année fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Jean. Il n’y a pas d’année liturgique centrée sur Jean, comme c’est le cas pour Matthieu, Marc et Luc. Nous ferons donc une lecture continue de Jean en tâchant de faire des liens avec l’année liturgique. En ce temps de Noël, nous achevons notre lecture du prologue. Cette semaine : Jn 1, 16-18.        

6.  Dieu l’invisible

La grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ (Jn 1,17)

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Clés pour lire saint Jean 5. Le Verbe s’est fait chair

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons cette année fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Jean. Il n’y a pas d’année liturgique centrée sur Jean, comme c’est le cas pour Matthieu, Marc et Luc. Nous ferons donc une lecture continue de Jean en tâchant de faire des liens avec l’année liturgique. En ce temps de Noël, nous achevons notre lecture du prologue. Cette semaine : Jn 1, 9-14.          

5.  Le Verbe s’est fait chair

Il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire. (Jn 1,14)

En venant parmi nous, Dieu ne nous tire pas vers le ciel, mais vers la terre, vers la chair. La chair, c’est une manière concrète de dire finitude, fragilité, souffrance et mortalité. Tout ce qui caractérise la condition humaine. « Le Verbe s’est fait chair. » (1,14) Dieu s’est fait homme.

« Oui, écrit St-Irénée, c’est le Verbe de Dieu qui a habité en l’homme, qui s’est fait fils de l’homme, pour habituer l’homme à recevoir Dieu, et habituer Dieu à habiter en l’homme. »

L’enfant de la crèche dit qu’en tout homme, aussi petit, aussi pauvre, dépouillé et nu qu’un nouveau-né, dans le plus faible et le plus vulnérable, Dieu est présent. Voilà qui fonde la dignité divine de tout être humain et le respect infini qui lui est dû.

L’incarnation

« Le Dieu transcendant et inaccessible se fait homme de chair et de sang avec toute l’affectivité, toutes les perceptions, toutes les potentialités, mais aussi toutes les limites attachées à cette condition corporelle. » Dieu se révèle dans un corps, corps de chair et de sang, celui de Jésus de Nazareth, et, dans une certaine mesure celui de tout homme. Désormais, Dieu et l’homme se déchiffrent l’un dans l’autre. Dieu et l’homme ne peuvent être connus séparément. L’homme, c’est ce qui apparaît quand Dieu sort de lui-même, s’exprime. Tel est le grand mystère que nous nommons l’incarnation, mystère de dépouillement et de livraison de soi, mystère de l’amour. En effet, Noël nous révèle que : « Dieu s’exprime en se dépouillant lui-même ; et c’est ce fait qui constitue l’homme, en tant qu’homme. » En se dépouillant lui-même, Dieu voile sa majesté, mais du même coup exprime ce qui fait son être : l’amour, dont l’homme est la manifestation. Ce n’est pas dans les ors et l’éclat que Dieu se révèle, mais dans l’ordinaire de l’homme. (D’après Karl RAHNER, Réflexions théologiques sur l’incarnation, 1962)

Abbé Marcel Villers

Clés pour lire saint Jean 4. Identification

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons cette année fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Jean. Il n’y a pas d’année liturgique centrée sur Jean, comme c’est le cas pour Matthieu, Marc et Luc. Nous ferons donc une lecture continue de Jean en tâchant de faire des liens avec l’année liturgique. En ce temps de l’Avent, prolongeons notre méditation sur le témoignage de Jean le Baptiste. Cette semaine : Jn 1, 19-28.        

4.  Question d’identification

Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas. (Jn 1,26)

Il est là, présent au milieu de nous, mais inconnu, ignoré, méconnaissable. De qui Jean parle-t-il ? qui désigne-t-il ainsi ? « Jean est venu pour rendre témoignage à la Lumière. » (1,7) Mais comment se fait-il que Celui qu’on appelle la Lumière soit invisible ? Que Celui qui s’identifie à la Vérité ne s’avance que masqué ? Que Celui qu’on dit être partout n’apparaisse nulle part ?

C’est bien là une des réalités les plus étonnantes sur lesquelles les croyants butent immanquablement : Dieu ne se laisse jamais saisir. Il est comme la Lumière. Sans elle, tout est obscur, mais personne ne peut la saisir. Dieu est insaisissable. Par définition, pourrait-on dire. Cela nous en dit long sur Dieu : il est partout mais ailleurs que là où nous l’attendons.

La tradition du Messie caché

« Dans le judaïsme d’alors, une spéculation circulait selon laquelle le Messie vivait incognito au milieu de son peuple avant de se révéler. Selon certains textes, le Messie apparaîtra au temps fixé et il est certain qu’il viendra, car il est déjà là, quoique caché aux yeux des mortels. Pour d’autres, le Messie est déjà sur terre, incognito et même lui ne sait pas qui il est. Jn 1,26 semble présupposer la seconde conception qu’on retrouve chez Justin, un philosophe chrétien du deuxième siècle (entre 100 et 165) qui écrit dans le Dialogue avec Tryphon (VIII,4) : « Si le Christ est né et demeure quelque part, il est inconnu, il ne se connaît pas lui-même et n’a aucun moyen de se faire connaitre. Il faut d’abord que le prophète Élie vienne lui donner l’onction sainte et le révèle à la terre. » (Jean ZUMSTEIN, L’Évangile selon saint Jean, 2014)

Abbé Marcel Villers