Temps et fêtes liturgiques : l’Épiphanie

Solennité de l’Épiphanie du Seigneur

Les origines
Le terme même qui désigne cette fête est issu du grec et indique l’origine de cette solennité. Le grec « epiphania » peut être traduit par : manifestation, apparition, advenue. « Dans le monde gréco-romain, on appelait epiphania aussi bien l’apparition ou la manifestation secourable de la divinité envers les hommes que les avènements festifs d’un souverain : accession au trône, entrée triomphale dans une ville. »

L’Épiphanie est née en Orient, sans doute en Égypte, avant la fête romaine de Noël qui remonte aux alentours de 330. Mais elle obéit au même motif initial : s’opposer aux fêtes païennes du solstice d’hiver qui étaient célébrées le 6 janvier en Égypte et en Arabie. Ce jour était aussi celui du baptême de Jésus, selon les Gnostiques, qui en ont fait une fête dès les années 120-140 car, pour eux, c’est au baptême dans le Jourdain que l’incarnation eut lieu. Née, au début du siècle en Orient, la fête de l’Épiphanie est reçue en Gaule vers 360, avant de l’être à Rome un peu plus tard.  Dès la fin du 4e s., les deux fêtes de Noël et de l’Épiphanie, reçues l’une et l’autre dans toutes les Églises, vont évoluer dans leur contenu.

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Clés pour lire l’évangile de Jean : 44. La Loi

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Jean. Nous poursuivons la lecture continue de l’évangile. Jésus enseigne dans le Temple : Jn 7, 14-24.

44. La Loi

« Comment cet homme qui n’a pas étudié est-il si instruit ? » (Jn 7,7)

Jésus étonne par sa science des Écritures, mais de quel droit peut-il enseigner ? Quelle est la source de son autorité ? « Mon enseignement n’est pas de moi, mais de Celui qui m’a envoyé » (7,16). Facile à dire. Mais celui qui connaît Dieu et sa volonté exprimée dans la Loi de Moïse « saura si cet enseignement vient de Dieu ou si je parle de moi-même » (7,17) Or parmi les auditeurs de Jésus, « aucun ne met la Loi en pratique » (7,19)

De la Loi, Jésus donne sa clef d’interprétation : le bien de l’être humain, telle est la finalité de la Loi comme de l’action de Jésus. Alors, « pourquoi vous emportez-vous contre moi parce que j’ai guéri un homme tout entier le jour du sabbat ? » (7,23) 

La fête des Tentes

« C’est l’une des trois fêtes de pèlerinage célébrées à Jérusalem (Dt 23,14). La fête durait huit jours, en septembre-octobre (Lv 23, 34-43). A l’origine fête des récoltes (Dt 23,16), elle était marquée par la construction de huttes de branchages dans les vignes et les vergers. A cette première signification qui célébrait le Dieu créateur, s’en ajouta une seconde, suscitée par l’histoire du salut : commémorer le séjour du peuple au désert qui s’y abritait sous des tentes (Lv 23,43-44). Enfin, la fête était liée à des attentes eschatologiques : Dieu allait venir séjourner au milieu des siens et tous les peuples monter en pèlerinage à Jérusalem (Za 14,16). On attendait donc une lumière perpétuelle (Za 14,7) et que les eaux vives sortent du Temple pour fertiliser la terre (Za 14,8). Chaque jour, une procession avec palmes allait puiser l’eau à Siloé, pour la verser sur l’autel du Temple. Le soir, de grandes illuminations avaient lieu dans la cour. L’eau et la lumière donnent le cadre et la portée des deux affirmations de Jésus (7,37-38 et 8,12). (Jean ZUMSTEIN, L’Évangile selon saint Jean, 2014)

Abbé Marcel Villers

Clés pour lire saint Jean 7. L’envoyé

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons cette année fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Jean. Il n’y a pas d’année liturgique centrée sur Jean, comme c’est le cas pour Matthieu, Marc et Luc. Nous ferons donc une lecture continue de Jean en tâchant de faire des liens avec l’année liturgique. En cette fin du temps de Noël, nous lisons un résumé de la mission de Jésus : Jn 12, 44-50.         

7.  L’envoyé

Celui qui croit en moi, croit en celui qui m’a envoyé (Jn 12,44)

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Clés pour lire saint Jean 4. Identification

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons cette année fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Jean. Il n’y a pas d’année liturgique centrée sur Jean, comme c’est le cas pour Matthieu, Marc et Luc. Nous ferons donc une lecture continue de Jean en tâchant de faire des liens avec l’année liturgique. En ce temps de l’Avent, prolongeons notre méditation sur le témoignage de Jean le Baptiste. Cette semaine : Jn 1, 19-28.        

4.  Question d’identification

Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas. (Jn 1,26)

Il est là, présent au milieu de nous, mais inconnu, ignoré, méconnaissable. De qui Jean parle-t-il ? qui désigne-t-il ainsi ? « Jean est venu pour rendre témoignage à la Lumière. » (1,7) Mais comment se fait-il que Celui qu’on appelle la Lumière soit invisible ? Que Celui qui s’identifie à la Vérité ne s’avance que masqué ? Que Celui qu’on dit être partout n’apparaisse nulle part ?

C’est bien là une des réalités les plus étonnantes sur lesquelles les croyants butent immanquablement : Dieu ne se laisse jamais saisir. Il est comme la Lumière. Sans elle, tout est obscur, mais personne ne peut la saisir. Dieu est insaisissable. Par définition, pourrait-on dire. Cela nous en dit long sur Dieu : il est partout mais ailleurs que là où nous l’attendons.

La tradition du Messie caché

« Dans le judaïsme d’alors, une spéculation circulait selon laquelle le Messie vivait incognito au milieu de son peuple avant de se révéler. Selon certains textes, le Messie apparaîtra au temps fixé et il est certain qu’il viendra, car il est déjà là, quoique caché aux yeux des mortels. Pour d’autres, le Messie est déjà sur terre, incognito et même lui ne sait pas qui il est. Jn 1,26 semble présupposer la seconde conception qu’on retrouve chez Justin, un philosophe chrétien du deuxième siècle (entre 100 et 165) qui écrit dans le Dialogue avec Tryphon (VIII,4) : « Si le Christ est né et demeure quelque part, il est inconnu, il ne se connaît pas lui-même et n’a aucun moyen de se faire connaitre. Il faut d’abord que le prophète Élie vienne lui donner l’onction sainte et le révèle à la terre. » (Jean ZUMSTEIN, L’Évangile selon saint Jean, 2014)

Abbé Marcel Villers