Clés pour lire saint Jean 7. L’envoyé

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons cette année fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Jean. Il n’y a pas d’année liturgique centrée sur Jean, comme c’est le cas pour Matthieu, Marc et Luc. Nous ferons donc une lecture continue de Jean en tâchant de faire des liens avec l’année liturgique. En cette fin du temps de Noël, nous lisons un résumé de la mission de Jésus : Jn 12, 44-50.         

7.  L’envoyé

Celui qui croit en moi, croit en celui qui m’a envoyé (Jn 12,44)

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Clés pour lire saint Jean 4. Identification

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons cette année fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Jean. Il n’y a pas d’année liturgique centrée sur Jean, comme c’est le cas pour Matthieu, Marc et Luc. Nous ferons donc une lecture continue de Jean en tâchant de faire des liens avec l’année liturgique. En ce temps de l’Avent, prolongeons notre méditation sur le témoignage de Jean le Baptiste. Cette semaine : Jn 1, 19-28.        

4.  Question d’identification

Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas. (Jn 1,26)

Il est là, présent au milieu de nous, mais inconnu, ignoré, méconnaissable. De qui Jean parle-t-il ? qui désigne-t-il ainsi ? « Jean est venu pour rendre témoignage à la Lumière. » (1,7) Mais comment se fait-il que Celui qu’on appelle la Lumière soit invisible ? Que Celui qui s’identifie à la Vérité ne s’avance que masqué ? Que Celui qu’on dit être partout n’apparaisse nulle part ?

C’est bien là une des réalités les plus étonnantes sur lesquelles les croyants butent immanquablement : Dieu ne se laisse jamais saisir. Il est comme la Lumière. Sans elle, tout est obscur, mais personne ne peut la saisir. Dieu est insaisissable. Par définition, pourrait-on dire. Cela nous en dit long sur Dieu : il est partout mais ailleurs que là où nous l’attendons.

La tradition du Messie caché

« Dans le judaïsme d’alors, une spéculation circulait selon laquelle le Messie vivait incognito au milieu de son peuple avant de se révéler. Selon certains textes, le Messie apparaîtra au temps fixé et il est certain qu’il viendra, car il est déjà là, quoique caché aux yeux des mortels. Pour d’autres, le Messie est déjà sur terre, incognito et même lui ne sait pas qui il est. Jn 1,26 semble présupposer la seconde conception qu’on retrouve chez Justin, un philosophe chrétien du deuxième siècle (entre 100 et 165) qui écrit dans le Dialogue avec Tryphon (VIII,4) : « Si le Christ est né et demeure quelque part, il est inconnu, il ne se connaît pas lui-même et n’a aucun moyen de se faire connaitre. Il faut d’abord que le prophète Élie vienne lui donner l’onction sainte et le révèle à la terre. » (Jean ZUMSTEIN, L’Évangile selon saint Jean, 2014)

Abbé Marcel Villers

 

Clés pour lire saint Jean 3. Son nom était Jean

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons cette année fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Jean. Il n’y a pas d’année liturgique centrée sur Jean, comme c’est le cas pour Matthieu, Marc et Luc. Nous ferons donc une lecture continue de Jean en tâchant de faire des liens avec l’année liturgique. Au long de l’Avent, nous méditerons le prologue (Jn 1, 1-18) qui ouvre l’évangile et est lu entièrement, chaque année, le jour de Noël. Cette semaine : Jn 1, 6-8.

3.  Son nom était Jean

Il est venu pour rendre témoignage à la Lumière. (Jn 1,7)

Ce Jean qui ne peut être que celui que nous nommons le Baptiste est ici désigné par trois termes positifs : un homme, un envoyé, un témoin ; et une restriction : « cet homme n’était pas la Lumière. » (1,8) Lui qui n’est qu’un homme, bien loin donc de la dimension divine du Verbe, sa mission est de « rendre témoignage à la Lumière afin que tous croient par lui. » (1,7)

Ce n’est pas de lui-même que cet homme, Jean, s’est constitué témoin. En effet, « il est envoyé par Dieu pour rendre témoignage ». (1,6) Il nous est présenté comme le premier témoin, le témoin universel qui s’adresse à tous : il témoigne de la Lumière, celle qui vient illuminer tout humain et donner sens à l’existence. Sa mission est de conduire à la foi en ce Verbe, Jésus, Lumière des hommes. Il prépare, il précède, il annonce, il témoigne. Comme chacun de nous.

Le témoin

Envoyé et témoin, telle est la définition de tout chrétien qui, comme Jean le Précurseur, est appelé à « rendre témoignage à la Lumière afin que tous croient par lui. » (1,7) « Pour qu’ils puissent donner avec fruit ce témoignage du Christ, les chrétiens doivent se joindre aux hommes par l’estime et la charité… découvrir avec joie et respect les semences du Verbe qui se trouvent cachées [dans leurs traditions nationales et religieuses]… Le Christ lui-même a scruté le cœur des hommes et les a amenés par un dialogue vraiment humain à la lumière divine ; de même, ses disciples doivent connaître les hommes au milieu desquels ils vivent, engager conversation avec eux, afin qu’eux aussi apprennent dans un dialogue sincère et patient, quelles richesses Dieu a dispensées aux nations. » (Vatican II, Décret sur l’activité missionnaire de l’Église, n° 11)

Abbé Marcel Villers

Clés pour lire l’évangile de Matthieu 15. Transfiguré

Dans cette série hebdomadaire (parution le mercredi matin), nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Matthieu. Cette semaine : Mt 17, 1-9 du 2e dimanche du carême.

15. Transfiguré sur une haute montagne

De la nuée, vint une voix qui disait : « Écoutez-le ! » (Mt 17, 5)

« Son visage devint brillant comme le soleil et ses vêtements blancs comme la lumière. » (17, 2) D’ordinaire, on peut devenir lumineux si on est éclairé par une puissante lumière extérieure. Ici, la face de Jésus, ses vêtements, l’ensemble de son corps deviennent source de lumière.

« Pierre parlait encore lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre. » (17, 5) Bien que lumineuse, la nuée les plonge maintenant dans l’ombre ! Elle les prive de la vision, la nuée les terrasse, ils sont rendus aveugles. Et par là même, ils sont maintenant mis en situation pour entendre. De la nuée, en effet, vient une voix : « Écoutez-le ! » (17, 5) Ce n’est pas regarder, voir Jésus qui importe, c’est l’écouter, lui obéir, le suivre en actes.

Transfiguration pascale

Alors que les disciples sont à terre et plongés dans la mort par la peur, Jésus les touche, et leur dit : « Relevez-vous et n’ayez pas peur !» (17, 7) Ce verbe : se « relever » est celui qui sera utilisé pour parler de Jésus, relevé ou ressuscité d’entre les morts à Pâques. La Transfiguration prépare le cœur des disciples à surmonter le scandale de la croix. Jésus leur avait annoncé qu’il allait être trahi et mis à mort, qu’il toucherait alors le fond de l’humiliation. Maintenant, sur la montagne, il leur montre l’issue : la glorification lumineuse, la métamorphose de la résurrection. Cette transfiguration est ce qui nous attend aussi : « en ce jour, sur le Thabor, le Christ transforma la nature enténébrée d’Adam. L’ayant illuminée, il la divinisa. » (C. ANDRONIKOFF, Le sens des fêtes, 1970)

Abbé Marcel Villers