Homélie : Nouvel-An 2022

De l’ancien faire du neuf

« Comment un homme pourrait-il naître s’il est vieux ? Pourrait-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître ? » Comment, à l’intérieur de l’être ancien que nous sommes, pourrait surgir la vie nouvelle ? Comment de l’année ancienne qui s’est écoulée pourrait naître une nouvelle ?
« Il vous faut naître d’en haut », répond Jésus.

2 janvier 2022. En route pour la synodalité. Theux en UP

La période du Nouvel-An, c’est traditionnellement le temps des bilans et des résolutions. Je voudrais, au seuil de la nouvelle année, tenter la chose à propos de notre vie en Église.
« Marcher ensemble », en grec « synode », telle est la démarche qui nous est proposée pour l’année qui s’ouvre.
L’Église, ce n’est pas un déjà là, une institution où l’on entre, une organisation dont on devient membre. L’Église, c’est un projet, un faire, un agir. C’est marcher ensemble sur la voie, la route tracée par le Christ. Marcher, non pas chacun pour soi, mais ensemble.
Marcher ensemble, ce n’est pas ce que donnent à voir nos assemblées. Les contraintes sanitaires les ont transformées en un groupe dispersé, chacun à distance de l’autre et distribué plic-ploc dans un espace trop grand pour un si petit nombre. Est-ce là un accident passager dû à la pandémie ? Ou est-ce tout simplement le reflet de notre façon de vivre l’Église ?

En tous cas, c’est l’exacte image de la situation de notre Église dans l’espace géographique et social de notre commune, plus largement de notre pays. L’organisation en paroisses a laissé place à quelques îlots où vivent des chrétiens, un petit reste menacé de disparition s’il vit isolé. Ce qu’on appelait la civilisation paroissiale, un territoire peuplé d’âmes gouverné par un curé, a disparu. Nous sommes devant un archipel où subsistent disséminés de petits groupements de chrétiens.

Nous sommes entrés dans le temps de la diaspora, de la dispersion. Marcher ensemble s’avère une condition de survie pour l’Église dans cette situation de diaspora. D’autant que s’y joignent la pénurie du clergé et un discrédit dû aux abus de toutes formes au sein de l’Église, abus de pouvoir, abus de conscience, abus sexuels.

Cette situation peut mener au découragement ou à la passivité. On peut aussi y voir un signe qui sonne l’heure de la réaction et du grand renversement. Il s’agit de se bouger. Impossible de ne rien faire ou attendre que cela passe. Il faut changer, non pas simplement modifier des fonctionnements, mais changer de culture et d’état d’esprit. Hier, l’Église et ses institutions nous portaient du berceau à la tombe. Aujourd’hui, si nous ne la prenons pas en charge, si nous ne portons pas l’Église, elle disparaîtra de notre région. La réalité des rassemblements dominicaux dans nos huit églises en est déjà le présage.

Le problème n’est pas que nous soyons devenus une minorité, ni comment suppléer au manque de prêtres, mais de se demander quelle communauté, quelle Église nous voulons faire, ici, à Theux.
Il est d’abord nécessaire de repenser la place de l’eucharistie dans nos communautés, ce que déjà nous a obligé à faire la pandémie lorsque nous avons été confinés. Qui ou quoi a alors pris la place de la messe ? Nous avons peut-être compris que ce n’est pas seulement par la messe que l’on forme une communauté. Il suffit de regarder notre assemblée pour s’en rendre compte.

Pour aller plus loin, nous sommes invités par le pape et notre évêque, à prendre la route de la synodalité. Vous en avez déjà une idée si vous consultez le site internet de l’UP et si vous lisez le bulletin paroissial Semence d’espérance. En résumé, mettons-nous, enfin, à marcher ensemble, et pour ce faire, à entrer dans une démarche d’écoute, de dialogue, de débat et de discernement communautaire.

L’objectif de la première phase du chemin synodal est de favoriser un vaste processus de consultation. Trois axes de questionnement sont proposés à notre débat : communion, participation, mission qui sont les traits spécifiques de toute communauté chrétienne.
Communion renvoie à notre vécu relationnel et fraternel : comment vivons-nous l’attention mutuelle dans nos communautés ?
Participation renvoie à nos engagements : comment partageons-nous les responsabilités entre prêtres et laïcs, au sein de nos communautés ?
Mission renvoie à la communication de la foi : comment sommes-nous des témoins actifs de la foi chrétienne dans nos milieux de vie ?

« Ce processus de débat et de prise de parole, écrit notre évêque, permettra une catharsis communautaire, c’est-à-dire une purification spirituelle. Il en découlera plus d’amitié entre nous, plus de responsabilité et plus de sens de la mission. Merci d’avance pour votre participation. »

Si vous êtes intéressés et surtout partie prenante de cette démarche de discernement et de rénovation, le curé avec moi vous proposons de vous inscrire, à la sortie de cette célébration. Vous recevrez par la suite un questionnaire à remplir et une proposition de rencontre pour partager vos avis et élaborer une position commune à communiquer à notre évêque.

Bonne année et surtout marchons ensemble !

Abbé Marcel Villers

Illustration : Maurice Denis, église Saint-Nicaise, Reims, 1934

Si vous souhaitez prendre part au processus synodal dans notre UP,
envoyez-nous un courriel à synode@franchicroix.be !

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