« Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu ! »

7-paques-B-2009Homélie de l’abbé Jean-Marc Ista
pour le 5ème dimanche de Pâques (année C)

24 avril 2016

Avant d’être un chemin spirituel, l’annonce du Règne est avant tout un acte de communication qui relève du parcours du combattant ! Si nos communautés chrétiennes existent aujourd’hui, elles ont à reconnaître qu’elles ne sont pas nées sui generis. Elles sont le fruit du labeur de tant et tant au fil des siècles ! Comme évoqué dans la première lecture de ce dimanche en Ac 1; 21b-27, il en a fallu des déplacements, des actes de courage et de renoncement… Aussi ne faut-il pas s’étonner que de nos jours encore, évangéliser requière un labour et un ensemencement qui demande de la peine ! Pour accéder aux merveilles fécondes du Royaume, il ne suffit pas d’un clic sur internet ni d’aller faire un tour dans un supermarché ! Le Royaume ne se consomme pas : il s’accueille.

Un bon accueil se pense et se prépare : il mobilise des énergies et du temps. Du temps : voilà encore une valeur bien malmenée chez nous. Non seulement, tout le monde déclare en manquer mais insidieusement, il se constitue de plus en plus d’une succession de courtes séquences dont les spots publicitaires sont le paradigme ! Or, le périple des Apôtres dans l’Ecriture nous interpelle sur notre rapport au temps long, pas celui où l’on s’ennuie, mais celui de l’histoire, de la création bref de toute activité humaine essentielle. Cette semaine, la mobilisation du Télévie nous rappelle qu’il faut du temps pour vaincre une maladie insidieuse. Comment n’en serait-il pas de même pour accueillir le Royaume ?

Enfin, il est éclairant de constater que les premiers évangélisateurs à la fois discernent l’initiative et la présence de Dieu dans leurs actions et passent par les nécessaires médiations humaines du groupe. Autrement, pas de Royaume sans Église ni un minimum d’institution. Des Anciens sont désignés et reçoivent mission dans les Actes. Aucune œuvre ne s’accomplit sans le temps ni l’espace organisés. Encore une grosse question pour nous qui nous laissons porter sur la vague de l’individualisme et d’une fausse liberté qui veut nier les contraintes du vivre ensemble !

Enfin, ce petit texte se termine par l’écho d’une relecture communautaire : « une fois arrivés, ayant réunis l’Église, ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait… » Ici, la religion prend sens : elle est lecture et relecture des œuvres du Seigneur parmi nous ! Dans la foi comme dans une histoire d’amour, rien ne se fait ni ne s’enracine sans un partage salutaire et fécond !

Dans l’Évangile en Jean 13; 31-35, Jésus enracine le don du commandement de l’amour dans sa vie à relire et à imiter, dans sa relation unique à Dieu à accueillir dans la foi. Nous pressentons bien que nous ne pouvons aimer en vérité que dans la ligne de ce qui est évoqué plus haut. Aimer demande de se mobiliser, de renoncer, d’oser se déplacer… Aimer prend du temps, beaucoup de temps… Aimer demande de se poser et se parler pour reconnaître l’amour à l’œuvre ! Evidemment, l’amour n’est jamais un pur sentiment désincarné : l’autre est là qui se présente qu’il soit Dieu ou mon prochain !

« Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres… »

La parabole des deux loups

Une leçon de vie

wolf

Un vieil Indien très sage enseignait à son petit-fils d’importantes leçons de vie.

En chacun de nous, se déroule une bataille qui ressemble beaucoup à une bataille entre deux loups. L’un d’eux représente le mal : il est animé par l’envie, la jalousie, les remords, l’égoïsme, l’ambition, le mensonge… L’autre loup incarne le bien : il défend la paix, l’amour, l’espérance, la vérité, la bonté, la fidélité.

Ému par les paroles de son grand-père, l’enfant resta songeur pendant quelques instants, puis demanda : Et des deux loups, lequel gagne finalement ?

Avec un léger sourire, le sage répondit : Gagne toujours celui que tu nourris.

Texte et image : Aleteia

Comment aimer comme toi ?

rembrandt

Une prière de l’abbé Yves Chamberland,
prêtre dans le diocèse de Joliette au Québec,
pour Prions en Église Canada

Seigneur Jésus,
ta gloire et celle de ton Père sont étroitement liées,
mais c’est sur la Croix qu’elles le sont.
Sur la Croix, tu nous montres le vrai visage de Dieu :
un Dieu d’amour et de miséricorde.
Seigneur Jésus, tu nous demandes d’aimer à notre tour,
de nous aimer les uns les autres
comme tu nous as aimés.
Tu en fais même un commandement.
Comment aimer comme toi, autant que toi ?
Comment aimer sans compter, jusqu’au bout ?
Comment pardonner même à mes ennemis ?
Comment être miséricordieux comme ton Père ?
Seigneur Jésus, nous avons besoin
de la force de ton Esprit.
Grâce à lui, nous pourrons faire toutes choses nouvelles.
Avec lui, nous grandirons dans l’amour.
C’est lui qui fera que nous sommes reconnus
comme tes disciples,
à l’amour que nous aurons les uns pour les autres.

Paru dans Prions en Église d’avril 2016.
Illustration : Le retour du fils de Rembrandt :
http://careme.retraitedanslaville.org/date___2016-03-10

La Miséricorde accueille, pardonne, espère

femme adultère

L’humilité, la chasteté, la foi,
toutes les vertus sont chères au cœur de Dieu,
mais ce qu’il aime par-dessus tout, c’est d’être aimé.
Bienheureux Jean-Joseph Lataste

Dans les évangiles, deux femmes ont échappé à la lapidation. Nous connaissons le nom de la première : Marie de Nazareth. Son fiancé aurait pu la faire condamner ; Joseph ne l’a pas fait parce qu’il était un homme juste, ouvert au désir de Dieu et à son écoute.

La femme qu’on amène à Jésus n’a pas de nom ou plutôt elle a le mien et le vôtre. Elle peut être chacun de nous avec notre péché, nos refus d’aimer Dieu, les autres ou nous-mêmes, car le péché n’est rien d’autre !

Avec elle, nous voici devant non pas un juste mais devant le seul juste, le seul qui peut nous rendre juste à ses yeux, nous ajuster ou nous réajuster à l’amour du Père miséricordieux, donnant ainsi une folle espérance aux plus abîmés, aux plus perdus, aux plus pécheurs. Va et ne pèche plus a toute cette signification : Va. Je ne te condamne pas. Je te fais confiance. J’espère en toi. Je t’aime.

Certains voudraient peut-être entendre un explicite : Je te pardonne. Mais non. L’absence de condamnation, l’envoi pour une vie nouvelle, là est le pardon. Que veut-on de plus ? La Miséricorde accueille, pardonne, espère.

Le bienheureux Jean Joseph Lataste l’a dit et montré aux 400 détenues de la Maison centrale de Cadillac. Son témoignage et ses paroles ont porté du fruit. Il a simplement prêché l’Évangile de la Miséricorde. Avec la Miséricorde, nous avons de quoi arrêter toutes les lapidations qui pourraient nous atteindre ou par lesquelles nous pourrions atteindre les autres. Lapidations non par les pierres, mais par les paroles jetées qui condamnent, excluent, calomnient, médisent.

Mgr Gérard Daucourt

Le bienheureux Père Lataste est le fondateur des sœurs Dominicaines de Béthanie. Proches du milieu carcéral et des exclus, elles offrent des lieux de miséricorde.

Cette méditation fait partie de la retraite de carême en ligne, organisée par la communauté des Dominicains de Lille.

Méditation et photo : https://mail.google.com/mail/u/0/#inbox/15378622b368bc08