HOMÉLIE DES DIMANCHES D’AVENT Theux 2025

Premier dimanche d’Avent 2025

Est-ce que nous savons attendre ? Et si oui, qu’attendons-nous ?
Que tout continue comme maintenant ou que les choses changent ?
Attendre le Seigneur, c’est veiller, donc agir et non dormir ; c’est faire venir le Royaume dont il a annoncé la venue.

Lève-toi, il est temps. L’heure est venue de sortir de notre torpeur, écrit saint Paul, de notre train-train habituel. Mettons-nous en marche sur les chemins de la justice où le Seigneur nous précède.
Il est le Prince de la Paix ;
le libérateur des captifs ;
l’étranger venu frapper à notre porte ;
l’enfant de Dieu que tous nous sommes.

Ce sont les quatre thèmes que nous méditerons en ce temps d’Avent, autant de réalités de notre aujourd’hui : la guerre, les otages, les migrants rejetés, les enfants abusés ou refusés.

Veillez. Tenez-vous prêts, nous dit l’évangile.
Sortez de votre sommeil, proclame Saint Paul.
Quant au prophète Isaïe, il incite à miser sur la paix : De leurs épées, ils forgeront des socs de charrue, on ne s’entrainera plus pour la guerre.

Cet enjeu est plus actuel que jamais. En 2024, on a dénombré 61 conflits dans le monde, dont 18 guerres : Ukraine, Gaza, Soudan, Congo, etc.

Pouvons-nous rester passifs ?
Non. Lève-toi, il est temps. Ce sera notre mot d’ordre pour ce temps de l’Avent. Mais vous me direz : que voulez-vous que j’y fasse ? comment puis-je, moi seul, changer les choses ?

Cette résignation, ce constat d’impuissance, nous le partageons aisément.  Mais ce n’est pas une fatalité comme le démontre par son action Ella Mindja, jeune catholique congolaise, originaire du Sud-Kivu, pour qui «la guerre est une réalité qui l’accompagne depuis l’enfance».

Depuis près de trente ans, des groupes armés s’affrontent dans l’Est du Congo. Et les femmes paient le prix le plus lourd. Elles sont violées, déplacées, réduites au silence. Mais, dans ce chaos, elles ne sont pas que des victimes. Elles sont surtout et souvent des actrices essentielles de survie. Ce double héritage – la douleur et la résistance – a forgé la vocation d’Ella Mindja : faire du droit une arme pacifique. Elle a choisi les études de droit et est devenue avocate militante. Des villages de Bukavu aux tribunes de l’ONU, Mindja a porté la voix des femmes congolaises, elles qui refusent la résignation.

Pour elle, la paix ne se décrète pas; elle se construit avec celles qui ont survécu. La paix véritable naît de la vie quotidienne, de la survie, de la solidarité. En ce sens, la femme congolaise est la première diplomate de la paix. Car les femmes continuent de croire à la possibilité d’un lendemain. Elles sont veuves, mères, orphelines, mais debout.

Aux jeunes filles congolaises qui grandissent dans la peur, Mindja adresse ce message: «La volonté de Dieu ne nous conduit jamais là où sa grâce ne peut nous soutenir. Vous avez déjà montré une force extraordinaire. C’est à vous maintenant de bâtir, pierre après pierre, le pays que nous voulons». La paix n’est pas un rêve abstrait, mais un travail quotidien, une conversion du regard et des structures;

Et nous, alors ? Que pouvons-nous faire ?. Là où nous sommes, devenir des instruments de paix comme le propose la prière de saint François d’Assise.

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix !
Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.
Là où il y a discorde, que je mette l’union.
Là où il y a désespoir, que je mette l’espérance.
Là où il y a les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.

Abbé Marcel Villers

Lève-toi, il est temps – Premier dimanche de l’Avent 2025

Que la paix règne dans tes murs !

(Psaume 121, 7)

 

 

De leurs épées,
ils forgeront des socs de charrue,
et de leurs lances, des faucilles.

On ne lèvera plus l’épée
nation contre nation,
on ne s’entraînera plus à la guerre
.
 (Isaïe, 2, 4)

 

 

 

 

« Range ton épée » est une parole adressée aux puissants de ce monde, à ceux qui dirigent le destin des peuples : ayez l’audace du désarmement !

La paix naît de la communion, et non de la dissuasion. Du dialogue, et non de l’ultimatum. C’est une audace, celle de déposer son arme – le désarmement, précisément – qui est plus que jamais exigée des puissants d’aujourd’hui. Aucune idée, aucune foi, aucune politique ne nous autorise à tuer.

Courage, allez de l’avant. Le Seigneur crée et répand la paix à travers ses amis qui l’ont dans leur cœur, qui deviennent à leur tour des pacificateurs, des instruments de sa paix. »

Léon XIV, Veillée pour la paix, 11-10-2025

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Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix !

Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.

Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.

Là où il y a discorde, que je mette l’union.

Là où il y a désespoir, que je mette l’espérance.

Là où il y a les ténèbres, que je mette la lumière.

Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.

François d’Assise

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P.S. L’illustration est une reproduction d’un tableau de Breughel l’Ancien, La chute des anges rebelles, daté de 1562.

Veillée d’Avent : 2 décembre 2025 à Juslenville

Ah bon ? Et si c’était vrai…

En Jésus, Dieu prend visage

Comme chaque année, nous tenons à nous préparer à la belle fête de Noël. Nous prendrons le temps de laisser Dieu venir à nous, venir en nous.

La Parole de Dieu nous invite à nous recueillir et à reconnaître en Jésus le visage humain de Dieu.

Entrer dans le silence, prier, chanter, mais aussi décider de s’engager déjà à vivre de l’esprit du Nazaréen.

Nous vous invitons à ce merveilleux temps de retrouvailles et d’ouverture.

Abbé Gilbert Muytjens et l’équipe de préparation

La veillée s’inspire de l’article Mais mon cœur veille tiré du livre : Rikiki Tutti (DDB) de Raphaël Buyse

DÉDICACE DE LA BASILIQUE DU LATRAN : 9 NOVEMBRE

Dédicace de la basilique du Latran

Cette fête qui célèbre l’église-mère des catholiques, à savoir la cathédrale du pape, attire notre attention sur l’importance de nos églises. Nous célébrons cette fête, cette année, en même temps que la Saint-Hubert et sa foire.

Depuis les premiers temps de l’Église, les chrétiens ont eu besoin de lieux pour se rassembler. Non pas des temples sacrés censés abriter la divinité, mais des espaces adaptés pour se réunir et célébrer Celui qui est, qui était et qui vient.
A la suite de St Lambert, on sait que St Hubert acheva l’œuvre d’évangélisation de ce qui deviendra le diocèse, puis la principauté de Liège. A l’époque, sous les mérovingiens, seules les villes regroupaient une communauté de chrétiens. Les campagnes et les régions forestières, comme la nôtre, étaient toujours païennes. La peur y régnait par crainte des esprits et des divinités qui peuplaient la nature et les sombres forêts. Un des objectifs de St Hubert fut de détruire ces cultes et ces lieux pour y installer la nouveauté chrétienne. De cette époque date probablement le sanctuaire primitif sur lequel est construite notre église de Theux.
Le plan de nos églises est significatif de la nouveauté chrétienne. Nos églises sont construites, le plus souvent, en forme de croix. Ce n’est plus dans un lieu sacré, un temple qu’a lieu le culte.
Détruisez ce Temple, et en trois jours, je le relèverai, déclare Jésus.
Le Temple dont il parlait, c’était son corps.
Pour le chrétien, le seul temple véritable, c’est le Christ.
Le seul culte est celui que signifie la croix : corps livré et sang versé, don de soi par amour. Avec Jésus, la religion est devenue un amour et le culte offrande de soi.

Autre caractéristique de nos églises : leur orientation. C’est tournés vers le soleil levant que nous prions. Nos églises sont tournées vers l’Orient. Ce qui rend tangible le sens de la prière comme de la vie chrétienne : dirigées vers le Christ, le Ressuscité du matin de Pâques, le véritable Soleil levant. C’est de là qu’il reviendra. Nous l’attendons, debout et en tenue de voyage.
La présence du Christ ne tient pas au bâtiment, mais à l’assemblée des fidèles. Là où deux ou trois sont réunis, je suis au milieu d’eux. C’est l’assemblée qui constitue le Corps du Christ. Vous êtes la maison que Dieu construit. Et saint Paul ajoute : le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c’est vous.

Pour nous, chrétiens, les bâtiments que sont les églises ont une grande importance en termes d’identité, comme lieux de rassemblements et comme signes de présence au cœur de la société.
Mais les églises sont aussi, pour la plupart de nos concitoyens, quelles que soient leurs convictions, un patrimoine local, la mémoire d’une histoire commune.
Et voilà qu’aujourd’hui, l’avenir de ces bâtiments, les églises de nos villes et villages, est devenu incertain : regroupement des paroisses, des messes et des célébrations, financement de bâtiments coûteux en entretien et que les seuls fidèles n’arrivent plus à assurer, risques de vols qui obligent à fermer nos églises et les exilent ainsi de la vie du quartier ou du village.
Seules subsisteront demain les églises où une communauté dynamique en fera un lieu de vie, un lieu ouvert à tous, un lieu de rassemblement et de service au bénéfice de toute la population.

L’avenir de nos églises se joue aujourd’hui et dépend de nous.

Abbé Marcel Villers