Saint François-Xavier (1506-1552) Fêté le 3 décembre

SAINT FRANCOIS-XAVIER (1506-1552)

Prêtre de la Compagnie de Jésus ; un des premiers compagnons de saint Ignace. Missionnaire en Asie, apôtre des Indes et du Japon. Fêté le 3 décembre. Patron de l’œuvre de la Propagation de la foi et des missionnaires ; des marins et des touristes.

Description du panneau  Surplis, étole et tonsure du prêtre, col jésuite. Il tient en mains une fleur de lys, symbole de son vœu de chasteté. Il sera souvent représenté avec un crucifix, le cœur visible et enflammé.

Né à Javier en Navarre, François alla faire ses études à l’université de Paris où il rencontra, en 1532, Ignace de Loyola dont il devint un proche. Le 15 août 1534, ils sont sept à prononcer les vœux de pauvreté et de chasteté à Montmartre : la Compagnie de Jésus est née. Après des études de théologie, François Xavier est ordonné prêtre à Venise en 1537. La bulle d’approbation de la Compagnie de septembre 1540 assigne à ce nouvel ordre : « le profit des âmes et la propagation de la foi soit chez les Turcs, soit chez n’importe quels autres infidèles, même dans ces régions qu’on appelle les Indes. » A la demande du roi du Portugal, François Xavier est envoyé, avec le titre de nonce apostolique, aux Indes portugaises où il débarqua à Goa en mai 1542.

Il se consacra d’abord aux Européens vivant sur place, puis rapidement il s’adressa aux indigènes avec le désir ardent « d’annoncer l’Évangile non seulement par la prédication, mais aussi par l’assistance à tout un chacun, malade, pauvre ou prisonnier. » (Rosa GIORGI, Comment reconnaître les saints, 2003, p.135). De nombreux miracles lui furent attribués

Pendant dix ans, où la prière et la pénitence tenaient autant de place que la prédication, François Xavier allait parcourir des dizaines de milliers de kilomètres pour annoncer la Bonne Nouvelle en Inde, à Ceylan, aux Moluques et au Japon où il arriva en 1549. Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1552, terrassé par la fièvre, il mourut seul, au seuil de la Chine, dans l’île de San Choan, au large de Canton. Il avait quarante-six ans.

Deux ans après sa mort, on découvrit sa dépouille intacte qui confirmait sa réputation de sainteté. Légende, enjolivements des faits se répandirent d’Orient en Europe : « on parla des innombrables miracles du saint, guérisons de malades, tempêtes apaisées, morts ressuscités, esprit de prophétie, don des langues. On calcula que François avait dû baptiser en dix ans cinq cent mille voire un million d’infidèles. » (Jean DELUMEAU (dir.), Histoire des saints, tome VIII, 1987) Il fut canonisé en 1622 et apparaît déjà en 1630 au plafond de l’église de Theux qui est un manifeste de la Contre-Réforme.

Abbé Marcel Villers

Illustration : plafond de la nef de l’église de Theux (photo IRPA)

Saint Charles Borromée (1538-1584)

Saint Charles Borromée (1538-1584) – Fêté le 4 novembre

Cardinal, secrétaire d’État du pape Pie IV (1559-1565), archevêque de Milan (1565-1584). Canonisé en 1610. Saint très populaire et acteur majeur de la Contre-Réforme, ce dont témoigne sa présence au plafond de l’église de Theux daté de 1630. Protecteur du clergé, des catéchistes. Invoqué contre la peste.

Attributs
Reconnaissable à son long nez aquilin. Barrette et camail de cardinal. Il pointe du doigt un livre ouvert : peut-être les actes du Concile de Trente qu’il appliqua à Milan. Il est connu pour sa vie austère et de pénitence que signifie le crucifix avec tête de mort qu’il contemple.

Né sur les bords du Lac Majeur, Charles Borromée est appelé à Rome en 1560 par le pape Pie IV qui est son oncle. Il est nommé cardinal à vingt-deux ans et devient le premier Secrétaire d’État au sens moderne de la fonction. Il est ordonné prêtre, puis évêque en 1562. Il réussit à remettre en route le Concile de Trente et mena à bonne fin les dernières sessions (1562-1563). Il prit une part importante à la rédaction du Catéchisme tridentin.

A la mort du pape, Charles Borromée gagne Milan dont il est archevêque. Il n’aura d’autre souci que de faire passer dans la vie de son diocèse les décrets du Concile. Réformateur du clergé par ses synodes et la fondation des premiers séminaires, restaurateur des mœurs du peuple par ses visites pastorales qui s’étendaient jusqu’aux vallées suisses, créateur de multiples œuvres sociales (orphelinat, hospices, écoles), père de la cité, exemple de vie évangélique, le cardinal Borromée réalisa pleinement le type de l’évêque esquissé par le Concile de Trente… Tous les évêques réformateurs prirent son action pastorale comme modèle de la leur » (Pierre JOUNEL, Missel de la semaine, 1973, p. 1755). On a pu dire qu’il avait refait l’épiscopat d’Europe.

Charles Borromée est aussi le type de l’évêque défenseur de la cité et père de son peuple. Ainsi, il se consacra totalement au combat contre la peste qui ravagea Milan durant l’automne 1576. Il organisa de manière efficace la lutte contre l’épidémie, et assura la nourriture pour des milliers de personnes pendant les six mois que dura la tragédie qui aurait fait 30.000 victimes. Il prit soin en personne des pestiférés en les soignant et leur apportant la communion.

Homme d’action, le cardinal Borromée était aussi d’une ardente piété et d’une austérité reconnue. Dans son éloge funèbre, sa vie de charité et d’humilité fut ainsi résumée : De la richesse, Charles ne connut que ce qu’un chien reçoit de ses maîtres : de l’eau, du pain et de la paille.

Abbé Marcel Villers
Illustration : plafond de l’église de Theux 1630 (photo IRPA)

Saint François d’Assise (1181/82-1226)

FRANCOIS D’ASSISE (1181/82-1226) – Fêté le 4 octobre.

Description du panneau

Bure franciscaine, stigmates aux mains, crâné rasé laissant une couronne de cheveux (tonsure romaine ou « de saint Pierre »), corde à trois nœuds, correspondant aux trois vœux : pauvreté, chasteté, obéissance. Le livre ouvert rappelle la source de ces vœux : l’évangile. Le crucifix et la tête de mort symbolisent la spiritualité franciscaine centrée sur la Passion du Christ, son humanité, et la pénitence.

Né à Assise, François est l’aîné des sept enfants d’un riche drapier, Pietro Bernardone. À 14 ans, il seconde son père et mène la dolce vita des jeunes bourgeois fortunés. En 1202, il participe à la guerre contre Pérouse où il est fait prisonnier. Après un an de captivité, il rentre à Assise, malade. Rêvant de chevalerie et d’exploits guerriers, il veut rejoindre l’armée de Gauthier de Brienne. Mais un songe le fait renoncer et il rentre à Assise. François abandonne progressivement sa vie de fête et s’attache à la chapelle de San Damiano dont, un jour, il entend le crucifix lui parler : François, va et répare ma maison qui tombe en ruines. Et il se mit à réparer la chapelle, dépensant l’argent de son père. Furieux, son père exige le remboursement et François, devant l’évêque, rend à son père l’argent qui lui reste, ses vêtements et se retrouve nu. On est en 1206. François prend l’habit des pénitents et restaure diverses chapelles.

En 1208, il applique la parole de Jésus envoyant ses disciples en mission : N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales. François épouse « Dame Pauvreté », se fait prédicateur itinérant et mendiant. Son exemple attire de nombreux disciples et François se retrouve à la tête d’une petite fraternité, reconnue officiellement par le pape Innocent III en 1209. Les Frères Mineurs sont nés. En 1212, avec sainte Claire, il fonde l’Ordre des pauvres dames, futures Clarisses. En 1219, il se rend en Égypte et rencontre le sultan qu’il cherche à convertir.

En 1221, il écrit la règle de son Ordre et stipule que les frères doivent être à la fois des mendiants et des prédicateurs, vivre de la pauvreté absolue sans former de communautés cloîtrées. Une révolution, mais impraticable, ce qui rend nécessaire la réécriture de la règle, approuvée par l’Église en 1223. En 1222, à la demande de laïcs, il crée le Tiers-Ordre. En 1224, retiré avec quelques frères sur l’Alverne, il reçoit les stigmates, premier cas connu. Depuis, malade et devenu aveugle, il meurt le 3 octobre 1226. Son Ordre compte alors entre 3000 et 5000 frères.

À Theux, saint François est représenté au plafond de la nef (ce panneau fut ajouté en 1871 pour remplacer un autre détérioré) et à la crèche qui orne le retable de l’autel de la chapelle Wolff (1655), dont le donateur portait le prénom de François. Sous l’influence des Capucins de Spa (1623) ou Verviers (1685), ou des Récollets de Verviers (1627), la dévotion à saint François se développe au XVIIe s. Elle prendra souvent la forme d’un Tiers-Ordre, ce qui sera le cas à Theux dans la seconde moitié du XIXe s., suite à la restauration du Tiers-Ordre en 1866.

Abbé Marcel Villers

Illustration : panneau du plafond de l’église de Theux (photo IRPA)